Organic’Vallée, premier centre d’économie circulaire de la matière organique

Rédigé par Pauline Petit, le 14 Nov 2015, à 14 h 00 min

Créer une « Organic’Vallée », ou le premier centre de l’économie circulaire de la matière organique, c’est le pari osé d’un groupe d’entrepreneurs du Lauragais, près de Toulouse. Concrètement, il s’agit de mettre en lien des activités autour de l’environnement, de l’agriculture et de l’alimentation pour lesquelles les déchets des unes seraient les ressources des autres. Il s’agit de « créer des boucles » de matière et d’énergie pour que les ressources d’un territoire soient utilisées au mieux.

Organic’Vallée : recycler la matière organique

L’un des fondateurs de ce projet est la société CLER VERTS, qui recycle les déchets verts ou organiques pour en faire du compost. Une partie de l’exploitation est dédiée au bois : le bois non traité récupéré est réutilisé en tant que combustible, alors que les déchets d’ameublement sont broyés pour faire des panneaux de particules, réutilisés en meubles : l’idée de recyclage est déjà bien ancrée chez CLER VERTS.

Sont récupérés également les déchets alimentaires de la restauration rapide, des supermarchés et des cantines : on voit donc s’amonceler des montagnes de plats préparés périmés, de fruits et légumes, de pain. Ils sont aujourd’hui broyés et mélangés aux tas de déchets végétaux pour faire du compost. « En revanche, on pourrait très bien en récupérer une bonne partie pour servir par exemple d’alimentation aux animaux », indique Jean-Luc Da Lozzo, fondateur de la société, en montrant un sac de pommes de terre presque intact. « Avec ça, les cochons se régaleraient. C’est le but du projet d’Organic’Vallée que de réutiliser des déchets comme des ressources et de créer des boucles de matière entre les activités ».

© Crédit photo Organic Vallée

 

Plus d’une centaine d’emplois en perspective

Certaines boucles existent déjà sur le territoire. Des partenariats sont mis en place avec les agriculteurs : un éleveur de volailles bio voisin se débarrasse des plumes et des viscères de ses volailles et récupère du compost pour épandre sur ses champs. Un maraîcher bio s’est déjà installé sur les terres de l’Organic’Vallée et récupère le compost pour produire ses légumes.

Et la suite ? « Nous avons acquis 55 hectares de terrain. Nous pouvons installer une dizaine d’activités et créer plus d’une centaine d’emplois », précise Jean-Luc da Lozzo.

Tomates, fromage et biogaz

Les activités prévues sont toutes centrées autour de l’agriculture et de la valorisation de la matière. Les maraîchers et les éleveurs récupèrent le compost et les déchets alimentaires de CLER VERTS ; une légumerie, une unité de séchage et une meunerie profitent des produits cultivés, et de l’énergie produite sur le site. Une unité de méthanisation et une chaudière à biomasse sont en cours de construction.

Organic Vallée

Le chantier du méthanisateur. Crédit photo © Pauline Petit

Des serres profiteront également de cette chaleur, qui produiront des fruits et légumes plus fragiles et récupèreront de l’eau par condensation qui alimenteront… les activités agricoles. Un fromager et un apiculteur souhaitent s’installer sur le site. Une maison a été réaménagée pour accueillir un incubateur d’entreprises, un espace de travail partagé et un centre de formation autour de la permaculture et de l’économie circulaire. Enfin, certaines activités plus originales seront aussi les bienvenues : production d’algues, élevage d’escargots ou production de champignons à partir de marc de café.

Jean-Luc da Lozzo se félicite : « Nous récupérons déjà le marc de café d’une société de distributeurs automatiques de la région. Aujourd’hui, nous en faisons du compost mais nous pourrions bien mieux le valoriser. Les pleurotes poussent particulièrement bien sur ce ‘déchet’. Une porteuse de projet va s’installer sur le site et produire ces champignons, destinés à la consommation locale. De plus, une fois que les champignons ont été cueillis, le reste fait un excellent compost enrichi qui peut servir aux maraîchers » : un bon exemple de boucle qui peut être réalisée sur le site entre les activités.

