Manger dans l’avion, une source de déchets vertigineuse

1,3 kg de déchets par vol et par passager : c’est l’autre facette de la pollution engendrée à l’échelle planétaire par les vols commerciaux.

Rédigé par Paul Malo, le 19 Oct 2019, à 7 h 50 min

Prendre l’avion pollue, le prendre moins, ou pas, quand on le peut, c’est toujours cela de moins en termes d’empreinte carbone personnelle et de rejet de CO2. Car en plus de polluer l’air,  le fait même d’être passager engendre également des gâchis et pollutions annexes non négligeables.

Des plateaux-repas très plastiques

Le phénomène de la honte de prendre l’avion, parti des pays nordiques, s’étend peu à peu. Et alors que chacun prend peu à peu conscience des conséquences de son mode de vie sur l’environnement et de son empreinte carbone, se pose non seulement la question de moins prendre l’avion, mais aussi de réduire la masse de déchets générés par ces vols.

Déjà, dans les business class de certaines compagnies aériennes, les – très inutiles – trousses de toilette distribuées à chaque passager ont disparu, notamment sur Singapore Airlines, l’une des plus réputées au monde : autant de rasoirs, peignes, cotons-tiges et autres brosses à dents en plastique de jetés en moins. Mais le principal gâchis écologique en cabine des vols se trouve en fait plutôt du côté des plateaux-repas.

déchets des avions

Plus d’un kilo de déchets par passager de chaque vol © Matej Kastelic

1,3 kg de déchets par vol et par passager

Rebut personnel, écouteurs, couverts et gobelets en plastique à usage unique, restes de repas… Un passager aérien laisse en moyenne derrière lui pas moins de 1,3 kg de déchets par vol, selon les estimations de l’Iata (International Air Transport Association), qui représente 290 compagnies et 82 % du trafic aérien total(1).

À raison de quatre milliards de passagers par an, il suffit de faire le calcul pour imaginer la masse de déchets que cela peut représenter chaque année… Toujours selon les chiffres de l’Iata, les compagnies aériennes ont généré environ 6,1 millions de tonnes de déchets en 2018.

Et ce chiffre pourrait bien doubler dans les dix ans à venir.

Comment réduire la quantité de ces déchets

Une entreprise de design britannique, PriestmanGoode, a récemment imaginé de remplacer les éléments en plastique des plateaux-repas en vol par des matériaux renouvelables tels que le marc de café, les feuilles de bananier ou le bois de cocotier. En sus d’êtres éco-respectueux, ces objets d’usage courant seraient aussi plus légers, réduisant d’autant les émissions carbone des vols.

Des vols de moins en moins polluants

D’ores et déjà, de nombreuses compagnies travaillent à réduire la masse de déchets générés par les vols commerciaux. Et c’est dans leur intérêt, car il est facile d’imaginer que si le coût initial des alternatives écologiques aux plastiques à usage unique et de mise en place d’initiative de réduction des déchets est extravagant, le coût de l’élimination de tout ce gâchis est, en réalité, bien pire tant en termes d’impacts économiques qu’environnementaux et sociaux !

Hi Fly au Portugal veut atteindre l’objectif de vols entièrement exempts de plastique d’ici la fin de l’année. Ryanair de son côté, a récemment pris la décision d’éliminer les plastiques non recyclables de ses services d’ici 2024. En Australie, Kantas veut réduire de 75 % les déchets qu’elle produit, d’ici la fin de l’année 2021.

plateau repas déchets dans l'avion

Exemple d’un plateau repas en classe économie © Sorbis Shutterstock

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Quant à Air France, la compagnie française prévoit ainsi de supprimer 210 millions d’articles en plastique à usage unique d’ici à la fin 2019, à commencer par les gobelets et les bâtonnets. En parallèle de ces efforts pour parvenir à l’objectif de zéro déchet plastique à bord, un vol aujourd’hui produit 50 % de moins de CO2 que le même vol en 1990.

Mais les compagnies aériennes sont conscientes des efforts qu’il leur reste à faire pour réduire leur impact sur le changement climatique, estimé à 2 % des émissions générées par l’activité humaine. Le développement de nouveaux équipements de cabine et sièges, plus légers et moins gourmands en carburant est en cours, permettant demain de réduire les émissions de 20 à… 80 % !

Illustration bannière : Les plateaux repas et le service en cabine sont responsables d’une pollution énorme – © Krasula

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