Le Brésil dit non aux projets pétroliers pour préserver son grand récif

Après Total, BP voit lui aussi ses projets mis en suspens par l’agence environnementale brésilienne. Dans les deux cas, les pétroliers n’ont pas fourni d’informations assez précises sur les risques environnementaux liés à leur projet de forage exploratoire.

Rédigé par MEWJ79, le 3 Jan 2018, à 11 h 30 min

L’agence environnementale brésilienne (IBAMA) a rejeté une nouvelle étude d’impact environnemental. Après Total en août, c’est donc au tour de BP de mettre ses projets de forage pétrolier en suspens.

Le récif corallien de l’Amazone encore méconnu et déjà en danger !

Un nouveau refus. L’agence environnementale brésilienne (IBAMA) a rejeté le 17 décembre dernier, l’étude d’impact environnemental du pétrolier américain BP. Selon l’IBAMA, qui dépend du ministère de l’Environnement, l’entreprise ne fournit pas assez d’informations sur les conséquences que pourrait avoir une marée noire sur la faune et la flore marines de cet écosystème unique.

Et si BP tente de convaincre avec des audiences publiques, le précédent de Deep Water Horizon est encore présent dans les esprits. L’explosion le 20 avril 2010 de la plateforme de BP dans le golfe du Mexique avait provoqué la plus grande marée noire de l’histoire des États-Unis.

Les pêcheurs de la région ont également apporté leurs arguments. Selon eux, les poissons dépendent du récif et une marée noire aurait des conséquences désastreuses. Pour rappel, le récif de l’Amazone a été découvert en 2016 près des côtes du nord-Est du Brésil, à l’embouchure de l’Amazone sur l’océan Atlantique. Ce récif corallien a été qualifié par le National Geographic comme « l’une des découvertes les plus importantes en biologie marine de ces 10 dernières années ».

En juillet dernier, une quarantaine de scientifiques ont publié une lettre ouverte où ils apportent leur soutien à la protection du récif de l’Amazone. Ils estiment qu’il est important d’en savoir plus sur cet écosystème encore largement inexploré et donc méconnu.

Lire aussi : Le forage pétrolier au Brésil menace l’écosystème

Total avait déjà essuyé un refus

L’exploration pétrolière dans cette zone met en danger le récif, selon ses détracteurs. Greenpeace France a estimé que « des activités de forage régulières pourraient à la longue avoir un effet préjudiciable sur la vie marine, par exemple en perturbant les routes de migration des cétacés et tortues, ou en endommageant le récif avec les gravats ou autres effluents des forages ». Mais BP ne remet pas ses projets en question. L’entreprise espère même commencer à forer au cours du premier semestre 2018, en proposant une version révisée de son étude d’impact, avec le soutien du gouvernement britannique, inquiet du niveau des exigences environnementales, selon un document révélé par Greenpeace.

Lire aussi : Sous pression, le gouvernement brésilien annule un permis d’exploitation minière dans une réserve d’Amazonie

Fin août déjà, Total avait vu ses projets stopper net. Le gouvernement brésilien avait rejeté une étude d’impact environnemental du groupe pétrolier français autour de son projet d’exploration pétrolière dans l’embouchure de l’Amazone et menacé d’y mettre fin, là aussi, faute de garanties sur la protection des récifs coralliens. « Le mode de dispersion de pétrole, par exemple, ne peut laisser subsister aucun doute sur les conséquences possibles sur les bancs de coraux et la biodiversité marine d’une manière plus large », avait expliqué dans un communiqué l’agence environnementale brésilienne, l’Ibama. Un répit pour l’environnement de la région.

Illustration bannière : Plateforme pétrolière offshore au large du Brésil – © Leo Francini
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Journaliste, je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.

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