Santé : des nanoparticules dans 900 produits alimentaires

Les nanomatériaux sont très répandus dans les produits alimentaires. Pour la première fois, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) dresse un état des lieux du phénomène.

Rédigé par Anton Kunin, le 11 Jun 2020, à 11 h 02 min

Les risques associés aux nanomatériaux ne sont pas encore suffisamment étudiés. Néanmoins, un état des lieux détaillé de leur présence permettra de prendre les bonnes décisions quand de telles études seront disponibles.

900 produits alimentaires contiennent des nanomatériaux

Après des années de travaux, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) vient enfin de publier son étude qui fait office d’un état des lieux de la présence de nanomatériaux manufacturés dans l’alimentation. Il en ressort que près de 900 produits alimentaires intègrent au moins un additif ou un ingrédient répondant à la classification « substances pour lesquelles la présence de nanomatériaux manufacturés est avérée ».


Les types de produits alimentaires qui intègrent le plus de nanomatériaux sont le lait infantile (25,6 % des produits de cette catégorie en contiennent), les confiseries (15,6 %), les céréales du petit déjeuner (14,8 %), les barres céréalières (12,9 %), les viennoiseries et desserts surgelés (10,9 %).

Des produits très riches en additifs contenant des nanomatériaux

Concernant les laits infantiles, la proportion de nanomatériaux est particulièrement élevée pour la famille des préparations « deuxième âge » (la quasi-totalité des produits référencés sont concernés).

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Dans les desserts pâtissiers, les proportions de produits concernés par au moins l’une de ces substances s’élèvent entre 27 et 36 % : il s’agit essentiellement de dioxyde de titane (E 171) (l’étude a été réalisée avant l’interdiction de l’E 171 au 1er janvier 2020) et des oxydes et hydroxydes de fer (E 172). Sont également présents les phosphates de calcium et de magnésium (E 341 et E 343), dont le triphosphate de calcium (E 341iii), le carbonate de calcium (E 170), les silicates de sodium (E 500), le carbonate de magnésium (E 504 ii) et l’oxyde de magnésium (E 530).
Dans les glaces et sorbets, on trouve essentiellement l’E 171 et l’E 172. Enfin, les biscuits et gâteaux industriels sont très concernés puisque près de 80 % des produits de ce sous-secteur mentionnent en moyenne au moins l’une des substances pour lesquelles la présence de nanomatériaux est avérée ou suspectée et non confirmée.

Compte tenu des incertitudes sur les risques que représentent potentiellement les nanomatériaux dans l’alimentation, l’Anses incite notamment à limiter l’exposition des consommateurs en évitant les usages superflus de nanomatériaux dans l’alimentation et en favorisant les produits sûrs, dépourvus de nanomatériaux, et équivalents en termes de fonction et d’efficacité.

Illustration bannière : 900 produits alimentaires concernés par les nanoparticules © Africa Studio
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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