Dans l’Organic’Vallée, on invente donc une nouvelle forme d’économie, basée sur la coopération plus que sur la compétition, et permettant de relocaliser les circuits économiques en fonction des ressources existantes. « Il s’agit de récupérer les déchets organiques produits par la ville pour les transformer en nourriture pour l’alimenter », précise Jean-Luc da Lozzo. Plutôt intelligent, non ?

Organic Vallée matière organique

Le site de l’Organic Vallée. Crédit photo © Pauline Petit

 

Relocaliser l’activité et les financements

Le modèle économique est coopératif : une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) a été créée en juin 2015. Cela permet à plusieurs acteurs (entreprises, associations, collectivités…) de se regrouper pour créer une activité économique sur le territoire.

Le modèle de financement aussi est participatif : la SCIC va lancer une levée de fonds courant 2016 pour financer son activité auprès des particuliers. « L’objectif est de ne pas recourir au financement bancaire, mais de faire appel à l’épargne citoyenne pour financer le projet. Prendre des parts dans un tel projet est aussi intéressant pour les investisseurs, car ils touchent des intérêts supérieurs à ceux des placements bancaires classiques ».

Le fonctionnement de l’Organic Vallée sera financé par l’installation des activités, puisque chaque porteur de projet qui s’installe va louer l’espace et rémunérer la SCIC en fonction de son chiffre d’affaires.

Un modèle pensé donc globalement, en transversalité, et complètement novateur en France. Et qui pourrait faire des petits : le ministre de l’Agriculture, Stéphane le Foll, en visite sur le site début novembre, a annoncé qu’il soutenait « ce beau projet, très cohérent, en espérant qu’il serve d’exemple à d’autres régions ». Des motivés ?

Références :
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J'ai travaillé dans différents organismes, tous liés de près ou de loin aux questions qui me passionnent : la consommation durable et l'alimentation. J'ai...

3 commentaires Donnez votre avis
  1. BRAVO pour cette belle initiative
    juste un bémol, la « bio-méthanisation » Il m’a fallu longtemps pour réaliser qu’au point de vue de la biosphère, il s’agit d’une technologie suicidaire. Il est évident que son application ponctuelle ne provoquera pas de grand dégâts. Seulement, actuellement on met en place des usines gigantesques de méthanisation mobilisant tous les déchets organiques disponibles en quantités énormes. A ce niveau, cette technique renforce considérablement les changements climatiques. Lire à ce sujet l’essai accessible sur eautarcie.org, et vous comprendrez qu’en adoptant une vision globale tenant compte des problèmes d’eau, de la production alimentaire mondiale et l’état de délabrement avancé de la biosphère, nous ne pouvons plus nous permettre le luxe de détruire de quantités énormes de matières premières d’humus potentiel qui constitue le puits de carbone le plus performant, pour la maîtrise des changements climatiques.
    L’infrastructure susceptible de ralentir et même arrêter les changements climatique mobilisera tous les déchets organiques qu’on détruit actuellement sous prétexte d’épuration et de production d’énergie verte – y compris le bio-méthane.
    Le rendement énergétique (la quantité d’énergie produite par kg de biomasse mobilisée) de la bio-méthanisation est extrêmement faible. Compter donc sur cette technique pour l’approvisionnement de la population en gaz est non seulement peu réaliste, mais constitue un danger non négligeable pour l’appauvrissement de la biosphère.
    Déjà en 1973, à l’échelle européenne, on a fait une étude pour évaluer les potentialités des énergies vertes. En mobilisant toutes les terres agricoles pour ce type de production, on couvrirait moins de 5% de l’énergie consommée à cette époque. Actuellement ce pourcentage est encore plus bas.
    L’argumentation suivant laquelle, le digestat de bio-méthane est un bon fertilisant est tout à fait illusoire. Le caractère fertilisant provient de la formation de nitrate d’ammonium pendant la digestion. On oublie que ce faisant, les structures moléculaires (matières protéiques, acides aminés, cellulose, lignine, etc.) du substrat à digérer est indispensable et irremplaçable pour la formation d’humus. Au départ du digestat, même après compostage, on ne forme que très peu d’acides humiques, une petite fraction de ceux qui se formerait par compostage aérobie de la matière organique introduite dans les digesteurs.
    Rien ne vous empêche d’installer chez vous un digesteur pour produire du gaz pour cuisiner par exemple. Dans ce cas, il faudrait voir grand. Compter sur vos déjections mélangées avec les déchets de jardin, c’est restreindre fortement vos besoin énergétique pour la cuisine. Avec les déjection quotidienne d’une personne, on peut produite de biogaz pour porter à l’ébullition 1,8 litre d’au de 20°C, en supposant que le rendement de votre cuisinière est 100%, ce qui est loin d’être le cas.
    Pour couvrir les besoins en gaz pour la cuisine d’une famille de 3 personnes, il faut disposer du fumier d’au moins 10 porcs + une quantité considérable de paille.
    La récupération de la chaleur de compostage thermogène est une technologie expérimentale crédible et prometteur. Des expériences faites en Hongrie semblent donner de résultats satisfaisants. Pour assurer le chauffage de base d’une maison familiale de 180 m² habitable, il faut mobiliser env. 10 m³ de broyat de végétaux. La « chaudière à compost » est un tas dans lequel se trouve un échangeur de chaleur, un tube en plastique rigide d’un pouce, long de 70 m. Ce tube est raccordé au circuit de chauffage au sol. Une pompe à circulation assure le mouvement d’eau dans le circuit de chauffage. Cette maison (relativement mal isolée) est chauffée à présent au quatrième hiver. Il s’agit seulement d’un chauffage de base qui assure une température de l’ordre de 18°C dans l’habitation. Pour monter la température, la famille utilise un petit foyer au bois qui sert aussi pour la cuisine. Dans une maison à basse consommation d’énergie, le résultat serait meilleur. Quand on ramène la quantité d’énergie produite par une chaudière à compost par kg de matière organique « brûlée » (en fait oxydée) par le compostage, le rendement est bien plus élevé qu’avec la production de bio-méthane.
    Dans ces chaudières à compost, la température est au-dessus de 50°C pendant les deux premiers mois, Après, la température baisse progressivement. Même à la fin de l’hiver, le plancher de l’habitation est encore à 25°C.
    L’Arvor Compost en Bretagne produit du compost au départ des déchets verts de la ville de Vannes imprégnés de lisier d’élevage. Le compostage rapide (quelques semaines) produit du compost qu’on vend dans le commerce. Le processus de compostage est activé par introduction périodique d’air dans les tas de compost, dont la température monte à 90°C!
    D’après mes estimations, en mettant des échangeurs de chaleur dans ce compost, on pourrait chauffer un quartier urbain.
    Ceux qui chauffent en Hongrie leur maison à la chaleur de compost, prétendent que « la partie la plus précieuse de l’opération n’est même pas la chaleur de compostage, mais le compost de haute qualité obtenu ».

