Les souffleurs de feuilles, un fléau à bannir ?
Les souffleurs de feuilles pullulent en automne. Ils présentent pourtant plusieurs effets nocifs pour la santé de l’homme, mais aussi pour la nature.

« Déjà plus d’une feuille sèche, Parsème les gazons jaunis ; Soir et matin, la brise est fraîche, Hélas ! les beaux jours sont finis ! », écrivait Théophile Gautier dans sa « Chanson d’automne ». On pourrait ajouter à la fin de cet extrait « Vrrrroooouuummm ». Si vous ne l’avez pas reconnu, c’est le « doux bruit » d’un souffleur de feuilles, de sortie en cet automne. Un appareil dont l’utilisation par les municipalités ou les particuliers fait débat.
Le souffleur de feuilles : des nuisances pour l’homme et la nature
Vous ne pouvez pas les rater. Depuis quelques années, les souffleurs de feuilles sont les meilleurs amis des agents municipaux. Ils facilitent le regroupement des feuilles dans les parcs ou jardins, une tâche parfois fastidieuse. De plus en plus de particuliers s’équipent aussi de cet appareil.
Pourtant, son utilisation présente des inconvénients pour la nature, mais aussi pour les personnes qui l’utilisent ou se trouvent à proximité. Tous les modèles ne se valent toutefois pas : un souffleur thermique et un appareil électrique n’ont pas les mêmes émissions à l’usage.
Un bruit qui peut mettre l’ouïe en danger
Commençons par le principal désagrément, qui n’a échappé à personne : son bruit. Quoi de plus désagréable que d’entendre cet infernal « Vrrroouuummm » quand on se balade tranquillement ?
Certains souffleurs peuvent produire une pression acoustique d’environ 100 dB(A). Pas le plus mélodieux que l’on connaisse… Mais surtout, le risque pour l’audition dépend du niveau sonore et de la durée d’exposition. Un chiffre isolé ne suffit donc pas à définir une « limite pour la santé ».
À titre de repère, une exposition à 80 dB(A) pendant huit heures présente déjà un risque auditif. Plus le bruit augmente, plus la durée d’exposition acceptable diminue. Les protections auditives recommandées dans la notice ne sont donc pas un accessoire.

Les souffleurs de feuilles, source de nuisances sonores et de pollution – © trammy
Les risques de brûlures avec les modèles thermiques et les contraintes pour le dos méritent également de l’attention. L’appareil pèse parfois plusieurs kilos : mieux vaut respecter les consignes du fabricant et limiter les séances prolongées.
Des poussières remises en suspension
Pour utiliser l’appareil, il faut également porter les équipements prévus par la notice, notamment des lunettes de protection et des vêtements adaptés aux projections.
Car les souffleurs de feuilles disséminent des poussières avec une certaine puissance. Celles-ci peuvent irriter les yeux et les voies respiratoires, notamment chez les personnes asthmatiques. Même chose pour les pollens et autres particules allergènes présents au sol.
Une protection respiratoire adaptée peut être nécessaire. Évitez surtout de diriger le souffle vers les passants, les enfants ou les animaux.
Un mélange de carburant et d’huile pour les moteurs à deux temps
Autre point important à souligner : les souffleurs thermiques rejettent des gaz d’échappement. Ils disposent d’un moteur à deux ou quatre temps.
Les moteurs à deux temps fonctionnent généralement avec un mélange d’essence et d’huile. Les modèles à quatre temps ont un fonctionnement différent selon leur conception et émettent généralement moins de certains polluants. Dans tous les cas, il faut suivre la notice pour le carburant et la lubrification.
Un essai américain réalisé en 2011 illustrait déjà ces différences. Le souffleur à deux temps testé émettait environ 299 fois plus d’hydrocarbures non méthaniques par minute qu’un pick-up Ford F-150, dans les conditions retenues.
Ce résultat ancien concernait des appareils précis et un protocole particulier. Il ne signifie pas que tous les souffleurs actuels polluent « 299 fois plus qu’une voiture ». Il ne mesure pas non plus leur bilan climatique global.
Les souffleurs électriques, sur secteur ou sur batterie, n’émettent pas de gaz d’échappement à l’endroit où on les utilise. Ils sont généralement moins bruyants, mais continuent à soulever des poussières et à déranger la petite faune. Leur fabrication et leur consommation d’électricité ont également un impact environnemental.
Pourquoi se débarrasser des feuilles mortes ?
Enlever systématiquement les feuilles mortes, c’est priver le sol de matières organiques apportées naturellement par celles-ci. C’est aussi retirer à certains invertébrés une source de nourriture et un abri.
