L’Afrique du Sud double ses exportations légales d’os de lions vers l’Asie !

Alors que le lion est une espèce en déclin, l’Afrique du Sud autorise depuis 2007 l’exportation d’os de ce félin. Et le pays a même doublé le quota légal, passant de 800 à 1.500 le nombre de squelettes.

Rédigé par MEWJ79, le 12 Aug 2018, à 7 h 50 min

L’Afrique du Sud a presque doublé la quantité d’os de lion qui peut quitter le pays, fin juillet 2018. Si l’exportation d’os de lion n’est pas nouvelle, cette décision devrait entraîner le commerce illégal.

L’Afrique du Sud autorise l’exportation d’os de lion depuis onze ans

Les lions, déjà en déclin, sont victimes d’une demande croissante de parties de leur corps, notamment leurs os pour une utilisation dans la médecine traditionnelle asiatique. Ainsi, même s’il est illégal de tuer ces gros félins et que leur commerce est interdit, l’Afrique du Sud a légalisé l’exportation de squelettes de lions élevés dans des établissements spécialisés. Malheureusement rien de nouveau sous le soleil sud-africain.

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Élevage de lions pour la chasse et l’exportation des squelettes © JacquelineRSA

Pour rappel, les exportations d’os de lions d’Afrique du Sud ont cours depuis 2007. Les lions se sont en effet substitués aux tigres asiatiques, qui, eux, sont « mieux » protégés. Depuis lors, le marché a connu un formidable essor.

L’industrie de l’os de lion en Afrique du Sud fournit le marché de la médecine traditionnelle en Asie, surtout en Thaïlande, au Laos et au Vietnam. Dans ces pays, on fabrique du vin d’os auquel on confère force et vigueur.

Par conséquent, un business s’est mis en place pour les éleveurs sud-africains. Lors de safaris, tuer un lion élevé en captivité peut rapporter 31.000 euros aux éleveurs. Avec la revente des os, ils peuvent toucher 8.000 euros supplémentaires.

Le nombre de lions sauvages d’Afrique a baissé de 40 % en vingt ans

On voit ainsi se multiplier les photos de pseudo chasseurs devant leur proie, sur les réseaux sociaux. Et les chiffres font froid dans le dos : le nombre de lions sauvages sur le continent a chuté de plus de 40 % au cours des deux dernières décennies à environ 20.000. Pire, les dernières études montrent que d’ici 2035, la moitié de la population actuelle de lions aura disparu.

En Afrique du Sud, on estime qu’il reste entre 1.300 et 1.700 lions adultes sauvages, alors que 8.000 vivent dans des sanctuaires ou des fermes d’élevage.

Pire encore, début mai dans le centre du pays, un « abattoir » illégal a été découvert après le massacre de plus de 50 lions en 2 jours. Les lions étaient enfermés dans des containers avant d’être abattus(1)… L’inspecteur de police qui s’est rendu sur place a déclaré au Sunday Times : « C’était terrible. Pour moi, un lion est un animal majestueux, un animal royal. Ici, il est massacré pour que les gens gagnent de l’argent, c’est absolument dégoûtant ».

Cela confirme l’hypothèse des associations de protection de la faune qu’une filière illégale s’est mise en place. Hypothèse née du fait que des crânes et omoplates de lions se trouvaient dans les lots exportés. Or ils sont nécessaires à la création d’un trophée pour les chasseurs « sportifs » !

Une demande en hausse qui entraîne le braconnage

Si l’Afrique du Sud autorise l’exportation d’os de lion depuis onze ans, en juillet, le pays a annoncé qu’il double presque le nombre de squelettes de lion susceptibles d’être exportés, faisant passer le quota annuel de 800 à 1.500Panthera, une association de protection des animaux, a estimé en mars 2017 que ces quotas d’os mis en place par Pretoria étaient « arbitraires et potentiellement dévastateurs pour le lion sauvage ».

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Crocs de lion © smilingfresh

Au final, cette demande d’os de lion venant d’Asie et qui ne cesse de croître incite davantage au braconnage. Selon National Geographic, plusieurs pays africains, dont le Mozambique, ont connu une légère augmentation de ces activités illégales au cours des dernières années(2). Ainsi, le nombre de lions dans le parc national du Limpopo est passé de 67 en 2012 à 21 en 2017, dont 49 auraient été tués.

Illustration bannière : lion en captivité – © Poylov Vladimir
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Journaliste, je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.

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