  2. BRAVO pour cette belle initiative
    juste un bémol, la « bio-méthanisation »… Il m’a fallu longtemps pour réaliser qu’au point de vue de la biosphère, il s’agit d’une technologie suicidaire. Il est évident que son application ponctuelle ne provoquera pas de grand dégâts. Seulement, actuellement on met en place des usines gigantesques de méthanisation mobilisant tous les déchets organiques disponibles en quantités énormes. A ce niveau, cette technique renforce considérablement les changements climatiques. Lire à ce sujet eautarcie.org, et vous comprendrez qu’en adoptant une vision globale tenant compte des problèmes d’eau, de la production alimentaire mondiale et l’état de délabrement avancé de la biosphère, nous ne pouvons plus nous permettre le luxe de détruire de quantités énormes de matières premières d’humus potentiel qui constitue le puits de carbone le plus performant, pour la maîtrise des changements climatiques.

    L’infrastructure susceptible de ralentir et même arrêter les changements climatique mobilisera tous les déchets organiques qu’on détruit actuellement sous prétexte d’épuration et de production d’énergie verte – y compris le bio-méthane.

    Le rendement énergétique (la quantité d’énergie produite par kg de biomasse mobilisée) de la bio-méthanisation est extrêmement faible. Compter donc sur cette technique pour l’approvisionnement de la population en gaz est non seulement peu réaliste, mais constitue un danger non négligeable pour l’appauvrissement de la biosphère.

    Déjà en 1973, à l’échelle européenne, on a fait une étude pour évaluer les potentialités des énergies vertes. En mobilisant toutes les terres agricoles pour ce type de production, on couvrirait moins de 5% de l’énergie consommée à cette époque. Actuellement ce pourcentage est encore plus bas.

