Växjö, la ville verte la plus vertueuse d’Europe ?

Rédigé par Isabelle Allard, le 1 Nov 2015, à 17 h 51 min

Située en bordure de forêt, dans la plus grande province du Sud de Suède (le Småland), une province historique et autrefois rattachée au Danemark, qui héberge les plus grandes verreries du monde, la ville de Växjö s’enorgueillit, chiffres à l’appui, d’être la ville la plus verte d’Europe.

A quelques semaines de la COP21 et tandis que la Suède s’affirme de plus en plus comme un leader en matière d’écologie, l’exemple remarquable de cette petite ville suédoise donne le ton.
En effet, cette ville, pionnière en matière d’écologie et d’énergie renouvelable s’est lancée un grand défi dans les années 70 : devenir indépendante en matière d’énergie fossile en utilisant la biomasse, et elle a créé pour ce faire une chaudière centrale alimentée par les déchets de son industrie forestière qui alimente ainsi en chauffage 90 % des logements de la ville et fournit également la ville en électricité, elle produit aussi du biogaz en recyclant les déchets de ses habitants.

Le résultat de cette politique énergétique active, c’est une ville qui a réduit ses émissions de CO2 de manière exemplaire, atteignant 2,7 tonnes par habitant et par an, ce qui est très largement au-delà des objectifs européens à l’horizon 2020 (définis par le protocole de Kyoto) et fait de Växjö une ville vertueuse et exemplaire en Suède, mais également dans toute l’Europe.

Une prise de conscience précoce et des efforts soutenus

Dès les années 60, la ville a pris conscience qu’elle ne pourrait ni se développer, ni attirer des actifs, sans une vraie politique de nettoyage des lacs de sa région pollués par l’industrie drapière du XVIII ème siècle et par l’industrialisation des villes. C’est donc la réhabilitation du lac Trummen, installé à Växjö, qui va inaugurer la mise en place d’une politique écologique et devenir un véritable tremplin pour d’autres idées de projets vertueux dans la ville.

Växjö ville verte Suède

© CC, Rudolf Schuba

Dans les années 70, la ville de Växjö met en place un réseau urbain de distribution du chauffage et de l’eau chaude, centralisée à partir d’une chaudière alimentée grâce aux déchets de l’industrie forestière, une énergie 100 % renouvelable dans une zone où la forêt occupe plus de 60 % du territoire. La centrale chauffe la quasi-totalité des logements de la ville et fournit 40 % de l’électricité tout en contrôlant les rejets de CO2 qui sont largement inférieures aux limites autorisées. La cendre résultant de la combustion est également recyclée et sert d’engrais pour la forêt environnante.

Dans les années 90, la ville s’est lancé un défi encore plus grand : abandonner complètement les carburants fossiles et diviser les émissions de CO2 par deux dans les 20 années à venir. Les bus de la ville roulent déjà grâce à un biogaz produit en recyclant les déchets organiques des habitants, les stations essence de la ville utilisent des biocarburants dans le sans plomb pour impliquer les automobilistes encore récalcitrants dans le mouvement.

A Växjö tout se recycle, et on circule à bicyclette

A Växjö, on a fait du recyclage une seconde nature : les déchets forestiers, les déchets organiques des particuliers, tout est bon pour produire de la biomasse, et produire une énergie renouvelable et durable et réduire ses émissions de dioxyde de carbone. Les taxis fonctionnent grâce à des énergies alternatives, les bus au biogaz, un réseau élaboré de pistes cyclables traverse la ville et est prioritairement déneigé en cas de chute de neige. Les fonctionnaires disposent d’un vélo gratuit pour aller travailler et d’importantes subventions sont prévues pour financer l’installation de panneaux solaires par les particuliers. De nombreux logements sont construits en bois, réduisant ainsi les coûts et les émanations toxiques. La ville a ainsi obtenu le prix européen de l’énergie en 2007.

växjö suède lacs

Des jardins potagers bio en ville sont proposés aux citoyens qui veulent se lancer dans la production de fruits et légumes de saison, et ainsi limiter les émissions de CO2 pour transporter les fruits et légumes importés. Chacun peut y accéder à vélo et recycler ses déchets pour l’alimentation des bus de ville.

C’est donc une ville exemplaire en matière d’écologie, et une ville dynamique qui n’a aucune intention de s’endormir sur ses lauriers : les écoles et les entreprises ont fait de l’écologie une seconde nature et s’investissent dans des projets de recherche pour améliorer encore le fonctionnement de la ville. L’objectif est clairement annoncé : aucune émission de GES mais la ville prudente ne s’engage pas encore sur une échéance précise.

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Végétarienne et contemplatrice de naissance, attirée depuis mon plus jeune âge par les lettres et les âmes de papier, j’ai assez naturellement opté...

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