Protéger les abeilles des pesticides : la science avance

Une start-up aurait trouvé une solution pour protéger les abeilles des effets néfastes des pesticides qui provoquent leur disparition.

Rédigé par Paolo Garoscio, le 17 Jun 2021, à 9 h 50 min
Protéger les abeilles des pesticides : la science avance
Précédent
Suivant

La fonction fondamentale des abeilles dans la préservation de la planète Terre n’est plus à prouver. Et même si ce n’est pas Albert Einstein qui a dit « si l’abeille disparaît, l’humanité en a pour quatre ans à vivre », ce qui est une intox répandue (et pour une fois pour la bonne cause), il est vrai que si elles disparaissaient, ce serait une catastrophe. Mais une start-up pourrait avoir trouvé une solution, en tout cas pour les protéger des pesticides.

Une enzyme qui protège les abeilles des pesticides

La recherche, qui pourrait constituer un tournant dans la lutte contre la disparition des abeilles, a été menée par l’université de Cornell par James Webb qui, ensuite, a lancé sa propre start-up : Beeimmunity. Le principe est relativement simple : James Webb a découvert qu’une enzyme, très précisément la phosphotriestérase (OPT), aurait la capacité de protéger les abeilles contre les effets néfastes de certains pesticides. Or, on le sait : les pesticides, notamment les néonicotinoïdes, sont dangereux pour les abeilles.

Les tests ont été probants selon la recherche publiée sur la revue Nature Food en mai 2021, les abeilles ayant absorbé cette enzyme ont survécu au malathion, toxique pour ces insectes, alors que le groupe témoin qui n’a pas absorbé l’enzyme a connu un taux de mortalité de 100 % sous cinq jours.

© Volodymyr Maksymchuk

Vers un déploiement à grande échelle de cet « antidote »

James Webb, interrogé par le média Uzbek et Rica(1), va poursuivre ses tests avant ce qu’il espère être un déploiement à plus grande échelle de sa solution, en 2022 outre-Atlantique et en 2023 en Europe. Une bonne nouvelle qui ne suffira malheureusement pas. « Il faut renouveler l’application pour les ruches : ce n’est pas un traitement qui peut protéger les abeilles pour toujours », précise-t-il au magazine scientifique. Pour une efficacité maximum, il faudrait même appliquer le produit toutes les trois semaines, ce qui est possible pour les apiculteurs mais pas dans la nature.

Les apiculteurs devront  renouveler régulièrement le produit pour qu’il soit efficace – © Felix Busse

La solution pour protéger les abeilles de l’extinction reste l’interdiction des pesticides, et notamment les néonicotinoïdes. En France, ils sont interdits depuis 2018 ; mais en 2021, le gouvernement les a de nouveau autorisés pour certaines filiales agricoles, en particulier pour la culture de la betterave sucrière.

Illustration bannière : Un apiculteur vérifiant le miel sur le cadre de la ruche dans le champ plein de fleurs –  © uice Flai
Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.

Aucun commentaire, soyez le premier à réagir ! Donnez votre avis

Moi aussi je donne mon avis