Le réacteur de Flamanville débutera son activité malgré ses défauts de construction

La décision est tombée mercredi 28 juin. Le réacteur nucléaire dernière génération situé à Flamanville entrera en activité fin 2018, malgré les graves défauts de fabrication concernant le fond de la cuve et le couvercle.

Rédigé par Maylis Choné, le 29 Jun 2017, à 11 h 10 min

La décision choque. Depuis mercredi 28 juin, l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) a donné son feu vert pour démarrer l’activité du réacteur nucléaire EPR à Flamanville, malgré des dysfonctionnements.

L’activité du réacteur de Flamanville est autorisée malgré les défauts de la cuve

Le réacteur nucléaire EPR de Flamanville pourra fonctionner dès la fin de l’année 2018 et ce, malgré les graves défauts de construction concernant le fond de sa cuve et le couvercle. En effet, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a annoncé le 27 juin que ces problèmes n’empêcheront pas la mise en service du réacteur, à condition de changer le couvercle avant 2024.

interieur reacteur

A l’intérieur d’un réacteur nucléaire © Vladimir Mulder

Les seuls capables de construire des pièces de ce type sont au Japon, ce qui complique quelque peu la situation. En clair, le problème réside dans la composition de l’acier constituant le couvercle et le fond de la cuve : le taux de carbone y est trop élevé. Or, « plus il y a de carbone, plus cela augmente le risque de propagation rapide de fissure », résume Jean-Christophe Niel, directeur général de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN).

La construction du réacteur de Flamanville est un enchaînement de problèmes

Les premiers bétons ont été coulés en 2006. Depuis, les problèmes s’enchaînent et les retards s’accumulent. Le coût a triplé et s’élève aujourd’hui à plus de dix milliards d’euros. La livraison du réacteur prévue en 2012 est reportée – normalement – à fin 2018. La condition de sa mise en activité réside dans une surveillance accrue de la cuve. Un coup dur pour EDF et Areva.

De son côté, la porte-parole du groupe Sortir du Nucléaire s’insurge : « la cuve et son couvercle sont des pièces majeures dans une centrale car c’est à l’intérieur que se font les réactions nucléaires. S’il y a la moindre rupture, ce sera ingérable ». Avant d’ajouter : « Il n’y a aucune parade de secours et cela peut provoquer un problème de refroidissement du combustible et des risques de rejets radioactifs. Et puis cela signifie qu’à peine mis en service, l’EPR de Flamanville devrait être arrêté pour être rafistolé. Ce n’est pas acceptable. »

Illustration bannière : Un réacteur nucléaire – © juerginho
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4 commentaires Donnez votre avis
  1. Pour Noel:
    le TGV est l’un des plus économiques en consommation d’énergie. En gros il consomme, par personne transportée et par kilomètre, autant qu’un Solex…

    La consommation annuelle totale d’électricité de la SNCF ne représente que 1,46 % de la consommation annuelle totale française d’électricité. Et la consommation totale annuelle du système TGV, c’est 0,42 % de la consommation annuelle totale française d’électricité.

    Le photovoltaique c’est 1,6 % de la production électrique en France.

    Donc Oui, le Solaire peut faire rouler le TGV. Et lorsqu’il n’y a pas de soleil, il y a toujours du vent a un endroit. Ceci pour 3,9 % de la production électrique.

  2. La porte-parole du groupe Sortir du Nucléaire s’insurge mais ne dit que des contre-vérités. Dans le domaine technique, soit on est compétent, soit on se tait. Ou alors, c’est juste pour être anxiogène à des fins inavouables…
    « la cuve et son couvercle sont des pièces majeures dans une centrale car c’est à l’intérieur que se font les réactions nucléaires. S’il y a la moindre rupture, ce sera ingérable » : FAUX, il y a des circuits d’ultime secours. En cas d’accident type Tchernobyl, les rejets à l’extérieur sont très limités.
    « Il n’y a aucune parade de secours et cela peut provoquer un problème de refroidissement du combustible et des risques de rejets radioactifs.» : Oui, rejets mais limités an dessous des seuils de radioactivité naturels.
    « Et puis cela signifie qu’à peine mis en service, l’EPR de Flamanville devrait être arrêté pour être rafistolé. Ce n’est pas acceptable. » : 6 ans de fonctionnement, pour vous c’est « à peine mis en service ? » Quelle industrie peut se targuer de ne pas faire de réparation/maintenance après 6 ans de fonctionnement ? D’ailleurs, ce que les articles ne disent pas, c’est que la raison n’est pas technique, mais surtout pour faire une sanction à titre d’exemple. Le terme rafistolé aussi n’est pas très heureux…
    Mais bon, continuez à faire rouler des Volkswagen électriques tout en critiquant le nucléaire. Pas très cohérent tout ça…

    • J’ajoute que le journaliste aurait au moins pu faire l’effort d’aller sur le site d’EdF ou d’un vrai site d’information pour prendre une photo de l’EPR Flamanville. C’est quoi la première photo ? Même pas en France, cela ressemble à un réacteur allemand.
      La deuxième n’est pas mieux : la légende « à l’intérieur d’un réacteur nucléaire » alors que la photo montre une tour de refroidissement d’une centrale qui n’est probablement pas nucléaire…

    • Il vont remplacer le nucléaire pas des éoliennes et des panneaux solaire avec cela il vont pouvoir faire rouler des TGV à 300Kms/H.

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