    L’argumentation suivant laquelle, le digestat de bio-méthane est un bon fertilisant est tout à fait illusoire. Le caractère fertilisant provient de la formation de nitrate d’ammonium pendant la digestion. On oublie que ce faisant, les structures moléculaires (matières protéiques, acides aminés, cellulose, lignine, etc.) du substrat à digérer est indispensable et irremplaçable pour la formation d’humus. Au départ du digestat, même après compostage, on ne forme que très peu d’acides humiques, une petite fraction de ceux qui se formerait par compostage aérobie de la matière organique introduite dans les digesteurs.

    Rien ne vous empêche d’installer chez vous un digesteur pour produire du gaz pour cuisiner par exemple. Dans ce cas, il faudrait voir grand. Compter sur vos déjections mélangées avec les déchets de jardin, c’est restreindre fortement vos besoin énergétique pour la cuisine. Avec les déjection quotidienne d’une personne, on peut produite de biogaz pour porter à l’ébullition 1,8 litre d’au de 20°C, en supposant que le rendement de votre cuisinière est 100%, ce qui est loin d’être le cas.

    Pour couvrir les besoins en gaz pour la cuisine d’une famille de 3 personnes, il faut disposer du fumier d’au moins 10 porcs + une quantité considérable de paille.

    La récupération de la chaleur de compostage thermogène est une technologie expérimentale crédible et prometteur. Des expériences faites en Hongrie semblent donner de résultats satisfaisants. Pour assurer le chauffage de base d’une maison familiale de 180 m² habitable, il faut mobiliser env. 10 m³ de broyat de végétaux. La « chaudière à compost » est un tas dans lequel se trouve un échangeur de chaleur, un tube en plastique rigide d’un pouce, long de 70 m. Ce tube est raccordé au circuit de chauffage au sol. Une pompe à circulation assure le mouvement d’eau dans le circuit de chauffage. Cette maison (relativement mal isolée) est chauffée à présent au quatrième hiver. Il s’agit seulement d’un chauffage de base qui assure une température de l’ordre de 18°C dans l’habitation. Pour monter la température, la famille utilise un petit foyer au bois qui sert aussi pour la cuisine. Dans une maison à basse consommation d’énergie, le résultat serait meilleur. Quand on ramène la quantité d’énergie produite par une chaudière à compost par kg de matière organique « brûlée » (en fait oxydée) par le compostage, le rendement est bien plus élevé qu’avec la production de bio-méthane.

    Dans ces chaudières à compost, la température est au-dessus de 50°C pendant les deux premiers mois, Après, la température baisse progressivement. Même à la fin de l’hiver, le plancher de l’habitation est encore à 25°C.

    L’Arvor Compost en Bretagne produit du compost au départ des déchets verts de la ville de Vannes imprégnés de lisier d’élevage. Le compostage rapide (quelques semaines) produit du compost qu’on vend dans le commerce. Le processus de compostage est activé par introduction périodique d’air dans les tas de compost, dont la température monte à 90°C!

    D’après mes estimations, en mettant des échangeurs de chaleur dans ce compost, on pourrait chauffer un quartier urbain.

    Ceux qui chauffent en Hongrie leur maison à la chaleur de compost, prétendent que « la partie la plus précieuse de
    l’opération n’est même pas la chaleur de compostage, mais le compost de haute qualité obtenu ».

    En savoir plus sur https://www.consoglobe.com/organicvallee-matiere-organique-cg#xwC1yRXEqF8djuFs.99

  3. BRAVO pour cette belle initiative
    juste un bémol, la « bio-méthanisation » Il m’a fallu longtemps pour réaliser qu’au point de vue de la biosphère, il s’agit d’une technologie suicidaire. Il est évident que son application ponctuelle ne provoquera pas de grand dégâts. Seulement, actuellement on met en place des usines gigantesques de méthanisation mobilisant tous les déchets organiques disponibles en quantités énormes. A ce niveau, cette technique renforce considérablement les changements climatiques. Lire à ce sujet l’essai accessible avec le lien eautarcie.org/07b.html, et vous comprendrez qu’en adoptant une vision globale tenant compte des problèmes d’eau, de la production alimentaire mondiale et l’état de délabrement avancé de la biosphère, nous ne pouvons plus nous permettre le luxe de détruire de quantités énormes de matières premières d’humus potentiel qui constitue le puits de carbone le plus performant, pour la maîtrise des changements climatiques.

