Pesticides : dans l’Yonne, une protection obligatoire pour les personnes ‘vulnérables’

Deux ans et demi après la publication d’une ordonnance réglementant la mise en place de protections lorsque les pesticides sont épandus à proximité d’endroits « sensibles », le préfet de l’Yonne a pris un arrêté conférant à ces mesures un caractère obligatoire dans son département.

Rédigé par Anton Kunin, le 23 Jan 2018, à 12 h 25 min

Les exploitations agricoles situées à proximité des établissements de santé ou des lieux accueillant des enfants et des handicapés devront mettre en place des protections afin de contenir la dispersion des pesticides.

La protection contre les pesticides est enfin réglementée dans l’Yonne

La poursuite d’activités agricoles (et donc de l’utilisation de pesticides) à proximité de lieux fréquentés par le public inquiète les Français. Si ce voisinage ne risque pas de s’arrêter du jour au lendemain, le Code rural règlemente depuis juin 2015 les mesures de protection censées atténuer la dispersion de pesticides au-delà de l’exploitation agricole. Sauf que cet article n’a de caractère obligatoire que lorsque son application sur un territoire donné est statuée par un arrêté. Deux ans et demi après l’entrée de cette disposition dans le Code rural, Patrice Latron, le préfet de l’Yonne, vient donc de prendre un arrêté rendant ces mesures obligatoires dans son département.

pesticides

© Fotokostic

Désormais, dans l’Yonne, les établissements scolaires, les crèches, les haltes-garderies, les centres de loisirs, les aires de jeux destinées aux enfants, mais aussi les établissements de santé, les établissements accueillant ou hébergeant des personnes âgées et les établissements accueillant des personnes adultes handicapées devront être protégés. Mais cette protection pourra prendre des formes différentes, et donc être plus ou moins efficace.

Protection contre les pesticides : des mesures pas très restrictives

Les propriétaires d’exploitations agricoles situées à proximité d’établissements « sensibles » sont encouragés à mettre en place des dispositifs de protection physique adaptés, tels que des haies. À défaut, ils peuvent utiliser des matériels de pulvérisation limitant la dérive lors du traitement. Mais ces mesures ne sont pas obligatoires. « En l’absence de ces mesures de prévention » – peut-on lire sur le site de la Préfecture, l’épandage de pesticides peut être restreint à certaines dates ou à certains horaires (après l’heure de fermeture de ces établissements, par exemple).

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Et même cette dernière restriction n’est pas obligatoire. « Lorsque les mesures précédentes ne peuvent être mises en place », l’arrêté fixe des distances à respecter en cas d’application de pesticides à proximité des limites foncières de ces établissements : 50 mètres pour les parcelles en arboriculture, 20 mètres pour les parcelles en viticulture et 5 mètres pour les parcelles de cultures basses. Les agriculteurs ont donc les mains libres pour se contenter de cette dernière mesure tout en respectant les dispositions de l’arrêté.

Illustration bannière : Épandage de pesticides ©  Fotokostic
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

3 commentaires Donnez votre avis
  1. Les pesticides, les herbicides, les fongicides, les………., sont des génocides de l’homme et de la nature ! A quand des « Tyrannicides » ??

  2. Comme d’habitude, les Préfets sont des bons à rien (et des mauvais à tout)En effet autant ne rien faire que de pondre un arrêté qui finalement laisse toujours la possibilité de polluer champs, rivières, nappes phréatiques, bref; nous polluer la vie !
    Tout ça au nom d’une productivité toujours au service des lobbies phytosanitaires
    Quand les Préfets ne sont pas sous la coupe des chasseurs ils sont sous les pressions d’autres lobbies, la population ils n’en ont rien à faire (sauf quand il s’agit de lui envoyer des CRSS quand elle n’est pas satisfaite et qu’elle le manifeste)
    Il serait temps de faire un grand ménage !!!!!

  3. Bonjour,

    Les personnes ‘vulnérables’ qui sont-elles ?

    Il me semble que les « riverains » sont extrêmement vulnérables mais ils ne sont nulle part mentionnés dans les textes ???

    Le « terrain riverain » se trouve en face mais souvent complètement entouré des champs qui sont traités souvent non-stop et par tous les vents. Dans ce cas même les haies ne suffisent pas comme protection … L’habitant de ce lieu n’est-il pas une personne vulnérable ???

    Merci par avance pour votre aide ….
    Mdek

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