Il faut d’ailleurs distinguer souffleur et aspirateur-broyeur. Le premier déplace les feuilles et perturbe les habitats. Le second peut directement tuer les petits animaux aspirés puis broyés. Autant de raisons de ne pas rechercher un jardin « impeccable » jusque sous les haies.
Tout ramasser n’est donc pas nécessaire. Sur les allées, les escaliers ou une terrasse, les feuilles mouillées peuvent toutefois devenir glissantes. Sur le gazon, une couche épaisse et persistante risque aussi d’étouffer l’herbe. L’idée est de dégager ces zones, puis de déplacer les feuilles vers un endroit où elles seront utiles.
Une utilisation parfois réglementée
Les nuisances sonores ont poussé certaines collectivités à encadrer l’utilisation de ces appareils.
En France, les horaires applicables aux travaux de jardinage bruyants peuvent dépendre d’arrêtés municipaux ou préfectoraux. Renseignez-vous auprès de votre mairie avant de sortir le souffleur, notamment le dimanche et les jours fériés. Même durant les horaires autorisés, un bruit excessif peut constituer un trouble anormal de voisinage.
À Genève, la période autorisée s’étend du 1er octobre au 31 janvier. Les horaires prévus sont de 8 h à 19 h du lundi au vendredi, et de 9 h à 18 h le samedi. L’utilisation n’est pas autorisée le dimanche ni les jours fériés, sauf dérogation exceptionnelle. Des restrictions communales supplémentaires peuvent s’appliquer. Ces règles suisses ne doivent pas être confondues avec celles de votre commune française.

Le râteau est bien meilleur ! © Margaret M Stewart
Le râteau et le balai, les alternatives
Car des alternatives existent. Si vous voulez débarrasser une petite surface des feuilles qui la jonchent, le râteau et le balai restent des instruments efficaces. Ils étaient utilisés bien avant les souffleurs, sans carburant ni batterie à recharger !
Le râteau à feuilles convient à la pelouse, tandis que le balai permet de dégager une terrasse ou une allée. Sur de grandes surfaces, le temps de travail peut être différent. Mais dans un petit jardin, ces outils méritent largement de reprendre du service.
Vous pouvez aussi tout simplement utiliser ces feuilles pour votre jardin. En se décomposant, elles contribueront à enrichir le sol, comme un fertilisant naturel. Elles formeront également une protection pour vos plantations pendant l’hiver.
Le bon réflexe au jardin
Laissez une partie des feuilles sous les haies et au pied des arbres. Déplacez celles des passages vers les massifs ou le compost. Évitez d’utiliser en paillage les feuilles manifestement malades.
Vous pouvez aussi mettre une partie de votre récolte de côté pour préparer un terreau de feuilles. Ou garder quelques beaux spécimens pour des activités manuelles avec les feuilles d’automne. De quoi profiter de la saison sans couvrir le chant des oiseaux.
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Automne au jardin : faire un terreau de feuilles mortes
Article mis à jour octobre 2026
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c est drôle comme tout le monde désigne un autre ennemi …ou essaie de décrédibiliser la parole du message précédent .
Je fais partie de ceux qui trouvent ça trop bruyant et inefficace …après je peux entendre l’avis d’un professionnel sur les TMS .
Quel mouvement de masse : une centaine d’inscrits sur la page Facebook « Stop aux souffleurs de feuilles » pour 67 millions d’habitants.
Il faut vite satisfaire cette infime minorité !
Démagogie mensongère.
Quel mouvement de masse : une centaine d’inscrits sur la page Facebook « Stop aux souffleurs de feuilles » pour 67 millions d’habitants.
Il faut vite satisfaire cette infime minorité !
Démagogie mensongère.
Bonjour,
Je trouve dommage votre réaction !
Dans ma commune de montagne, les agents de la voirie
sont avec le râteau et n’ont pas de problèmes musculaires ou autres.
Je pense plutôt que vous êtes plus pour le rendement que pour la sagesse.
Les machines thermiques polluent l’espace tant par le bruit, la poussière qu’elles soulèvent, et l’odeur nauséabonde qu’elles dégagent.
Votre soucis est plus un savoir vivre professionnelle qu’autre chose je pense. En tout les cas, préserver ce que la nature nous donne et également pour vos enfants et ceux des autres.
