Connaissez-vous le Gypaète barbu : un vautour bien de chez nous et bien menacé ?

Le gypaète barbu fait partie des quatre espèces de vautours présents en France. Mais pour combien de temps encore alors qu’il s’agit désormais de se mobiliser massivement pour le sauver ?

Rédigé par Julien Hoffmann, le 1 Mar 2020, à 14 h 35 min

Le gypaète barbu (Gypaetus barbatus) est un charognard exclusif, il ne se nourrit que de carcasses d’animaux morts. Emblématique des montagnes françaises, sa disparition n’est pas inéluctable car nombreux sont ceux qui se mobilisent, jusqu’à monter des programmes d’élevages et de réintroduction, pour le sauver.

Protéger et restaurer les milieux du gypaète barbu

Nombre d’espèces sont sensibles à leur environnement et ont besoin de bonnes conditions pour pouvoir se maintenir et prospérer. Le gypaète barbu fréquente de grands territoires, ses trois mètres d’envergure lui permettant de les parcourir sans aucun problème. La protection de ses habitats profite par ailleurs à bon nombre d’autres animaux comme par exemple le Tétras-lyre, tous les autres rapaces et bien des oiseaux de montagne.

gypaete barbu

Le gypaète barbu atteint 3 mètres d’envergure © fernando sanchez

En 2017, on comptait entre 208 et 251 individus sur tout le massif des Alpes, ce qui pourrait constituer une population viable si et seulement si le taux de mortalité n’est pas impacté par les activités humaines. Ce là que réside tout l’enjeu de sauvegarde de l’espèce, et qui justifie aussi à lui seul que des programmes d’élevage en vue de sa réintroduction continuent à jouer leur rôle.

Comment cohabiter intelligemment avec les gypaètes barbus ?

Modifier les lignes électriques

Les lignes électriques sont un véritable fléau pour les gypaètes barbus qui peuvent les percuter quand elles ne sont pas assez visibles ou qui s’y électrocutent en se posant dessus. Des dispositifs existent, comme le balisage des lignes et des poteaux, mais les gestionnaires de ces infrastructures doivent encore en équiper une bonne partie pour limiter le risque global.

Interdire les balles au plomb pour la chasse

Les gypaètes barbus sont des charognards stricts qui consomment des carcasses d’animaux domestiques ou sauvages. Dans ce dernier cas, il arrive régulièrement que des animaux tués ou blessés et morts par la suite du fait de tirs de chasseurs se retrouvent au menu des gypaètes barbus.
Ingérant alors les balles des chasseurs, avec tout le plomb qui s’y trouve, les rapaces se retrouvent intoxiqués au plomb et développent le saturnisme.

Si les chasseurs travaillent à arrêter l’utilisation du plomb dans leurs cartouches, on estime cependant qu’encore 30 % de la population de gypaètes barbus est exposée à ce risque.

Le thorax rouge est caractéristique de cette espèce si particulière © ESCOCIA

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Pratiquer les sports de montagne différemment

Les sports de montagne ont le vent en poupe, ce qui constitue malheureusement un fort risque de dérangement des couples de gypaètes barbus en reproduction notamment à travers le parapente, l’escalade ou le survol en hélicoptère.
Des Zones de Sensibilité Majeure (ZSM) existent pour avertir les pratiquants et si seulement 31 % d’entre eux les connaissent, 81 % d’entre eux les respectent « toujours » selon une récente étude.

Un programme d’élevage et de réintroduction de gypaètes barbus

La réintroduction consiste à reconstituer des populations d’une espèce dans des secteurs d’où elle a disparu ou dans lesquels elle est en forte difficulté, on appelle alors cela des renforcements de populations.

Pour que la chose soit envisageable, il faut être en mesure de reproduire ces animaux en captivité, ce qui est déjà un sacré exploit en soi. La première reproduction de gypaètes barbus a eu lieu en 1978 permettant de lancer l’élevage de l’espèce avec une première réintroduction en 1985.

C’est désormais un réseau de 5 élevages privés et 36 parcs en Europe qui participent à la reproduction de l’espèce, dont 5 zoos de France. 80 % des animaux en captivité appartiennent à la Vulture Conservation Foundation qui en assure la gestion et évite ainsi un quelconque commerce de l’espèce tout en lui garantissant un avenir !

Illustration bannière : Gypaète barbu à l’envol © Mark Caunt

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2 commentaires Donnez votre avis
  1. Je connais bien ce rapace, enfant, je me suis pris de passion pour lui et aujourd’hui, c’est un animal dont la vue me ravit toujours autant. C’est une bonne idée de lui faire un peu de pub, car il reste très peu connu du grand public.

    • Julien Hoffmann

      Merci de votre retour encourageant !
      Il n’est pas toujours évident de faire valoir la place de ces centaines d’espèces méconnues alors n’hésitez pas à soutenir la démarche en partageant l’article…

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