Panneaux photovoltaïques : l’Europe rouvre la porte aux importations chinoises

Les barrières tarifaires mises en place par la Commission européenne en 2013 contre les fabricants chinois de panneaux photovoltaïques ont pris fin le 3 septembre 2018. Les installateurs du continent peuvent à nouveau se fournir dans l’empire du Milieu.

Rédigé par Anton Kunin, le 5 Sep 2018, à 11 h 40 min

La Commission européenne a décidé de ne pas reconduire les droits de douane prohibitifs visant à restreindre l’importation de panneaux photovoltaïques chinois.

La levée des restrictions douanières va-t-elle se traduire forcément par une vague d’importations chinoises ?

Les installateurs européens de panneaux photovoltaïques vont souffler : ils pourront à nouveau se fournir auprès des Chinois. Mais, cinq ans après les accusations de dumping proférées par les politiciens européens à l’encontre de leurs homologues chinois, les choses ont bien changé. Le coût de la production de panneaux photovoltaïques ne cesse de baisser dans les pays développés, et leur importation est aujourd’hui moins intéressante économiquement. C’est pour cette raison précise que la décision a été prise de ne pas reconduire les droits de douane artificiellement élevés, qui rendaient extrêmement chère l’importation de ces panneaux depuis la Chine. « Les conditions de marché ne justifient plus ces droits de douane prohibitifs », préfère-t-on dire à Bruxelles.

Photovoltaïque en Chine © gyn9037

Finalement, un flux plus important d’importations chinoises ferait même du bien à l’économie européenne. Actuellement, les échanges bilatéraux entre la Chine et l’Europe se chiffrent à 516 milliards d’euros, avec un déficit commercial de 176 milliards d’euros pour l’Union européenne. Autrement dit, en termes monétaires, l’Europe n’achète à la Chine que le tiers de ce qu’elle lui vend. Ce déficit crée un déséquilibre à la défaveur de la monnaie européenne, qui perd en valeur.

Importer des panneaux photovoltaïques chinois : l’Europe y trouve finalement son compte

La logique environnementale entre elle aussi en jeu. Aujourd’hui, l’Union européenne ne produit que 7 gigawatts d’électricité d’origine solaire, faute d’équipements suffisants. En même temps, s’agissant des panneaux photovoltaïques, la Chine a un excédent de production de 30 gigawatts par an. Il serait donc judicieux que ces panneaux, qui ne trouvent pas preneur sur le marché chinois, aident à pallier le manque en Europe.

Responsable à elle seule de plus de 40 % de la croissance mondiale des énergies renouvelables, depuis 2015 la Chine est le premier pays producteur d’énergie solaire.

Les règles entrées en vigueur en 2013 imposaient aux fabricants chinois un prix minimum. S’ils exportaient tout de même leur production à un prix inférieur, ils se voyaient infliger un tarif douanier pouvant aller jusqu’à 64,9 % du prix du panneau photovoltaïque en question. Mis en place pour une durée de 5 ans initialement, ce régime douanier a été reconduit en mars 2017 jusqu’en septembre 2018. À l’époque, les bruits couraient déjà que ce serait une ultime reconduction.

Pourtant, les producteurs européens craignent la fin de leur activité. En effet, selon eux, les autres grands acteurs que sont les États-Unis, l’Inde et le Canada ayant mis en place des restrictions sur les panneaux solaires en provenance de l’Empire du milieu, les panneaux solaires chinois risquent d’inonder le marché européen.

Illustration bannière : Ferme solaire en Chine – © Jenson
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. Bonjour
    Vous ne dites pas que de toute façon, les composants des panneaux « européens » sont majoritairement chinois.

    D’autre part, je trouve votre « logique environnementale » très étrange. Le problème serait selon vous le manque de matériel qui restreindrait l’équipement des particuliers, institutions et entreprises européens ? Ce ne serait pas plutôt la demande qui freine la production, (donc l’argent à investir), et pas par exemple le manque de ressources nécessaires à la construction des panneaux, ou la main d’œuvre compétente, etc.
    Et puis, L’énergie grise du transport participe-t-elle de cette « logique » ?

    Autre chose, vous écrivez « s’agissant des panneaux photovoltaïques, la Chine a un excédent de production de 30 gigawatts par an ». Qu’est-ce que vous entendez par excédent de production ?
    Et l’UE qui produit 7 gigawatts… Parlez vous de la puissance max des panneaux produits ? Du parc de panneaux installés ? Parce que produire 7 gigawatts d’électricité, ça ne veut rien dire. Des gigawatts-heure, d’accord, mais sinon…

    Bref, soit c’est moi qui ne comprend rien à rien, soit votre article est à revoir…

    Sincères salutations.

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