Pollution de l’air intérieur : avis d’expert

Vincent, l’animateur du blog de la consommation responsable Consommer Durable s’est penché sur le sujet de la pollution de l’air intérieur. Comme chacun sait et aussi étonnant soit-il, l’air intérieur de notre domicile, de notre bureau, est plus vicié que l’air extérieur. Pour aller plus loin, Vincent a rencontré le professeur Damien Cuny, toxicologue spécialisé dans la pollution de l’air intérieur.

Rédigé par Aurore, le 10 Mar 2012, à 17 h 23 min
Pollution de l’air intérieur : avis d’expert
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La pollution de l’air intérieur a connu récemment une actualité en la création d’un affichage environnemental sur les produits de décoration, d’ameublement et de construction de l’habitat. Peintures, papiers peints, vernis, colles, tapis sont désormais classés de A à C selon le potentiel d’émissions de polluants organiques volatils.

Aujourd’hui, j’ai eu l’occasion d’interviewer le professeur Damien Cuny, toxicologue spécialisé dans la pollution de l’air intérieur, exerçant au sein de l’université des sciences biologiques et pharmaceutiques de Lille. Nous avons fait l’état des lieux des moyens en matière de lutte contre la pollution intérieure, puis des bonnes pratiques à mettre en place pour limiter les risques.

De multiples sources de pollution à la maison ou au bureau

L’air intérieur est plus pollué que l’air extérieur, pour l’évidente raison qu’il est moins fréquemment renouvelé. Aujourd’hui, la pollution par les ondes (wi-fi, portable…) vient s’ajouter à une longue liste de sources de pollution comme celle émanant des produits d’entretien (aux flacons jamais totalement étanches), des traitements (exemple de l’anti-puce pour les animaux), mais aussi les meubles (vernis), moquettes, tapis et parquets qui libèrent des substances toxiques… Sans oublier les désodorisants, bougies parfumées, encens, mais aussi les insecticides, la poussière et bien entendu, la cigarette.

Ne pas se calfeutrer

Si l’isolation des bâtiments est nécessaire pour améliorer la performance énergétique, renouveler régulièrement l’air et réduire les sources de pollution intérieure ne doivent pas être négligés. S’isoler ne signifie pas se calfeutrer.

Nous passons une grande partie de notre temps dans des espaces clos ; l’enjeu de santé publique est donc de taille ! Dans une pièce non aérée, le niveau de pollution peut atteindre jusqu’à trois fois la valeur recommandée par les autorités sanitaires. Améliorer l’air intérieur est l’affaire de tous : citoyens, collectivités, employeurs…

Le syndrome des bâtiments malsains

Apparu dans les années 80, le syndrome des bâtiments malsains regroupe un ensemble de signes annonciateurs d’une réaction à la pollution de l’air intérieur d’un logement, lieu de travail ou autre espace fermé. Cette succession de signaux avant intoxication ou allergie tels que nausée, maux de tête, réaction cutanée

Une ordonnance pour un diagnostic de la pollution interne de votre habitation

La prescription médicale de votre médecin ayant décelé des indices de début d’allergie ou de réaction physique à un habitat pollué peut vous permettre d’accéder à un diagnostic par un CMEI (Conseiller Médical de l’Environnement Intérieur) de votre domicile en termes de pollution de l’air intérieur. Bon à savoir. Certaines associations peuvent aussi vous conseiller et établir le bilan de votre logement.

Des outils pour lutter contre la pollution de l’air intérieur :

  • L’ensemble des données indirectes à prendre en compte est trop important pour pouvoir constater l’étendue des causes et effets de ce type de pollution. Cela dit, la prise de conscience générale ayant eu lieu est un signe positif de progrès en la matière.
  • La création de normes faisant office de valeurs guides, par l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur, ou par l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité de l’Environnement), permet de mieux appréhender la problématique.
  • L’affichage environnemental, en vigueur depuis janvier 2012, permet aux consommateurs d’être informés.

La pollution de l’air intérieur, enjeu de société

la qualité de l’air intérieur est un enjeu de société majeur qu’il est urgent de prendre en considération.

Seuls des obligations et contrôles systématiques, comme ils existent notamment pour les émissions de CO2 des chaudières, permettront de changer les comportements et obligeront l’ensemble des professionnels et les pouvoirs publics à s’investir dans cette problématique.

