Carburant

Duel écologique : Scooter essence vs Scooter électrique

Ils se ressemblent mais n’ont pourtant pas grand chose en commun. L’habit ne fait pas le scooter, leur motorisation si.

Scooter essence

Les pour : pratiques, performants
Les contre : émissions de GES, pollution sonore, coût de l’essence, révisions régulières

 

Popularisés dans les années 50, notamment grâce à la célèbre Vespa, petits et pratiques, les scooters à essence (ou dits à moteurs thermiques) ont rapidement envahi nos villes et ont connu de nombreuses évolutions, se rapprochant de plus en plus de leur “cousine éloignée”, la moto.
Leader historique du marché, le constructeur italien Piaggio est ainsi concurrencé par ses confrères nippons venus de la moto comme Yamaha, Honda et Suzuki. En France, seul Peugeot est solidement implanté sur ce marché. Leurs modèles scooters se déclinent aujourd’hui du 50 cc (cm3) au… 650 cc ! ! 

“Adulés” par les ado et modèles les plus en vue, seuls les 50 cc peuvent être pilotés sans permis de conduire ; depuis 1995, la législation permet aux détenteurs d’un permis B de conduire un deux-roues motorisé uniquement de moins de 125 cc.

  • Sachez que les 125 cc ont une vitesse de pointe pouvant atteindre les 120 km/h contre 50 à 60 km/h pour un 50 cc.

L’évolution de ces deux roues s’est aussi réalisée dans une optique environnementale :  les normes d’émission Euro ont conduit nombre de ces constructeurs à adopter des moteurs à quatre temps, au lieu des traditionnels deux temps, ainsi que des pots catalytique et des injections électroniques pour réduire les émissions de gaz polluants.

Mais, si les scooters d’aujourd’hui sont bien plus propres qu’il y a 10 ans, l’émission de polluant, comme le monoxyde de carbone (CO) ou les hydrocarbures imbrûlés (HC), serait bien plus élevée qu’une voiture  ! !

Un rapport de l’ADEME  affirmait ainsi que les rejets des scooters étudiés (125 cm3) dans le cadre
de son étude comparative étaient pour ces deux polluants au niveau de
ceux d’un modèle de voiture datant de 10 à 15 ans
(entre 1992 et 1996). Sans compter que les 50 cm3
pollueraient deux à trois fois plus que les 125
cm3…

Une autre enquête menée en Suisse montrait qu’à 40 km/h, une voiture propre rejette 0,1 gramme de CO par km contre12 grammes par km pour un scooter ordinaire. Ce dernier polluerait donc autant
que…120 voitures !

Si le coût des scooters reste pour beaucoup de modèle raisonnable à l’achat (moins de 1500 euros pour les premiers prix), leurs pleins d’essence, révisions et réglages moteur réguliers sont onéreux. Autre inconvénient : le bruit au démarrage et en route, ainsi que les odeurs.

Scooter thermique :

  • Coût moyen du carburant pour 40 km  d’utilisation : 1,75 euros
  • Coût d’entretien pour 40 km d’utilisation : 0, 20 euros

 

 

Scooter électrique

Les pour : pas de GES émis, silencieux, facilité d’entretien, coût du kWh
Les contre : autonomie, recyclage des batteries, coût à l’achat

 

Équipée de batteries (plomb ou lithium), la plupart des scooters électriques disponibles actuellement en France correspondent à des 50 cc pour une vitesse maximale de 45 km/h. Les batteries mettent ainsi quelques heures à se recharger (variable selon
leur puissance) sur simple secteur, par l’intermédiaire d’un chargeur
externe qui se branche sur une prise standard 220V 16A, ou sur une
borne de recharge équipée d’une prise deux roues. Comptez un peu plus
de deux heures pour atteindre 80 % de la charge de la batterie et 3
heures pour une charge complète

Bien entendu, outre les économies d’essence, les avantages au niveau écologique et techniques des scooters électriques sont conséquents :

