Ryanair, Transavia, Easyjet et les frais cachés : le vrai prix du low cost

Avec les vols low cost, quand le billet n’est affiché qu’à quelques dizaines d’euros, l’addition peut doubler ou tripler à force de frais en tous genres…

Rédigé par Paul Malo, le 19 Jul 2019, à 10 h 55 min

Le prix affiché pour un vol n’est pas toujours ce qu’il semble être. Méfiez-vous des frais additionnels en cascade…

Tout est prétexte à vous faire payer plus

L’affaire du siècle n’en est pas toujours une. Attention aux frais cachés des vols des compagnies low cost. Alors que votre billet ne sera affiché qu’à quelques dizaines d’euros, l’addition peut en fait vite monter, doubler ou tripler(3).

Première astuce : le fait de faire payer un supplément pour un bagage en soute. Une discipline pratiquée par Easyjet, avec 9 euros pour un bagage de 15 kg et 12 euros pour un de 23 kg, mais aussi Transavia qui facture entre 9 et 34 euros. Mais la palme revient  encore à Ryanair : 25 à 40 euros pour 20 kg de bagages. Et gare à ne pas avoir à payer à nouveau en cas d’escale.

Lors de la réservation d’un vol, le tarif peut doubler voire tripler au fil des étapes d’achat. ©REDPIXEL.PL

De même, les compagnies low cost n’incluent pas dans leurs tarifs le fait de, tout simplement,  changer d’horaire, de destination ou bien le nom de la personne qui voyage.

Quand Easyjet vous réclamera 70 euros dans les deux mois avant le départ, Ryanair vous fera payer 95 euros, et même…  100 euros de frais de départ manqué. Payer pour ne pas prendre l’avion, c’est un comble, d’autant plus quand on sait que la plupart des compagnies aériennes, notamment low cost, pratiquent le surbooking. Ce qui ne les empêchera pas de vous facturer des frais de dossier : 21 euros chez Easyjet.

Autre coût caché qui tend à se généraliser : le fait de vous faire payer pour choisir votre place à bord. Vous voyagez en famille, vous voulez être assis côte à côte ? Compter en moyenne 4 euros par passager, mais 7 euros chez Ryanair et 20 euros avec Transavia.

À bord, tout sera ensuite prétexte à vous faire payer plus encore : pour un café, pour un repas, mais aussi pour écouter de la musique ou regarder un film. La généralisation du smartphone et du streaming en lecture différé est heureusement passée par là…

Des aéroports sous transfusion d’argent public

Sur un vol court, toutes ces contraintes sont plus faciles à vivre et accepter, mais sur un long courrier, ce n’est pas la même chose. Ces coûts cachés à répétition sont d’autant plus inacceptables que les aéroports et compagnies aériennes profitent largement des subventions publiques pour exercer leur activité.

24 % des aéroports desservis par Ryanair sont déficitaires © Joyfull

Ainsi, 24 % des aéroports desservis par Ryanair au sein de l’Union européenne seraient déficitaires et subventionnés, selon les calculs de Transport & Environment(2). Des aides publiques qui alimentent directement la croissance des émissions de gaz à effet de serre.

Sur les 35 aéroports dépendants d’aides publiques, près de la moitié (16) sont situés en France. Un exemple : l’aéroport Paris Vatry a accueilli 108.000 passagers en 2017 pour 3 millions d’euros de subventions publiques, soit un coût de 30 euros par passager. Plus que le prix de bien des billets vendus par Ryanair au départ de ce même aéroport…

Pendant ce temps, Ryanair est entrée dans le top 10 des entreprises les plus émettrices de CO2 en Europe en 2018, aux côtés des centrales à charbon.

Illustration bannière : Passagers embarquant sur un vol ryanair – © JGA / Shutterstock
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