Une PME française produit du plastique avec des plantes

Rédigé par Nolwen, le 4 Nov 2012, à 18 h 17 min

projet avenirGlobal Bioenergies est une start up prometteuse, comme il en faudrait plus en France. Son projet est à la confluence de l’énergie, de la chimie et de l’écologie. Créée en 2008 par deux biologistes, Marc Delcourt et Philippe Marlière, cette société a commencé par mettre au point une manière nouvelle de fabriquer de l’isobutène (1) (convertible en plexiglas, pneus ou carburants) à partir de sucre. Cela lui a valu en septembre le prix Europabio 2012. Les premières usines utilisant ce procédé devraient voir le jour en 2017.

Bientôt des voitures fabriquées avec des plantes

Mais c’est sa seconde innovation,basée sur un principe similaire, qui semble la plus prometteuse.

Il s’agit de fabriquer du bioplastique. Plus précisément, il s’agit de produire du propylène à partir de végétaux.

Le propylène est un hydrocarbure gazeux dont on tire le polypropylène ou autrement dit du plastique ordinaire.  Cette approche qui consiste donc à employer une chimie utilisant des matières premières naturelles renouvelables (les déchets de l’industrie du sucre par exemple) plutôt que les ressources fossiles et la pétrochimie.

Des bactéries transgéniques dévoreuses de déchets

Investissements d'avenirLa matière première est fournie par l’industrie sucrière qui se débarrasse de ses déchets (mélasse de canne ou de betterave).

Il peut aussi s’agir de la paille, de bois ou de résidus forestiers, ou bien encore de glucose extrait de l’amidon de blé ou de maïs. Des bactéries ont été reprogrammées pour les doter de la capacité de digérer ces déchets : ainsi le génome d’Escherichia coli retouché devient une usine à produire le gaz propylène qui sert à faire du plastique.

A Evry, les créateurs de Global Bioenergies imaginent que leur procédé pourrait permettre de fabriquer des voitures où le tableau de bord, le réservoir, le pare-chocs, … seraient en plastique végétal.

Cela concernerait 20 % du poids de la voiture et aiderait les constructeurs à rendre plus écologiques et recyclables leurs véhicules. Le marché potentiel pour le bioplastique est énorme : 68 milliards €. Car l’automobile n’est pas la seule concernée : l’industrie de l’emballage alimentaire pourrait utiliser ce bioplastique, tout comme celle des couches pour bébé, etc.

Mais il faudra attendre une décennie avant que cette manière de fabriquer du polypropylène soit industrialisée à grande échelle. L’importance du marché motive les investisseurs à franchir les dernières étapes de mise au point.

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10 commentaires Donnez votre avis
  1. ATTENTION au créneau « végétal »…… les opportunistes sont à l affût !

  2. c’est vraiment précieux

  3. Certains produits existent déjà, des sacs en plastique végétal dans certain super marché, qui se déchirent au moindre poids un peu lourds, j’espère seulement que les pare chocs seront plus solides hi!hi!hi!

  4. ce procédé est déjà exploité, Mazda utilise dans ces nouveaux modèles( tableau de bord et autre) du plastique végétal!! Voir ur leur site et particularité du mazda CX5

  5. « bio »plastique?? Ce n’est pas parce-que ça utilise des matières agricoles que c’est bio! Encore un raccourci très douteux de + en + fréquents sur ce site. Quand c’est pour se nourrir, les aliments sont déjà bourrés de pesticides et autres engrais, alors si c’est pour fabriquer du plastique on risque d’aller encore plus loin en utilisation de produits polluants!
    Il y a déjà 1 milliard de personne qui souffrent de la faim et on veut utiliser des produits alimentaires pour remplacer le pétrole, ça ressemble à la fausse bonne idée des agrocarburants (et non biocarburant). S’il n’y avait pas autant d’enjeu financier lié au prix du pétrole, on pourrait croire à cette utilisation uniquement des déchets, mais on n’en est pas là!

    • il s’agit ici d’utiliser les déchets des plantes qui de toute façon ne seraient pas comestibles ni pour l’homme ni pour l’animal. Sinon cela n’aurait effectivement aucun intérêt!

  6. Fabriquer du plastique à partir de végétaux cultivés alors que les terres vivrières disparaissent sous le bêton à un rythme affolant, est-ce une solution d’avenir? Ne serait-ce pas plus sensé de réduire notre consommation de plastique et même notre consommation tout court. J’ose écrire cela sur un site qui s’appelle CONSOglobe et qui fait la promotion de produits de consommation. Dans développement durable il faudrait ne garder que durable et réfléchir à partir des possibles et non pas des désirs.

  7. n’est il pas dangereux de « retoucher » escherichia coli qui pourrait
    devenir invincible inaltérable une fois mis dans la nature; déjà qu’il fait des morts tous les ans car on a du mal a en venir à bout

    (Des bactéries ont été reprogrammées pour les doter de la capacité de digérer ces déchets : ainsi le génome d’Escherichia coli retouché devient une usine à produire le gaz propylène qui sert à faire du plastique.)

    • Effectivement, voilà un autre aspect du problème. D’ailleurs que se cache-t-il derrière le pudique mot « retouché »? Encore un coup des apprentis sorciers qui s’emploient à créer un monde de plus en plus dénaturé.

    • Ce plastique bio sera OGM. Le remède pourrait bien s’avérer pire que le mal, non ? L’idéal serait de pouvoir faire du plastique bio à partir de déchets végétaux, afin de ne pas concurrencer les cultures vivrières. Je rêve ?

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