Réparation : des pièces détachées trop peu disponibles

Comment lutter contre l’obsolescence programmée? En encourageant la réparation des objets et la disponibilité des pièces détachées. Une mesure qui aurait pu être encouragée par la loi Hamon. Or un an après, les pièces détachées ne sont encore que trop peu disponibles, déplorent plusieurs associations.

Réparation : des pièces détachées trop peu disponibles

En 2014, la loi Hamon promettait une série de mesures pour lutter contre l’obsolescence programmée. La mesure-phare du texte concernait l’affichage de la disponibilité des pièces détachées, censées favoriser l’achat d’électroménager réparable. Cet affichage devait être mis en place dès le 1er mars 2015. Or plus d’un an après, le compte n’y est pas, d’après les associations.

Un décret sur les pièces détachées peu efficace

Le 14 avril dernier, six associations de protection de l’environnement et de défense des consommateurs ont publié un communiqué appelant à la révision du décret sur les pièces détachées(1). Ce décret devait inciter à l’affichage de la disponibilité des pièces détachées lors de l’achat de matériel électroménager en magasin. Ceci, afin d’inciter à la réparation des objets et lutter contre l’obsolescence programmée.

pièces détachées amis de la terre

Opération carton rouge sur les pièces détachées ©Amis de la Terre

Or l’information des consommateurs est loin d’être complète. Les Amis de la Terre ont visité 500 points de vente entre décembre 2015 et janvier 2016, résultat : l’information est introuvable dans 60 % des magasins. Les téléviseurs et les cafetières sont les plus mauvais joueurs, puisque dans 65 % des cas, on ne trouve aucune information sur les pièces de rechange. Côté magasins, ce sont les hypers qui jouent moins bien le jeu, alors qu’ils vendent près de 40 % de l’électroménager.

Le marché de la réparation en baisse

La mesure devait favoriser le marché de la réparation, un secteur potentiellement créateur d’emplois dans les territoires, mais qui est en chute aujourd’hui. « En six ans, le nombre de réparateurs de produits bruns a diminué de moitié. Les produits bruns, ce sont les télévisions, lecteurs DVD, appareils photo, chaînes HI-FI. Il a fondu de 37 % pour les équipements blancs : le petit et le gros électroménager. De toute façon aujourd’hui les appareils sont fabriqués pour ne pas être réparables », déplore l’association les Amis de la Terre.

réparation pièces détachées

Pourtant, avec le développement des Fab Labs et des Repair Cafés, réparer ses objets devient plus facile, et les pièces détachées sont plus simples à trouver. Les fabricants se sont en effet adaptés aux évolutions du marché et proposent des livraisons de pièces rapides partout en France.

L’un des leaders du secteur, NPM, propose par exemple 15.000 références de pièces détachées pour l’électroménager. Difficile de ne pas trouver son bonheur pour les réparateurs et les bricoleurs du dimanche. Encore faut-il que l’appareil cassé soit réparable.

Obliger le fabricant à afficher l’absence de pièces détachées

Aujourd’hui, le décret sur l’affichage des pièces détachées s’avère « contre-productif », d’après l’UFC-Que Choisir. En effet, « aucune sanction n’est prévue en cas d’absence d’affichage ». Ainsi, le consommateur ne sait pas si l’absence d’affichage signifie une absence de pièces détachées disponibles ou si le fabricant n’a simplement pas communiqué l’information.

Les six associations à l’origine de la publication du communiqué souhaitent donc une révision du décret afin de rendre l’information plus claire pour le consommateur. Ils veulent que les fabricants ne proposant pas de pièce détachée indiquent clairement « pas de pièce détachée garantie » sur leurs appareils. Est-ce que cela suffira pour autant à détourner les consommateurs de l’achat d’appareils électroménagers bon marché mais non réparables ?