Coton bio. Le Bénin se lance dans l’aventure !

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Le coton est la principale culture exportée au Bénin. En effet, 98% des fibres de coton sont exportées. Les Etats africains, en majorité, considèrent le coton conventionnel comme l’une de leurs principales sources de devises. Ils se montrent donc réticents à s’engager dans une production de coton biologique dont la rentabilité économique leur semble douteuse. 

Le coton bio, un coton de grande qualité

Or, selon les experts, il y a bel et bien un marché à développer pour ce coton de haute qualité, plus respectueux de l’environnement….et de la santé

productrices - coton bio - consoGlobe

Ainsi, dans la région cotonnière située à l’Ouest du Bénin, où le coton conventionnel représente le principal revenu mais aussi la 1ère source de pollution, lancer la production de coton biologique est une initiative audacieuse née de l’action dans ce domaine d’une organisation non gouvernementale suisse, Helvétas, et de la GTZ, une ONG allemande.

Le Bénin et la culture du coton bio : pari gagné

Ce projet a pour objectif d’assurer que la population locale, surtout les femmes et les petits producteurs, tirent davantage de bénéfices de l’exploitation durable des ressources naturelles.

Sceptiques, 12 cultivateurs du village de Batia ont finalement accepté de se lancer dans l’aventure en 2008, en cultivant 2,5 hectares, et cette première année de production cotonnière biologique s’est révélée être un véritable succès.

Les cotonniers biologiques sont tenus d’utiliser un engrais biologique fabriqué par compost. Toutefois, comme le coton conventionnel nécessite 5 traitements de pesticides par récolte, les doutes quant à la réussite d’une culture du coton sans pesticide étaient palpables. Pourtant, contre toute attente, les insectes n’ont pas envahi les fleurs de coton pour les dévorer. Et pour cause, les cotonniers ont utilisé le lait d’une plante locale, le neem, pour les faire fuir. En outre, l’absence de pesticides a été compensée par une régulation naturelle de ces petits invertébrés, ceux-ci ayant eux-mêmes leurs propres prédateurs.

productrice - coton bio - consoGlobePar ailleurs, le compost s’est avéré très efficace pour engraisser les plants de coton. Celui-ci étant fabriqué directement dans les jardins villageois, et le transport s’effectuant par…brouette. Ainsi, pour éviter les transports trop longs, les champs se sont rapprochés du village. Mais ce gain de temps et d’énergie n’a été réalisable qu’une fois s’être assuré qu’il n’y avait plus aucun risque de contamination par les pesticides.

D’autre part, parmi les craintes des agriculteurs, il y avait aussi la peur de courir des risques financiers inconsidérés, en se lançant dans la production de coton biologique. En effet, la filière cotonnière conventionnelle est solidement implantée, et la vente du coton est en principe garantie à un taux fixe.

Mais depuis deux ans, les cours chutent, et les agriculteurs doivent s’endetter avant même d’avoir commencé à cultiver. En effet, la culture de coton conventionnel nécessitant des traitements spécifiques, les agriculteurs se trouvent dans l’obligation d’acheter à crédit les intrants. Or, avec le coton bio, ils ont pris conscience qu’ils ne devraient plus s’endetter.

Pourquoi le coton bio ?

La production de coton au Bénin s’associe à une contamination de la nourriture due à l’abus des pesticides et au recyclage des matériaux d’emballage des pesticides.

De plus, les pesticides utilisés dans le coton conventionnel étant nocifs, les femmes ne sont pas autorisées à travailler dans les champs. A Batia, les villageois sont ravis des bénéfices du coton biologique sur la santé : c’est "le coton de la bonne santé", comme disent les femmes de Batia, nombreuses aujourd’hui dans le groupe des cotonniers bio.

La production de coton a des répercussions considérables sur la santé et sur l’environnement. En effet, il n’est plus à démontrer que l’emploi de pesticides a des conséquences sociales dans la sécurité alimentaire, l’endettement et la dépendance, sans parler de la charge de travail supplémentaire pour les services médicaux déjà défaillants dans les pays en voie de développement…

4 éléments oeuvrant en faveur de la production de coton biologique

  • Eliminer les aléas sur la santé humaine.
  • Utiliser les ressources naturelles de façon optimale
  • Réduire le gaspillage et la pollution
  • Améliorer l’équité sociale dans toute la chaîne de production.

Avec un prix de vente de 230 FCFA au kg, ajoutés aux primes pour culture biologique, le coton bio est indéniablement plus rémunérateur que le coton conventionnel.

A terme, il est donc largement recommandé, notamment pour la protection de la biodiversité, que tous les cotoculteurs se convertissent au bio. Ils étaient douze en 2008 et, en 2009, au vu des victoires remportées, leur nombre à toutes les chances d’exploser !

Source RFI

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Article rédigé par Elwina, avril 2009

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5 commentaires Donnez votre avis
  1. Je suis aux ange pour la réussite de cette expérience.
    Cette année 2013, je vais à tous prix fais comme eux en cultivant 100 hectares bio.
    J’ai donc besoin d’assistance technique des Organisme qui aident énormement le Bénin dans ce domaine. 00229 21 15 43 71 / 97 535593

  2. Je suis aux ange pour la réussite de cette expérience.
    Cette année 2013, je vais à tous prix fais comme eux en cultivant 100 hectares bio.
    J’ai donc besoin d’assistance technique des Organisme qui aident énormement le Bénin dans ce domaine

  3. Félicitations pour l’article et félicitations aussi aux producteurs de coton bio de Batia et à tous les producteurs du projet Alafia coton. C’est signe que les différents efforts fournis par les partenaires techniques comme OBEPAB, OE, etc. pour leur formation portent leurs fruits. Mes félicitations vont de même à tous les collègues qui sont sur le terrain.

  4. C’est intéressant comme article et le style parait assez original.
    Quant aux résultats obtenus à Batia après une 1ère saison production de coton biologique, je les trouve encourageants. Il va falloir continuer à renforcer l’accompagnement des producteurs de coton bio afin d’améliorer davantage leur performance. Ce qui est encore intéressant est que ces producteurs de coton bio ont été préparés pendant deux années par GTZ (qui est l’agence de développement du gouvernement Allemand), l’OBEPAB (Organisation Béninoise pour la Promotion de l’Agriculture Biologique) et Organic Exchange (qui est une plate forme internationale des acteurs des filières textiles biologiques et équitables) avant de commencer à produire du coton bio. De surcroît, ils ont bénéficié des riches expériences (en matière de production de coton biologique) de leurs pairs du centre-Bénin et de Kandi qui produisaient et commercialisaient du coton certifié biologique depuis plus d’une décennie avec l’assistance technique et organisationnelle de l’OBEPAB. Ils sont actuellement très nombreux, plus de 2500 producteurs encadrés par Organisation Béninoise pour la Promotion de l’Agriculture Biologique (OBEPAB), pour plus d’information : http://www.obepab.bj. Donc, la tendance que le nombre de producteurs de coton biologique augmente à Batia au cours des saisons prochaines ne surprendrait pas.
    Encore une fois, merci pour cet article sur le coton bio.

    • vive l agriculture du benin du coton voire du riz

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