Chasse et fonte des glaces mènent la vie dure aux ours polaires

Chasse et fonte des glaces mènent la vie dure aux ours polaires

Le niveau des glaces inquiète les scientifiques pour de nombreuses raisons. Parmi celles-ci, la survie des jeunes animaux, comme les phoques ou les ours polaires, dont les populations déclinent fortement depuis quelques années.

Des menaces de plus en plus lourdes pour l’ours polaire

L’ours polaire fait partie depuis 1976 des espèces en voie de disparition de manière officielle, les Inuits ayant leurs propres quotas de chasse, même si cela n’arrête pas les braconniers. Les ours, de leur côté, se nourrissent le plus souvent de phoques bien gras, lesquels les empoisonnent parfois au mercure et autres matières toxiques.

L’ours polaire est confronté à un autre problème : la fonte des glaces. Elle a plusieurs conséquences sur son quotidien : elle écourte la période de chasse et donc l’ours accumule moins de graisse, ce qui pose des problèmes aux femelles pour mettre bas dans des conditions optimales.

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Les femelles doivent aussi parfois parcourir des distances gigantesques (en centaines de kilomètres) à la nage pour trouver de la nourriture et un terrain solide, ce qui contribue à faire augmenter la mortalité des petits qui les accompagnent.

-40 % en dix ans

Une équipe de l’Alaska Science Center a surveillé la population d’ours polaires entre 2001 et 2010 dans les Territoires-du-Nord-Ouest, au Yukon notamment et en Alaska, autour de la mer de Beaufort. Dans une étude publiée dans Ecological Applications(1), l’équipe de chercheurs explique que la population globale d’ours polaires a diminué de 40 % sur la période étudiée.

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Les oursons sont particulièrement un problème et pour diverses raisons, ils peinent à survivre, ce qui pourrait entraîner une diminution encore plus importante de la population dans les années à venir. Entre 2003 et 2007, seuls 2 oursons ont survécu sur 80 naissances. La population s’est stabilisée autour de 900 individus en 2007 mais les animaux restent en mauvaise posture.

Le manque de glace est un problème pour tous les animaux locaux : les petits et leurs parents hibernent moins bien, dans des conditions plus rudes, avec moins de cachettes. C’est un problème aussi pour le phoque, chassé par l’ours polaire. Faute d’adultes, les ours attrapent des jeunes et la population de phoques diminue également fortement.

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L’ours blanc change de régime

Les contraintes de l’ours blanc ont augmenté ces dernières années, expliquent les auteurs de l’étude : “Nous sommes quasiment certains que les ours polaires ne peuvent survivre sans glace de mer, que ce soit en ce qui concerne la population ou la répartition géographique“.

L’ours polaire est donc contraint d’étendre son territoire, quitte à nager, et à se nourrir parfois de nouvelles proies.

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Les contraintes alimentaires rudes l’ont par exemple contraint à se nourrir des restes de baleines chassées par l’homme, moins grasses que les phoques qu’il chasse habituellement. Le braconnage des phoques et des ours s’ajoute au tableau.

Les scientifiques restent pessimistes sur l’avenir de l’ours polaire : si la population est à peu près stable pour le moment, cela ne durera pas. Pour eux, l’ours polaire verra sa population mondiale se réduire de deux tiers d’ici 2050.

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Je réagis

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Source : (1) Jeffrey F. Bromaghin, Trent L. McDonald, Ian Stirling, Andrew Edward Derocher, Evan S. Richardson, Eric Voth Regehr, David C. Douglas, George M. Durner, Todd Atwood, and Steven C. Amstrup In press. Polar bear population dynamics in the southern Beaufort Sea during a period of sea ice decline. Ecological Applications, novembre 2014.