Si les Hommes vivaient comme des Républicains sociaux…

Non, cet article ne parle pas d’un ancien parti politique, mais de petits passereaux : les républicains sociaux qui vivent dans les steppes et forêts du sud de l’Afrique. Et ont développé des comportements plutôt étonnants… Alors, mettons-nous dans leurs plumes et imaginons ce que serait notre vie à leur place !

Rédigé par Julien Hoffmann, le 3 Apr 2020, à 8 h 00 min

Le monde des oiseaux fait face à une batterie d’agressions externes tellement variées qu’il serait impossible de les citer toutes… D’autant qu’ils sont présents dans tant d’écosystèmes partout à travers le monde que cela complexifie encore plus la chose. Reste à savoir ici si nous serions capables de faire ce qu’ils font… Regardons un peu les choses dans l’autre sens comme ici en prenant l’exemple des Républicains sociaux ?

Si nous vivions comme eux :

Nous fabriquerions nos cités dans les arbres

Les Républicains sociaux (Philetairus socius) fondent des nids qui peuvent regrouper plusieurs dizaines de familles différentes et jusqu’à 500 spécimens. Des nids qui peuvent également mesurer jusqu’à quatre mètres de haut et sept mètres de long

Les nids des Républicains sociaux sont tout bonnement impressionnants © Gaston Piccinetti

Les toits de ces véritables cités sont réalisés grâce à de longs rameaux et à des tiges de bon diamètre qui partent du haut vers le bas afin de protéger toute la structure.

La structure générale est ensuite fabriquée à l’aide de différents types de pailles toutes très effilées et solides qui sont entremêlées les unes aux autres pour arrimer l’intégralité du nid… tout en protégeant les entrées de l’intrusion de prédateurs qui peuvent s’y couper.

L’intérieur est ensuite tapi de tous les matériaux doux qui tombent sous le bec de ces animaux : petits brins d’herbes, coton, poils, etc.

Ces nids sont retravaillés en permanence par les Républicains sociaux, ce qui assure leur durabilité dans le temps – on a vu des nids tenir plus d’un siècle – mais les amènent à peser de plus en plus lourd – plusieurs tonnes parfois. Alors quand le poids devient trop important pour l’arbre, il n’est pas rare qu’il se brise avec les conséquences que l’on imagine.

Nous ouvririons les portes de nos villes aux migrants

Les colonies de Républicains sociaux étant de grandes tailles, il arrive naturellement que certaines chambres du nid soient abandonnées. Certaines espèces, comme le tarier, les pinsons, les mésanges ou des inséparables profitent alors de la vacance pour venir s’installer.

Mais il n’y a pas que les chambres vides qui attirent d’autres espèces vers ces nids géants qui font aussi d’exceptionnels perchoirs pour les vautours, les aigles, les hiboux ou encore le fauconnet d’Afrique.

Les Républicains sociaux ne semblent pas particulièrement lutter contre ces invités, certainement parce que la multiplicité des capacités d’observation de ces différentes espèces (acuité visuelle, etc.) prémunit toute la cité des prédateurs.

On comprend mieux qu’ils soient difficiles à atteindre une fois dans leur nid © Claude Weiss

Lire aussi : Connaissez-vous le Gypaète barbu : un vautour bien de chez nous et bien menacé ?

Nous ne nous reproduirions pas tous

Les Républicains sociaux pratiquent ce qu’on appelle la reproduction coopérative, c’est-à-dire que certains spécimens se reproduisent alors que d’autres les aident.

Dans le cas de cette espèce de passereaux cela à induit un meilleur taux de reproduction mais aussi un meilleur taux de survie des parents qui sont ainsi moins sollicités par la parentalité (production de chaleur pour les oeufs, recherche alimentaire, etc.)(1) .

Tous les mécanismes de la reproduction coopérative chez les Républicains sociaux ne sont cependant pas encore connus et mériteraient d’être beaucoup plus étudiés !

Nous nous adapterions mieux face à l’érosion de la biodiversité

L’avifaune à travers le monde subit la 6e vague d’extinction de plein fouet, mais les Républicains sociaux savent faire face, du moins pour l’instant.

Ces oiseaux d’Afrique du sud ont en effet besoin de grandes zones ouvertes de type savane avec de grands arbres solides pour y établir leur colonie. À défaut d’arbres, même s’ils les privilégient toujours, les Républicains sociaux étendent actuellement leur aire de répartition en utilisant… les pylônes électriques et téléphoniques !

Une belle capacité adaptative ! © Grobler du Preez

Ces structures étant souvent bien plus solides que de vieux arbres, la chose profite grandement à l’espèce d’autant qu’il suffit de suivre le fil pour établir une nouvelle colonie sur un nouveau territoire.

Illustration bannière : Un Républicain social perché © Gaston Piccinetti
Références :
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