Nouvel ours tué par balle : les Pyrénées divisées

Alors que, pour la deuxième fois cette année, un ours a été abattu, défenseurs de sa réimplantation et éleveurs s’opposent de plus en plus durement.

Rédigé par Paul Malo, le 17 Jun 2020, à 10 h 05 min

Un ours abattu a été découvert le 9 juin dernier en Ariège. Les éleveurs protestent contre la « prime à la délation » promise par l’association Sea Shepherd France.

Ours abattu dans les Pyrénées : une prime pour toute information

Un nouvel ours est mort, tué par balles. Il a été retrouvé le 9 juin dernier près de la station de ski de Guzet-Neige (Ariège). Il s’agit du deuxième ours tué cette année.
Alors que la ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne, a parlé d’un acte « illégal et profondément condamnable ». L’État a porté plainte et une enquête a été ouverte pour « destruction non autorisée d’une espèce protégée ». Le coupable de cet acte est passible de trois ans d’emprisonnement et de 150.000 euros d’amende.

Après ce second décès, les associations de défense des ours ont dénoncé le « braconnage par balles d’un ours », mais aussi le laxisme des juges, l’impunité et l’omerta qui règnent autour de ces pratiques.
L’association Sea Shepherd France a donc promis une prime de 10.000 euros, augmentée de plus 20.000 euros de dons, pour toute information permettant d’identifier le responsable de cette mort.

Lire aussi :  Bientôt de nouveaux ours dans les Pyrénées

Deux positions inconciliables

La tension est montée d’un cran entre les camps des pro et anti ours. Ainsi, dans un communiqué conjoint, les associations de défense des ours condamnent « ce nouveau pas franchi dans la violence », qui « s’inscrit dans un contexte d’impunité des opposants à l’ours radicaux et violents que nos associations dénoncent depuis des années ».

À l’inverse, la Fédération Nationale Ovine (FNO) a souligné dans un communiqué publié le 12 juin les « pratiques indécentes » et la « prime à la délation » de l’association Sea Shepherd France. Une pratique « indigne » selon elle, « alors que les éleveurs essaient eux de vivre dignement de leur métier ».
Pour la FNO, « les éleveurs sont les premières victimes des attaques de ce prédateur et sont soumis à une détresse profonde face à l’incurie des ministères dans la gestion de ce dossier ».

À noter que d’autres associations de défense de l’environnement, France nature environnement (FNE), déplorent aussi cet « appel à la délation »…(1)

Tandis que les associations pro ours appellent l’État à respecter son engagement de « remplacer rapidement tout ours mort de cause humaine » comme prévu dans le plan ours 2018-2028, la FNO souligne pour sa part les « dégâts irréparables sur leurs troupeaux », les « tests d’effarouchement infructueux » et les « mesures de protection inefficaces ».
« À cela, s’ajoutent les pratiques indécentes que subissent les éleveurs de la part des associations environnementalistes locales : accusations implicites sans preuve de braconnage, patrouilles en montagne pour dénoncer tout comportement suspect des bergers et des éleveurs face à un ours »… On a recensé l’an passé, pour la seule Ariège, 565 dossiers d’indemnisation pour 1.155 ovins morts ou blessés comptabilisés.

À présent, plusieurs associations de défense de la présence de l’ours dans les Pyrénées appellent à la mobilisation ce week-end en Ariège : un rassemblement est prévu samedi de 10h à 12h devant la préfecture pour manifester contre l’incurie de l’État. Et un hommage à l’animal tué par balles le 9 juin dernier sera rendu dimanche.

Illustration bannière : En 2019, sur l’ensemble des Pyrénées, l’effectif minimum détecté était de 52 ours – © Alexandr Junek Imaging
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1 commentaire Donnez votre avis
  1. Ce qui est HONTEUX c’est que ces éleveurs après avoir exploité leur spauvres bêtes les enverront à l’abattoir alors qu’ils arrêtent d’incriminer un pauvre ours!

    ABOLITION de la chasse imédiate et abolition de la viande et du lait, quand on aime VRAIMENT les animaux on ne les mange pas sinon on est hypocrites et on q du sang sur les doigts

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