Canicule : comment rendre les villes plus fraîches cet été ?

Les deux épisodes caniculaires de 2019 ont marqué les esprits. La France n’avait jamais connu une telle chaleur. Alors que la fréquence des vagues de chaleur devrait s’intensifier à l’avenir, quelles sont les solutions pour rafraîchir les villes ?

Rédigé par Aurélie Giraud, le 5 Jul 2020, à 13 h 25 min

La France a connu l’année dernière de fortes chaleurs. Quatre départements se sont retrouvés en vigilance rouge canicule, une situation inédite dans l’Hexagone, mais qui pourrait se reproduire dans les années à venir. L’urgence est de rafraîchir nos villes. Mais quelles sont les possibilités ?

Vers des chaleurs de plus en plus fortes

Les citadins paient le prix fort de cette hausse du thermomètre. Les espaces bétonnés couvrent une grande partie de la ville. Ces surfaces absorbent l’énergie du soleil et la relâchent durant la nuit. C’est pour cela que l’on observe des températures plus élevées en ville qu’à la campagne. Météo-France indique que « l’on relève des différences nocturnes de l’ordre de 2 à 3°C en moyenne annuelle entre Paris et les zones rurales alentour ».

Il est plus que temps de se demander que faire contre la canicule. Une étude réalisée par l’équipe du chercheur Vincent Viguié a montré « qu’entre 2070 et 2099, Paris subira une à deux vagues de chaleur par an, avec des températures pouvant atteindre 50°C, sur une durée de 70 jours ». L’année dernière, le président Emmanuel Macron avait indiqué « On va aller de plus en plus vers ces situations (…) de chaleur forte, avec des pics de plus en plus hauts. Nous allons devoir changer notre organisation, notre façon de travailler, (…) construire différemment ». De nouvelles solutions sont peu à peu mises en place pour lutter contre ces îlots de chaleur qui rendent la vie en ville l’été insupportable.

Les températures pourraient bientôt atteindre 50°C par vagues – © Actsdata studio

Végétaliser les villes

Pour rafraîchir les villes, différentes solutions émergent peu à peu. L’une d’elles est la végétalisation des villes. On se rappelle la canicule de 2003 qui a duré neuf jours avec des températures de 40°C. Cet épisode a coûté la vie à plus de 20.000 personnes. Des climatologues et ingénieurs du bâtiment travaillent de concert pour éviter qu’un tel scénario ne se reproduise.
Pour cela, une équipe menée par Vincent Viguié et Aude Lemonsu de Météo France ont rassemblé dans un modèle les épisodes de chaleur passés ainsi que la forme, la dimension et la couleur des bâtiments, le degré d’isolation, le type de matériaux (verre, bois, béton) ou encore la couleur des toits (tuile, zinc, ardoise) qui influent sur les chaleurs générées en ville.

 

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Végétalisons Paris ?@ruemargaux #parissecret #végétalisonsparis #murvégétal

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Ils utilisent ce bilan thermique pour trouver des pistes. « La végétalisation des villes (plantation d’arbres, végétalisation de façades et de toits), une meilleure isolation des bâtiments, la mise en place de toitures réfléchissantes (peintes avec un revêtement innovant parfois appelé « cool-roof ») pourraient permettre de réduire de plus de la moitié (60 %) la quantité d’énergie nécessaire à la climatisation, dont on pourrait alors faire un usage raisonné », explique Vincent Viguié dans des propos rapportés par La Croix(1). Le mur végétal du Musée du Quai Branly est un exemple. Il pourrait également s’agir de planter davantage d’arbres en ville et de créer des forêts urbaines. Un arbre au milieu d’autres arbres peut à lui seul évaporer 450 litres d’eau par jour. Cela équivaut à 5 climatiseurs fonctionnant 20 heures quotidiennement.

Végétaliser l’espace urbain ne change pas que le paysage, il a un impact direct sur la température – © zhangyang13576997233

Amener l’eau en ville

Une autre solution pour faire chuter la chaleur en ville est d’augmenter la présence d’eau. Sébastien Clert, directeur qualité du pôle environnemental de l’agence d’urbanisme Patriarche, explique que « la présence de fontaines ou de cours d’eau qui passent à l’air libre peut avoir un impact non négligeable sur la température d’un quartier ». Un exemple est le bassin biotope de l’éco-quartier de Clichy-Batignolles dans le XVIIe arrondissement de Paris(2). L’eau de pluie est récupérée dans ce bassin à l’aide de rigoles.

 

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L’#ecoquartier #clichybatignolles vu du ciel #paris17 Photo : Philippe Guignard – Air Images

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D’autres écoquartiers essaient de remédier à la climatisation qui représente un gouffre énergétique et a un impact carbone néfaste sur l’environnement. Les bâtiments de demain doivent donc trouver des solutions afin de réduire la climatisation. Pour cela, le premier bâtiment de logements à énergie positive dans le XIIIème arrondissement de Paris intègre un système de ventilation naturelle grâce à un courant d’air. Les chambres et le séjour sont placés à des endroits stratégiques selon le déplacement du soleil. De plus, deux types de volets ont été conçus pour faire entrer la chaleur l’hiver et s’en protéger l’été.

Illustration bannière : Canicule dans la ville, fraicheur nulle part – © Antonio Guillem
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