7 nouvelles espèces de grenouilles nous renseignent sur le climat

Moins d’un centimètre, toxiques et ultra rares : ces nouvelles grenouilles pourraient révéler un climat resté stable depuis 500.000 ans.

Rédigé par , le 8 Jun 2015, à 17 h 30 min
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Elles mesurent moins d’un centimètre, vivent sur des zones géographiques minuscules et affichent des couleurs éclatantes qui signalent leur toxicité. Au sud-est du Brésil, des chercheurs ont découvert plusieurs nouvelles espèces de minuscules grenouilles appartenant au genre Brachycephalus. Une découverte fascinante qui en dit aussi long sur la biodiversité… que sur la stabilité du climat depuis des centaines de milliers d’années.

Alors que l’érosion de la biodiversité inquiète de plus en plus les scientifiques, certaines régions du monde continuent malgré tout de révéler des espèces encore inconnues. Cette découverte rappelle à quel point certains écosystèmes restent fragiles et insuffisamment explorés.

Sept nouvelles espèces découvertes dans les montagnes du Brésil

Si l’on parle souvent des espèces menacées, la biodiversité mondiale continue aussi de réserver des surprises. Dans les montagnes du sud-est du Brésil, des chercheurs ont ainsi identifié sept nouvelles espèces de petites grenouilles vivant dans des forêts humides d’altitude.

Ces zones montagneuses possèdent un climat bien particulier : plus frais et plus humide que les vallées environnantes. Cet isolement climatique a permis à différentes espèces d’évoluer séparément pendant des centaines de milliers d’années.

Les scientifiques connaissaient déjà 21 espèces de Brachycephalus. Les nouvelles découvertes viennent agrandir cette étonnante famille de microgrenouilles, comme l’a révélé une étude publiée dans la revue scientifique PeerJ.

Petite grenouille toxique colorée découverte dans les montagnes du Brésil

© CC, Luiz Fernando Ribeiro

Les chercheurs ont exploré ces montagnes pendant cinq années afin de localiser les différentes espèces. Le terrain accidenté et la végétation dense compliquent fortement les expéditions scientifiques dans cette région.

Une biodiversité exceptionnelle sur quelques kilomètres carrés

La côte atlantique du Brésil est considérée comme l’un des grands foyers mondiaux de biodiversité. Certaines zones concentrent une richesse d’espèces exceptionnelle sur des surfaces très réduites, parfois supérieure à celle observée dans certaines parties de l’Amazonie.

Cette biodiversité reste pourtant extrêmement vulnérable. Déforestation, fragmentation des habitats et changement climatique menacent directement ces espèces très spécialisées, incapables de migrer facilement vers d’autres environnements.

Grenouille miniature du genre Brachycephalus au Brésil

© CC, Luiz Fernando Ribeiro

Les nouvelles espèces découvertes mesurent environ un centimètre de long. Leur peau vivement colorée sert d’avertissement aux prédateurs : ces amphibiens produisent des toxines destinées à se défendre.

Autre particularité étonnante : ces grenouilles possèdent seulement trois doigts aux pattes arrière et deux aux pattes avant, contre cinq et quatre chez la plupart des autres grenouilles.

Des grenouilles révélatrices d’un climat stable depuis 500.000 ans

Les Brachycephalus sont particulièrement sensibles aux variations de leur environnement. Chaque montagne semble ainsi avoir permis le développement de sa propre espèce, isolée des autres.

Selon les scientifiques, cette séparation très ancienne suggère que ces forêts humides d’altitude ont connu une remarquable stabilité climatique depuis environ 500.000 ans. Un élément particulièrement précieux pour comprendre l’évolution des écosystèmes tropicaux.

La couleur plus ou moins vive de ces grenouilles serait liée à la quantité de tétrodotoxine présente dans leur peau. Plus la toxicité est importante, plus la coloration est marquée afin de dissuader les prédateurs.

Bracycephalus Leopardus grenouille toxique du Brésil

Bracycephalus Leopardus : une coloration vive pour avertir les prédateurs © CC, Luiz Fernando Ribeiro

Si le climat avait été plus chaud, l’environnement caractéristique des forêts montagneuses humides se serait dégradé et les espèces auraient disparu. Si le climat avait évolué dans l’autre sens, les animaux auraient probablement migré vers les vallées et les espèces se seraient mélangées.
Professeur Pie

Cette découverte rappelle aussi combien la protection des habitats naturels reste essentielle. Identifier ces espèces avant leur disparition permet d’améliorer les stratégies de conservation et de mieux comprendre le fonctionnement des écosystèmes tropicaux.

Petite grenouille de montagne découverte au Brésil

© CC, Luiz Fernando Ribeiro

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Chercheur dans l'âme, partagé entre l'Europe et les Etats-Unis. Parmi ses passions la musique, la photographie, et les différentes cultures du monde, Alan...

2 commentaires Donnez votre avis
  1. good shit

  2. j’adore ses grenouilles elles sont magnifique

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