Jardin bio : le retour des haies bocagères

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Il est amusant de constater à quel point des gestes ou des objets datant d’autres âges reviennent en force dans notre quotidien. Au jardin, on remarque le retour des haies bocagères passées de mode il y a encore quelques années. Saviez-vous que ces structures datent du Moyen-Age ? Zoom sur ces haies sauvageonnes qui reprennent leurs droits.

Une haie en toute liberté

Devenue presque anecdotique aujourd’hui, la haie bocagère a pourtant été durant des siècles présente sur tout le territoire. Elle servait de délimitation aux pâtures et surfaces agricoles. Elle faisait également office de réserve de bois de chauffage. Mais transformation du modèle agricole oblige, on se débarrasse de ces haies encombrantes, afin d’augmenter les surfaces de cultures.

Photo : truffaud.com

Aujourd’hui, la haie bocagère revient dans les jardins car elle a de nombreux avantages. Outre son côté nature et sauvage que lui confère ce mélange de feuilles, de fleurs et de fruits, et qui plaît beaucoup, elle se révèle très utile au jardin :

  • elle protège du vent, du froid, du soleil et des regards ;
  • elle joue un rôle de régulateur thermique car elle filtre les masses d’air ;
  • elle joue un rôle de régulateur hydraulique en retenant l’eau de pluie qui s’infiltre lentement dans le sol, remplissant les nappes phréatiques ;
  • elle protège le sol en limitant son érosion et son lessivage ;
  • la haie bocagère favorise l’infiltration de l’eau et recycle les éléments fertilisants du sol.

Composition d’une haie bocagère

Quelles espèces choisir pour sa haie bocagère ?

Votre choix sera tout d’abord fonction de votre région. Vous choisirez des espèces indigènes, c’est-à-dire des arbres et des arbustes qui poussent chez vous. Ceci vous aidera à respecter la zone de rusticité (indications sur les températures extrêmes tolérées en cas de gel), à choisir des espèces résistant à la chaleur ou à la sécheresse, qui s’adapteront au type de sol, etc. C’est aussi un bon moyen de parfaitement intégrer votre jardin dans le paysage.

Mélangez les feuillus et les persistants afin que votre haie évolue au fil des saisons !
Vous pouvez jouer avec les couleurs, les textures et les parfums en mêlant fleurs, fruits et pourquoi pas aromates.

A propos de l’entretien de la haie bocagère

Souple et facile d’entretien, la haie bocagère libère le jardinier de ses contraintes. Avec une seule taille par an (voire tous les deux à trois ans dans certains cas), la haie champêtre s’exprime librement, ce qui nécessite un minimum d’espace : à réserver aux grands terrains donc.

Quelques gestes toutefois :

  • il faut quand même l’arroser régulièrement la première année ;
  • au printemps, le désherbage des pieds sera nécessaire ;
  • renouvelez le paillage tous les 6 mois

Quelques exemples d’espèces pour une haie champêtre :

- arbustes tels que aubépine, buis, buisson ardent, charme commun, cornouiller mâle, églantier, houx vert, lilas, noisetier, prunellier, troène…
- arbres tels que bouleau, châtaignier, charme, chêne, hêtre, noyer, peuplier,pommier, prunier, saule, tilleul…

Haie bocagère pour jardin bio

Parce qu’elle est composée d’une grande variété de plantes locales, la haie bocagère constitue un nid douillet pour la faune, contribuant ainsi à l’équilibre de la biodiversité : de nombreux oiseaux, petits mammifères et insectes viennent s’y protéger et s’y nourrir. Ils deviendront de véritables auxiliaires au jardin, venant à bout des indésirables. Il deviendra alors inutile d’avoir recours à des produits chimiques pour éliminer les mauvaises herbes et ou les parasites.

C’est cette diversité d’espèces qui donne à la haie champêtre un côté résistant : une maladie ou un parasite ne pourra jamais détruire l’ensemble.