  • ils n’émettent pas de gaz à effet de serre en roulant,
  • leur nuisance sonore est bien inférieure (réduction de la pollution sonore en ville),
  • il n’y a plus de temps de préchauffage nécessaire,
  • de nombreuses opérations d’entretien n’existent plus par rapport au thermique (vidange, changement des bougies…)

Cependant il faut préciser que, si un scooter électrique n’émet aucun gaz polluant, la production de l’électricité est majoritairement d’origine nucléaire, ce qui pose toujours indirectement le problème du recyclage des déchets
radioactifs, du réchauffement des cours d’eau à proximité des
centrales, de la sécurité des installations nucléaires etc.
De plus, les batteries ont une espérance de vie limitée (entre 15000 et 40000 km selon les constructeurs), or leur remplacement est assez onéreux et leur recyclage impératif : elles contiennent
des substances nocives.

D’un point de vue pratique, le principal inconvénient de ces deux roues nouvelle génération est leur autonomie.
Les constructeurs annoncent des chiffres comprise entre 50 et 100 kilomètres, mais certains affirment des autonomies moindres. Selon l’hebdomadaire Le Point, en moyenne, l’autonomie maximale mesurée lors de leurs essais est de 45, voire 60 kilomètres maxi, pour un temps de charge en moyenne de 3 heures.

De plus, leur prix à l’achat reste souvent élevé, même si les premiers prix sont identiques aux scooters essence. Les principaux constructeurs (Sweet’Elec, EVT, E-Max, Evol, ADS,
Yamaha) proposent des scooters équivalent aux 50 cc entre 1 100 et 4
000 euros
. Certains modèles agréés par l’ADEME bénéficient d’une prime
de 400 € à l’achat.

Pour ce qui est des modèles au-dessus,  un seul (équivalent à 125 cc) est disponible et peut être conduit avec un permis B : le nouveau Vectrix, qui atteint 100 km/h en vitesse de pointe avec des démarrages rapides (3,6 secondes pour atteindre 50 km/h) pour une autonomie affichée de 100 kilomètres (comptez plutôt entre 50 et 80 km en ville). Mais son prix est… hors de prix :  8 900 euros, soit le double d’un scooter 125.

Scooter électrique :

  • Coût moyen du kWh pour 40 km d’utilisation : 0,10 euros
  • Coût d’entretien pour 40 km d’utilisation : 0,48 euros

 

Le verdict consoGlobe

Scooter essence : 4 / 10
Scooter électrique : 5 / 10

Préférez le vélo ou la marche à pieds !

Le scooter électrique apparaît comme une alternative plus écologique que le scooter traditionnel encore (trop) polluant. Commercialisé autours de 1000 € pour les modèles les moins puissants,
les prix restent encore élevés  pour les modèles haut de gamme comme nous l’avons évoqué pour le Vectrix…
Cependant nous ne pouvons qu’encourager les nouvelles technologies, qui favorisent les énergies renouvelables et qui se développent autours des scooters électriques dont des modèles sont désormais équipés de toits à panneaux solaires pour leur recharge !
Malgré tout, ces deux roues nouvelles générations restent adaptées uniquement pour des trajets courts et urbains. Or les meilleures solutions écologiques pour effectuer ces derniers sont la marche le vélo, ou encore le vélo électrique  !

Les prochaines générations de scooters au tout électrique devraient avoir des performances comparables aux scooters de 125 cc : vitesse jusqu’à 110 km/h et une autonomie de 100 km. En attendant, si vous voulez absolument investir dans un scooter et faire des trajets hors de la ville, la solution peut se trouver du côté du scooter hybride qui dispose d’un moteur thermique à 4 temps utilisé pour les trajets péri-urbains, et également de la propulsion électrique pour la zone
urbaine. L’électrique et le thermique peuvent
ainsi être utilisés en même temps pour plus de puissance.

Connaître les constructeurs de scooters électriques  :

  • www.sweetelec.com/fr
  • www.e-max.fr
  • www.io-scooter.fr
  • www.evt-scooter.fr
  • www.vectrix-paris.fr/
  • www.evol-electric.com

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