Bonne journée
Lorsque les souffleurs sont vraiment utilisés pour ramasser les feuilles, je n’ai rien contre. Le problème est qu’ils sont utilisés deux fois par semaine pour balayer les allées du parc de la copropriété en soufflant feuilles et poussière sur la pelouse et les plates-bandes, dont l’herbe coupée est laissée sans être ramassée. J’ai renoncé à me plaindre
Le maire de Bordeaux après les arbres morts, peut être va-t-il bannir les souffleurs thermiques
Les outillages à batterie sont des aberrations écologiques surconsommations électrique et traitement des batteries en fin de vie
un paradoxe pour une activité dite verte c’est un oxymore comme la moto verte
cela ne nous dit pas quel est le niveau sonore légal autorisé par la norme concernant les souffleurs de loin les engins les plus bruyants et pas souvent plus efficace qu’un ramassage au rateau.
Mon voisin met 1 1 heure au souffleur alors que je met 45mn au rateau pour la même surface
La pollution sonore de ces engins est absolument insupportable en ville. Il est faux de dire que rien n’est possible techniquement pour en réduire le nombre de décibels. Même les fabricants de compresseurs d’air ont réussi à réduire considérablement le bruit de leurs machine. Il suffit d’y mettre le prix.
Un article qui donne du crédit aux urbains qui n’ont jamais utilisé un râteau plus d’une semaine d’affilée. Les mêmes qui veulent profiter de pelouses impeccables,sans zone brulée par les tannins et qui s’étonneraient que leurs réseaux d’eau pluviale inonde leur cave, leur trottoir ou leur rue. Que les grincheux commencent par utiliser les feuilles à la place de tirer la chasse et on en recause… C’est d’abord pénible pour celui qui l’utilise, mais 100 fois moins que de soulever 10Kg de feuilles à chaque geste de râteau. (geste destructeur pour le dos).
Le râteau quand à lui arrache la couche superficielle du sol et bouleverse le bénéfice de plusieurs années de décomposition des feuilles. Gueulez donc contre les fabricants de pots d »échappement et tout le monde en tirera bénéfice.
Et informez vous sur les données mécaniques avant de publier, un moteur 2 temps pollue 5 à 7 fois plus qu’un 4 temps, pas 300 fois.
Bonjour je suis professionnel dans les espaces verts et je gère une équipe de 20 agents sur 15ha. Nous tendons à utiliser des souffleuses électriques mais elles sont beaucoup moins puissantes donc au final énergivores en électricité lors des nombreuses recharges nécessaires, sans parler de l’avenir des batteries HS (en moyenne 3 à 4 ans de vie). C’est effectivement la solution pour le particulier ou les squares de petites surfaces. Mais quand il s’agit de plusieurs hectares de pelouses avec une topographie hétérogène les jardiniers ont plus de risques liés aux troubles musculo-squelettique avec l’utilisation d’un râteau qu’avec le port d’une machine dont le poids tend à s’alléger avec les avancées technologiques, tout comme la consommation de carburant et la nuisance sonore.
Concernant le fait de laisser les feuilles au sol: faites cela deux années de suite et il n’y aura plus un brin d’herbes sur votre pelouse au printemps. Regardez dans une forêt il n’y a pas d’herbe au pied des arbres, seulement une épaisse couche de feuilles… Si vous voulez nourrir votre pelouse faites de la tonte mulching! Toutes nos feuilles sont soit broyées soit compostées pour être ensuite étalées dans les massifs. Les insectes trouvent refuge dans les zones qu’on laisse en prairie, et le public profite des pelouses bien tondues, chacun y trouve son compte.
Nous faisons tout pour gérer écologiquement les espaces verts mais il y a un équilibre à trouver entre la santé des jardiniers, l’utilisation des espaces par le public et l’intérêt écologique. C’est tout l’art de la gestion différenciée qui est notre référence à présent.
Donc plutôt que de maudire le jardinier qui fait du bruit avec sa souffleuse, remercier le plutôt d’entretenir votre environnement quotidien. le vrai combat: ces 4×4 pick-up qui envahissent de plus en plus nos villes! 🙂
Bravo Axel pour ce commentaire de quelqu’un qui sait ce que veut dire « entretenir la nature de façon responsable ». Laissons brailler tous ces « Ecolos-Bobos » qui ne connaissent rien à la nature et très souvent roulent en 4×4 en ville. Bien sûr qu’il faut retirer les feuilles des parcs et jardins si on veut que nos pelouses respirent, et encourageons tous ceux qui veulent remplacer les souffleurs par des râteaux ou des balais, à conditions qu’ils se portent volontaires pour venir donner bénévolement un coup de main à tous ceux dont c’est le métier!