Cependant, si des contrôles systématiques sont nécessaires, tous s’accordent sur le fait que la mise en place d’obligations uniformes, qui ne prennent pas en compte les contextes géographique et environnemental sont contre-productifs et absurdes.

Il faut pouvoir faire des recommandations techniques en fonction des différents contextes car il n’existe pas de solution unique.

« Il serait raisonnable de faire évoluer la réglementation des logements, notamment étanches, avec des débits de renouvellement d’air plus importants, afin de répondre aux enjeux de santé, soulignés par les experts. Nous préconisons une approche progressive et expérimentale en profitant notamment des futurs labels environnementaux », déclare Pierre-Louis François, Président d’Uniclima.

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Entre magazines, romans et presse générale, je suis une passionnée de l'information, qu'elle soit sérieuse ou décalée ! Consommer durable n'est pas qu'un...

4 commentaires Donnez votre avis
  1. En effet pas beaucoup d’infos sur cet article. Ça donne surtout les causes de la pollution dans nos intérieurs.

  2. bonjour, Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de fumeurs qu’il n’y a pas de pollution.

    Les logements modernes sont équipés de VMC avec entrée d’air sur fenêtres qui laissent passer un courant d’air très désagréable en hiver et que pas mal de gens essaient plus ou moins de boucher (et ça c’est un problème). Et là, les fabricants auraient quelques améliorations à apporter.

    On voit pas mal de gens, notamment en location qui n’ouvrent JAMAIS les fenêtres, et parfois même pas les volets. Et ça c’est courant.
    Ils ne comprennent pas que sans renouvellement d’air, ils vivent comme un poisson dans un bocal d’eau croupie.

    Certains ajoutent même un poêle à pétrôle (ou au gaz), là ce sont les particules (comme le diésel) directement dans la maison, certains même chauffent la chambre de bébé avec ça, et on laisse faire, ça se vend toujours. Il y a même les inconditionnels du poêle à pétrôle. Sachant que ces appareils sont pour de l’appoint dans un local BIEN AERE, genre garage avec portail non étanche et une fenêtre entr’ouverte.
    Mais pour certains c’est le chauffage habituel, ils croient faire des économies par rapport au chauffage installé, ce qui est faux.

    Il est vrai que, avec la RT 2012, on a des maisons super étanches. elles sont équipées de VMC qui aspirent vraiment très fort, d’autant plus que l’air ne peut plus guère passer que par les entrées d’air sur fenêtres. Mais l’air passe tellement vite qu’il doit aller en ligne droite de l’entrée d’air jusque sous la porte de la pièce, et l’air dans les recoins n’est guère renouvelé de ce fait.
    Il n’est pas mal d’ouvrir EN GRAND les fenêtres tous les matins ou dans la journée où les températures sont, en général un peu plus élevées. ET pas 15 mn comme on nous le dit, mais pas plus de 5 mn mais en courant d’air.
    Et là on renouvelle bien mieux l’air. C’est mieux d’ouvrir deux fois par jour ne serait-ce que 3 mn en grand que demi heure ou une heure une seule fois par jour ou chaque deux jours. Enfin, ceci pour l’hiver.

    Lorsqu’à la belle saison on ne chauffe plus on peut ouvrir à volonté.

    L’aération rapide n’est pas du gaspillage, sinon c’est comme si on ne vidait pas les poubelles.

    Lorsqu’on entre dans une maison, si ça sent, même légèrement, c’est que la maison n’est pas suffisamment aéré. Si on fait de la cuisine exotique, parfois la VMC ou la hotte ne suffisent pas, il faudra ouvrir pour chasser l’air et l’odeur.

    Ce qui fait que certains n’aèrent pas du tout ou très peu souvent, c’est la paresse, la peur de perdre de la chaleur. La seule aération dans ce cas là, c’est l’ouverture de la porte d’entrée lorsqu’on entre ou lorsqu’on sort, ce qui est nettement insuffisant.

    Plus on est au rez-de-chaussée, plus on a de risque d’avoir du radon.
    Mais comme ça n’a pas d’odeur, qu’on ne se rend compte de rien, on ne voit pas la nécessité d’agir.

  3. C’est nul cet article , ça n’apporte aucune solution, chez moi il n’y a pas de fumeurs … alors je fais quoi ?

    • Bonjour, il y a des solutions contre la pollution à l’intérieur des bâtiment, comme les purificateur d’air.

      Ce n’est pas le saint graal et parfait mais c’est une piste pour capturer certaines particules fines et polluants.

      Cordialement.

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