    L’infrastructure susceptible de ralentir et même arrêter les changements climatique mobilisera tous les déchets organiques qu’on détruit actuellement sous prétexte d’épuration et de production d’énergie verte – y compris le bio-méthane.

    Le rendement énergétique (la quantité d’énergie produite par kg de biomasse mobilisée) de la bio-méthanisation est extrêmement faible. Compter donc sur cette technique pour l’approvisionnement de la population en gaz est non seulement peu réaliste, mais constitue un danger non négligeable pour l’appauvrissement de la biosphère.

    Déjà en 1973, à l’échelle européenne, on a fait une étude pour évaluer les potentialités des énergies vertes. En mobilisant toutes les terres agricoles pour ce type de production, on couvrirait moins de 5% de l’énergie consommée à cette époque. Actuellement ce pourcentage est encore plus bas.

    L’argumentation suivant laquelle, le digestat de bio-méthane est un bon fertilisant est tout à fait illusoire. Le caractère fertilisant provient de la formation de nitrate d’ammonium pendant la digestion. On oublie que ce faisant, les structures moléculaires (matières protéiques, acides aminés, cellulose, lignine, etc.) du substrat à digérer est indispensable et irremplaçable pour la formation d’humus. Au départ du digestat, même après compostage, on ne forme que très peu d’acides humiques, une petite fraction de ceux qui se formerait par compostage aérobie de la matière organique introduite dans les digesteurs.

    Rien ne vous empêche d’installer chez vous un digesteur pour produire du gaz pour cuisiner par exemple. Dans ce cas, il faudrait voir grand. Compter sur vos déjections mélangées avec les déchets de jardin, c’est restreindre fortement vos besoin énergétique pour la cuisine. Avec les déjection quotidienne d’une personne, on peut produite de biogaz pour porter à l’ébullition 1,8 litre d’au de 20°C, en supposant que le rendement de votre cuisinière est 100%, ce qui est loin d’être le cas.

    Pour couvrir les besoins en gaz pour la cuisine d’une famille de 3 personnes, il faut disposer du fumier d’au moins 10 porcs + une quantité considérable de paille.

    La récupération de la chaleur de compostage thermogène est une technologie expérimentale crédible et prometteur. Des expériences faites en Hongrie semblent donner de résultats satisfaisants. Pour assurer le chauffage de base d’une maison familiale de 180 m² habitable, il faut mobiliser env. 10 m³ de broyat de végétaux. La « chaudière à compost » est un tas dans lequel se trouve un échangeur de chaleur, un tube en plastique rigide d’un pouce, long de 70 m. Ce tube est raccordé au circuit de chauffage au sol. Une pompe à circulation assure le mouvement d’eau dans le circuit de chauffage. Cette maison (relativement mal isolée) est chauffée à présent au quatrième hiver. Il s’agit seulement d’un chauffage de base qui assure une température de l’ordre de 18°C dans l’habitation. Pour monter la température, la famille utilise un petit foyer au bois qui sert aussi pour la cuisine. Dans une maison à basse consommation d’énergie, le résultat serait meilleur. Quand on ramène la quantité d’énergie produite par une chaudière à compost par kg de matière organique « brûlée » (en fait oxydée) par le compostage, le rendement est bien plus élevé qu’avec la production de bio-méthane.

    Dans ces chaudières à compost, la température est au-dessus de 50°C pendant les deux premiers mois, Après, la température baisse progressivement. Même à la fin de l’hiver, le plancher de l’habitation est encore à 25°C.

    L’Arvor Compost en France produit du compost au départ des déchets verts de la ville de Vannes imprégnés de lisier d’élevage. Le compostage rapide (quelques semaines) produit du compost qu’on vend dans le commerce. Le processus de compostage est activé par introduction périodique d’air dans les tas de compost, dont la température monte à 90°C!

    D’après mes estimations, en mettant des échangeurs de chaleur dans ce compost, on pourrait chauffer un quartier urbain.

    Ceux qui chauffent en Hongrie leur maison à la chaleur de compost, prétendent que « la partie la plus précieuse de
    l’opération n’est même pas la chaleur de compostage, mais le compost de haute qualité obtenu ».

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