Pompes funèbres : près d’un établissement contrôlé sur deux présente des irrégularités, selon la DGCCRF
Devis trompeurs, prestations facturées sans accord, frais injustifiés… Une vaste enquête de la Répression des fraudes révèle de nombreuses pratiques abusives dans le secteur des pompes funèbres.

Faire face à la disparition d’un proche est une épreuve à laquelle s’ajoutent des démarches souvent urgentes et coûteuses. Une situation de vulnérabilité dont certains professionnels des pompes funèbres profitent pour imposer des prestations inutiles ou appliquer des tarifs injustifiés.
Dans une enquête publiée le 27 octobre 2026, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) dresse un constat préoccupant. Parmi les plus de 550 professionnels contrôlés en métropole et en outre-mer, soit environ 10 % des opérateurs du secteur, près d’un établissement sur deux présentait des manquements à la réglementation.
Pompes funèbres contrôlées : près de 130 000 euros d’amendes et neuf procès-verbaux pénaux
Les contrôles, notamment réalisés à partir de signalements de consommateurs, ont donné lieu à 250 injonctions de mise en conformité et 47 amendes administratives, pour un montant total proche de 130 000 euros. Neuf procès-verbaux pénaux ont également été dressés pour des pratiques commerciales trompeuses. Plus de 150 sociétés ont par ailleurs reçu des avertissements, principalement pour des manquements considérés comme moins graves ou liés à une mauvaise connaissance de la réglementation.
Les contrôles ont ciblé des professionnels, notamment à partir de signalements, et les irrégularités constatées sont de gravité variable. Leur ampleur révèle de sérieuses lacunes dans l’information et la protection des familles.
Prestations non demandées, double facturation et devis trompeurs
Parmi les pratiques relevées figurent la facturation de services jamais sollicités, des frais de désinfection liés au Covid-19 injustifiés ou encore la double facturation d’une même prestation. Un professionnel a notamment été sanctionné pour avoir artificiellement augmenté les frais de transport en calculant les kilomètres depuis le siège de son entreprise plutôt que depuis la chambre funéraire. Les enquêteurs ont également découvert des situations dans lesquelles la visite d’un défunt était conditionnée à la réalisation de soins de conservation, alors que cette exigence est interdite.
Autre problème récurrent : des prestations facultatives présentées comme obligatoires sur les devis. Certaines entreprises ne fournissaient pas non plus les informations réglementaires sur leurs tarifs, tandis que d’autres remettaient un devis seulement après avoir commencé à réaliser des prestations, limitant ainsi la liberté de choix des familles.
Des clauses contractuelles abusives ont aussi été relevées, notamment celles permettant à une entreprise de modifier unilatéralement le prix convenu. Enfin, certains cercueils étaient commercialisés avec des mentions d’origine française ou de fabrication traditionnelle non justifiées.
Comment éviter les abus lors de l’organisation d’obsèques ?
Depuis le 1er juillet 2025, les opérateurs funéraires doivent utiliser un nouveau modèle de devis standardisé, destiné à distinguer plus clairement les prestations obligatoires de celles qui sont facultatives. Selon la DGCCRF, ce dispositif reste toutefois mal maîtrisé par certains professionnels, notamment les petites entreprises.
Pour éviter les mauvaises surprises, les familles ont intérêt à demander plusieurs devis gratuits, écrits et détaillés, avant de signer un bon de commande. Elles peuvent exiger des explications sur chaque prestation et refuser les services facultatifs qu’elles ne souhaitent pas.
Une liste des entreprises funéraires habilitées doit être mise à leur disposition dans les mairies, les établissements de santé et les chambres mortuaires ou funéraires. Le démarchage commercial en matière de prestations funéraires est, quant à lui, interdit. Il est également possible de vérifier auprès de l’AGIRA si le défunt avait souscrit un contrat d’assurance obsèques, afin d’éviter de financer une seconde fois des prestations déjà couvertes.
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