Des quotas sur la viande pour sauver la planète

Si l’on veut respecter les limites d’émissions de gaz à effet de serre fixées par l’Accord de Paris, il est urgent de réduire notre consommation de viande, alertent les scientifiques.

Rédigé par Anton Kunin, le 26 Dec 2019, à 11 h 05 min

Entre 1990 et 2017, la production mondiale de viande, lait et oeufs a augmenté de 64,5 %, passant de 758 à 1.247 millions de tonnes. Et la tendance devrait s’accentuer dans les prochaines décennies.

Or le développement de l’élevage remet en cause la limitation des émissions mondiales de CO2 au niveau fixé par l’Accord de Paris et limite les chances de restaurer à moyen terme la végétation naturelle, mettent en garde une centaine de scientifiques dans une tribune.

À moins d’un coup de frein, l’élevage pourrait être responsable de la moitié des émissions de CO2

On en parle souvent : limiter le réchauffement planétaire passe notamment par une réduction de la production de viande. Dans une tribune publiée dans la prestigieuse revue The Lancet, une centaine de scientifiques appellent les décideurs politiques à mettre cette idée en pratique, pour le bien de la planète. Leur raisonnement est simple : la communauté scientifique s’accorde pour dire que pour que la hausse des températures globales se limite effectivement à 1,5 C° d’ici 2050, les émissions de CO2 doivent être limitées à 420 milliards de tonnes. Par ailleurs, 720 milliards de tonnes de CO2 déjà émis doivent être enlevées de l’atmosphère. Pour ce faire, il faut replanter des forêts, et qui dit replanter des forêts dit forcément arrêter d’en abattre pour transformer ces surfaces en terres cultivables.

elevage intensif

Des carcasses de porc ©Svetlana Lazarenka

Or, si l’élevage poursuit son développement au même rythme qu’aujourd’hui, ce secteur sera responsable à lui seul de 49 % des émissions de gaz à effet de serre autorisées dans le scénario « 1,5 C° ». Cela voudrait dire que les autres secteurs émetteurs devraient limiter encore plus leurs émissions, ce qui n’est pas réaliste.

De la nécessité de changer de modèle alimentaire

Pour avoir plus de chances d’atteindre les objectifs fixés dans l’Accord de Paris, les signataires de la tribune recommandent de ne plus augmenter la production de viande. Ils conseillent ensuite d’identifier au sein du secteur de l’élevage les sources d’émissions de CO2 les plus importantes et les espèces qui occupent le plus d’espace, et imposer des objectifs de réduction de la production.

Parallèlement, il faudra augmenter la production d’aliments qui peuvent apporter d’autres sources de protéines, comme les haricots, lentilles, noix, grains, fruits et légumes, rappellent les scientifiques.

Illustration bannière : Moins de viande pour sauver la planète – © vanilla_soup
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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