Et vous, êtes-vous haie bocagère ou plutôt haie de thuyas ?

 

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8 commentaires Donnez votre avis
  1. j’aime les haies , noisetiers, cerisiers sauvages, prunelliers,ou pruniers, aubépines, lilas, cornouillers, sureau, buis , houx, bonnet d’évêque,… se melent les lianes, les chèvrefeuilles , les ronces , et tout un tas de bestioles,de la coccinelle à la mante religieuuse, du troglodyte au merle, les crapauds siègent aux pieds…les couleuvres aussi, le hérisson s’y abrite . Il fait bon y vivre, même si les uns mangent parfois les autres…. endroits qui abritent ,qui nourrissent, lieux de vie…Mais j’aime aussi les mares et cela est une autre histoire…

    • sympa votre post !

  2. le surnom de la haie de thuya c’est « béton vert » et je trouve que ça lui va très bien, bien fait pour elle ! Merci pour votre article, si quelqu’un sait comment faire pour trouver des arbustes de haies bocagères acclimatés au climat du Haut-Rhin et pas trop chers, je suis intéressée.

  3. Je suis contente d’avoir fait planter une haie bocagère tout autour de notre terrain . Depuis , de nombreux oiseaux et insectes sont venus visiter les lieux et s’y installer . J’ai même des arbres qui poussent spontanément sur le terrain et qui viennent agrémenter l’ensemble … Bon , ça vous semble peut-être un peu poêtique mais dans ce monde brutal qui nous entoure , la douceur n’a jamais été si utile !

  4. Pour Pssst:On trouve maintenant des espèces de Budléïa qui ne sont pas envahissantes. Pour le cotonéaster, s’il est en mélange et pas en Corse cela ne semble pas poser de problèmes.
    On insiste bien de choisir des végétaux adaptés à la région.

  5. Il est très important de replanter des haies d’essences variées et locales en mélange. Surtout plus jamais ces affreuses haies de thuyas ou de « laurières » monotones et opaques qui créent de véritables corridors de vent.
    Même autour d’un terrain de 600 m2 vous pouvez avoir une jolie haie.
    Ce n’est pas une question de « mode  » mais une nécessité pour la biodiversité que nous serions bien avisé de comprendre rapidement.
    La haie abrite les animaux,garde l’eau et la fraîcheur (elle régule l’hygrométrie)elle filtre , arrête l’eau empêche les coulées de boue qui nous font perdre la terre …..nous évite d’être inondé …

  6. Bien sûr, il faut respecter le terrain et les plantes qui y poussent naturellement,au lieu de vouloir transformer tout en « îles sous le vent ». C’est la meilleure façon de n’avoir que peu de soucis dans l’entretien de ses plants.Ici, en Bretagne, j’ai dû changer ma haie d’escalonias atteints de maladie par une haie variée: teucriums, carex,lonicera,millepertuis,viburnum,photinias,cotonéaster,et griselinas. Comme des aubépines poussent naturellement plus loin, je vais tenter la transplantation à l’automne dans la haie. Le plus ennuyeux ici, c’est le vent qui peut souffler en tempête et casse les arbres à papillons ou déracine certaines plantes pas assez fortes.Je voudrais ajouter que les cotonéasters servent de nichoirs à merles!

    • Les noms scientifiques que vous citez ne me parlent pas tous, d’autant plus que je ne vis pas en Bretagne! Par contre, je lis cotonéaster et cela m’appeure que l’on puisse encore cultiver de telles plantes lorsque l’on sait que c’est un des principaux vecteurs du feu bactérien.
      http://www. fredon-corse.com/maladies/Erwinia_amylovora.htm
      Quant au vent qui casse les arbres à papillons (ou buddleia), cela me semble plutôt être une aubaine dans la mesure où cette plante se répand très rapidement et est considérée comme envahissante !
      Je vous souhaite plein succès avec les aubépines endogènes.
      Vivez un merveilleux printemps

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