Avenir des énergies renouvelables : interview de Jean-Marie Santander, PdG de Global EcoPower

Avenir des énergies renouvelables : interview de Jean-Marie Santander, PdG de Global EcoPower

En amont de la COP21, la réunion des chefs de gouvernement et d’Etat du monde entier à Paris fin 2015 pour tenter de trouver un accord global sur le climat, consoGlobe a interviewé Jean-Marie Santander, fondateur en 2009 de la société Global EcoPower, spécialisée dans les énergies renouvelables.

Jean-Marie Santander est Président Directeur Général et Co-Fondateur de Global EcoPower, une société spécialisée dans la construction de centrales autonomes de production d’électricité mettant en oeuvre des énergies renouvelables. Véritable “Self Made Man” parti de très peu et devenu entrepreneur à succès, Jean-Marie Santanderpublie Le vent de Vénus en novembre 2012 aux éditions du Rocher. Cette autobiographie revient sur l’histoire de sa famille et la sienne, sur sa passion d’entreprendre et de développer des énergies propres.

Global EcoPower est une société spécialisée dans la construction clé en main de centrales électriques mettant en oeuvre les énergies solaire et éolienne. Depuis 2009 la société croît rapidement et Global EcoPower est aujourd’hui cotée sur Alternext, membre de NYSE Euronext Paris.

Parlons un peu énergies renouvelables et futur de l’énergie

2015 sera l’année du climat, avec la COP21. Est-ce que pour autant, cette année sera celle des énergies renouvelables en termes d’investissements dans le monde et en Europe ?

La COP 21, c’est une conférence internationale sur le climat où près de 200 Etats (195) signataires vont tenter de trouver des accords pour lutter contre le dérèglement climatique. Il me semble que cette réunion aura un retentissement important car elle symbolisera la fin d’une période de négociations et, dans le prolongement de celle qui avait permis le protocole de Kyoto (en 1997), elle devrait jeter les bases des trente prochaines années.

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Tous les acteurs intervenant dans les énergies renouvelables (ENR) savent que les trente prochaines années vont être déterminantes. Alors oui, je pense que la COP 21 aura des répercussions importantes sur la filière des ENR en Europe et dans le monde.

La baisse du prix du pétrole est-elle selon vous durable et comment impacte-t-elle vos activités ?

Il est difficile de comparer, pour une année donnée, l’évolution du cours du pétrole et les puissances installées des centrales mettant en oeuvre les ENR. En effet, les décisions d’investissement nécessitent de longues périodes de préparation, notamment en France.

Je préfère analyser les tendances : en 2014 la tendance du prix du pétrole était fortement baissière et celle des ENR fortement haussière (+16 %). Force est de constater que la baisse du prix du pétrole n’impacte donc pas directement les décisions d’investissement dans les ENR.

Pour moi, la réflexion doit se poser d’une autre manière : il est incontestable que la plupart des pays doivent prévoir des productions d’électricité qui seront le double sinon le triple des capacités installées aujourd’hui – sans compter l’impact de la voiture électrique. Dès lors les dirigeants doivent arbitrer entre le nucléaire, les produits fossiles, le charbon et les ENR. Et ce indépendamment du cours du pétrole.

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En fonction des politiques des uns et des autres et des grandes lignes arrêtées par les Etats pour lutter contre le réchauffement climatique, les tendances vont se dessiner : nul doute que la filière nucléaire va se tarir, que le recours aux produits fossiles va diminuer fortement compte tenu des réserves connues maintenant de tous.

Dès lors, les ENR vont jouer un rôle important et grandissant. Il n’y a pas beaucoup de choix ! À mon avis, ce sont la voiture électrique, le secteur pétrolier et les gaz non-conventionnels (gaz de schiste, houille…) qui devraient voir leurs développements ralentis par le cours du pétrole. Pas les ENR !

Les Français vont voir arriver chez eux dans les prochains mois le compteur intelligent Linky. 2015 sera-t-elle donc aussi une année du “réseau électrique intelligent” pour la France et en attendez-vous des retombées bénéfiques pour le développement des énergies renouvelables ?

Il faut modérer l’arrivée de Linky  ! On ne passe pas d’un réseau électrique conventionnel à un réseau électrique intelligent avec un seul système.

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L’arrivée de Linky va certes permettre au secteur de se mettre au « numérique » mais son développement ne devrait pas bouleverser la filière des énergies renouvelables. Linky est un compteur capable de recevoir des ordres et de communiquer des informations à distance.

On pourrait imaginer que Linky puisse améliorer les installations éoliennes et photovoltaïques en permettant la mise en place d’un compteur unique, qui fasse un bon reporting et qui soit capable de recevoir des ordres et de les transmettre.

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