Tesla va bientôt produire une batterie pas chère

La voiture électrique, plus écologique que la voiture classique puisqu’elle ne consomme pas de carburants fossiles, est le futur de l’industrie automobile. Mais ces voitures se heurtent à deux problèmes majeurs : leur autonomie et le prix de production des batteries. Si le premier problème nécessite encore des évolutions techniques, le deuxième devrait bientôt être résolu.

Rédigé par Hugo Quinton, le 31 Jan 2017, à 11 h 35 min

L’un des pionniers de la voiture électrique est l’entreprise Tesla, fondée par le milliardaire visionnaire Elon Musk. Le groupe commercialise déjà deux modèles, la Model S et la Model X et s’apprête à lancer sur le marché sa Model 3, qui vise une clientèle milieu-de-gamme : le prix annoncé devrait être de 35.000 euros environ. Pour ce faire, toutefois, Tesla doit baisser le prix de revient de la production d’une batterie.

Des batteries moins chères pour une production de masse

Avec l’évolution de la technique, en six ans, selon Bloomberg, le coût de revient d’une batterie a baissé de 80 %. Il s’établit, en moyenne, à 227 dollars le kilowattheure de puissance. En 2010, ce prix était de 1.000 dollars pour la même puissance rendant, de fait, une batterie très difficilement rentable. Pour que l’industrie automobile abandonne les moteurs à explosion pour des moteurs électriques, il faut aussi que la rentabilité soit au rendez-vous.

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Vers une batterie qui ne coûtera que 100 dollars le kilowattheure

Tesla semble faire mieux que le reste des producteurs de batteries, puisque l’entreprise a annoncé hier avoir atteint un prix de production de 190 dollars le kilowattheure, un record. Surtout, un prix que le cabinet de recherche McKinsey ne s’attendait pas à voir avant 2020.

Mais Tesla peut faire encore mieux, comme l’ensemble de l’industrie automobile. Pour qu’une batterie soit réellement rentable, surtout par rapport aux moteurs classiques, McKinsey estime qu’elle ne doit coûter que 100 dollars le kilowattheure. Un prix que McKinsey s’attend à voir désormais à l’horizon de 2030, mais qui, de nouveau, pourrait être atteint plus tôt.

L’industrie de la batterie est en effet mobilisée pour augmenter ses capacités de production, ce qui va permettre de poursuivre la baisse des coûts. Trois usines gigantesques de batteries ouvrent ces semaines-ci en Californie, construites par Tesla, AES Corp et Alpagas. Chacune de ces usines est plus grande, à elle seule, que n’importe quelle usine de stockage électrique existant à ce jour. Ensemble, elles représentent 15 % de la capacité de stockage par batteries installée de par le monde l’an passé.

Le jour où le coût aura atteint 100 dollars du kWh, l’industrie automobile, qui a déjà lancé le tournant électrique puisque tous les constructeurs ont dans leurs cartons un projet de voiture électrique (et, de plus en plus, autonome), pourra remplacer définitivement le pétrole par la propulsion électrique.

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7 commentaires Donnez votre avis
  1. Article intéressant qui fait cependant l’impasse sur l’impact écologique de la production des batteries.
    Je m’intéresse à la mobilité électrique, mais ne peux m’empêcher de m’interroger sur les matières utilisées actuellement dans les batteries et leur mode d’extraction…

    • Plus il y a de batterie, plus y y aura de recyclage, et donc moins il y aura de prélèvement dans la nature.
      Par ailleurs, le lithium est le produit phare actuel, demain ce sera le sodium, ce qui règle un sérieux problème environnemental (et économique).

    • Même réflexion.
      M. Guyot : le recyclage va certainement s’améliorer mais empêchera-t-il de manière significative l’extraction polluante des matières premières? (vraie question d’un non scientifique)
      Et l’impact actuel n’est-il déjà pas très dommageable écologiquement?

      C’est bien de parler de CO2 mais que fait-on des autres aspects écologiques pour parler de propreté?

  2. Pour ma part ce n’est pas pour la voiture que la batterie pas chère m’intéresse, c’est pour stocker ma propre électricité, car c’est un coût qui reste élevé quand on passe à l’éolien et au solaire domestique.

    • Ce sera la seconde vie des batteries des véhicules.
      En perte de performance et écartées des véhicules pour ménager leur autonomie, elles seront encore assez intéressantes pour assurer l’inertie énergétique à poste fixe.
      De quoi redonner du sens à l’autoproduction

  3. Une remarque importante, la puissance s’exprime en watts ou kilowatts.
    Le kWh est une unité d’énergie et exprime le stock d’énergie.
    Le watt est la vitesse à laquelle cette énergie est consommée.
    Ce serait donc plutôt un cout de 227 dollars le kilowattheure d’énergie.
    C’est comme confondre la capacité d’un réservoir d’un moteur thermique (energie) avec la puissance du moteur.

    • C’est bien de la capacité du réservoir d’énergie qu’il est ici question.
      L’erreur du rédacteur est d’avoir parlé de puissance plutôt que de capacité.
      N’est pas vulgarisateur qui veut.

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