Véhicules électriques : que va-t-on faire des batteries ?

Récupérer les terres rares des batteries et les recycler autant que possible : un enjeu clé pour l’environnement pour les décennies à venir.

Rédigé par Paul Malo, le 12 Aug 2019, à 11 h 35 min
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Tout n’est pas si vert au pays des voitures électriques… Le recyclage des batteries est une question clé.

Batteries des voitures électriques – Le défi de la seconde vie

Haro sur le diesel, il faut passer à la voiture électrique. Certes, mais cela ne résout pas tout pour autant. Si jadis, un inventeur avait inventé une voiture à air comprimé ne rejetant que de l’air, la voiture électrique actuellement choisie comme modèle possède un point faible environnemental : ses batteries. Le défi de la seconde vie, du recyclage se pose alors qu’elles contiennent des matières premières rares sur notre planète.

Sur ce sujet, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) est claire : mesurer l’impact réel des moteurs électrique ou thermique, essence ou diesel, suppose de prendre en compte non seulement les effets de leur utilisation, mais aussi le cycle complet du véhicule, de sa fabrication à son recyclage en fin de vie.

Batterie de voiture électrique © Romaset

Tandis que les constructeurs travaillent à éviter la course à l’autonomie et à proposer des batteries plus petites pour des usages plus urbains ou courte distance, PSA travaille déjà avec la SNAM, une société spécialisée dans le recyclage de batteries. Avec 120 salariés répartis sur deux centres de recyclage, la SNAM recycle des batteries depuis déjà 2010. Elle traite actuellement plus de 600 tonnes de batteries de voitures électriques ou hybrides par an. Ce sont pour l’instant 15.000 tonnes de batteries qui sont recyclées en un an à l’échelle de la France.

700.000 tonnes à recycler en 2035

Pour l’instant, le recyclage de batteries des voitures électriques et hybrides ne représente que 10 % de ce que recycle la SNAM. Mais la montée en puissance est inévitable, alors que les quantités à recycler vont augmenter de façon exponentielle.

En juin dernier, devant le Sénat, Christel Bories, présidente du Comité stratégique de filière mines et métallurgiques, tablait sur environ 50.000 tonnes à recycler à partir de 2027. Mais ce chiffre pourrait bien atteindre 700.000 tonnes en 2035.

Le but : récupérer les terres rares des batteries, dont les gisements ne se trouvent que dans les sous-sols de quelques pays, et surtout la Chine. Et là où la France exige de recycler 50 % d’une batterie lithium ion, la SNAM en recycle plus de 70 %. De même en ce qui concerne les batteries rechargeables Nickel-Metal Hydrure : la France pose une norme de recyclage de 50 %, mais plus de 75 % de la batterie connaissent une deuxième vie. Que devient ce qui reste de ces batteries ? Ces déchets finissent brûlés, mais 2 % sont tout de même finalement enfouis.

Illustration bannière : pour que les voitures électriques soient vraiment vertes – © Production Perig
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1 commentaire Donnez votre avis
  1. En première approximation, le prix de la voiture, avant les aides, est proportionnel au poids du CO2 relâché dans l’air. Mais le monde a peur des synthèses; le nucléaire nécessite un préalable de millions de tonnes de CO2 en investissement. La fabrication du ciment coûte en CO2 les 40% du CO2 émis, alors que la voiture n’en produit « que » 5%. Les éoliennes consomment, pour leur fabrication, 6 années de CO2. La voiture électrique produit 2à3 fois plus de CO2 qu’un diesel, mais à la campagne. Tout ceci semble relever de la désinformation. Le vilain jeu cessera si enfin on met au point la filière hydrogène!

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