Néonicotinoïdes : le bras de fer entre le gouvernement et les défenseurs de l’environnement continue

Alors que les députés ont adopté en commission la très controversée réautorisation des pesticides néonicotinoïdes, des associations d’apiculteurs et des défenseurs de l’environnement ont organisé un « happening » sur l’esplanade des Invalides pour tenter de leur faire changer d’avis.

Rédigé par Anton Kunin, le 24 Sep 2020, à 11 h 59 min

L’amendement instaurant une dérogation pour l’utilisation des néonicotinoïdes sera débattu dans l’hémicycle le 5 octobre 2020. Si les associations s’y opposent, c’est parce que les néonicotinoïdes tuent les abeilles, rendant impossible la pollinisation.

Néonicotinoïdes : pour les associations, le gouvernement se trompe sur l’étendue du risque

C’est sur l’esplanade des Invalides, non loin de l’Assemblée nationale, que les associations d’apiculteurs et les défenseurs de l’environnement ont choisi d’organiser un « happening » le 23 septembre 2020 pour rappeler aux députés que les néonicotinoïdes, que le gouvernement entend réautoriser provisoirement pour venir en aide à la filière de la betterave, représentent un grave danger pour les abeilles. 577 pancartes avec de grandes images d’abeilles (le nombre faisant référence au nombre de députés) avaient été installées sur la pelouse.

« Pour faire accepter ce grave retour en arrière en matière de protection de l’environnement et de santé publique, les défenseurs de la dérogation n’ont reculé devant aucune manipulation, tant sur le plan de la réalité du risque pour les pollinisateurs que sur celui de l’origine réelle des difficultés du secteur de la betterave, » ont tenu à faire savoir à la veille de ce « happening » les associations, parmi lesquelles Agir pour l’Environnement, Alerte des Médecins sur les Pesticides, Générations Futures Greenpeace France, Justice Pesticides, le Syndicat National d’Apiculture, Union Nationale de l’Apiculture Française, Terre d’Abeilles et Pollinis.

Si les néonicotinoïdes sont réautorisés, ce sera un désastre pour les abeilles

neonicotinoides gouvernement

Même utilisés en décalage de la saison, les néonicotinoïdes restent un danger pour les abeilles – © Sushaaa

Études à l’appui, ces associations rappellent que le fait que la betterave soit récoltée avant floraison ne diminue pas le risque pour les pollinisateurs car il avait été scientifiquement prouvé que les néonicotinoïdes se diffusent à grande échelle dans l’environnement et contaminent également les cultures plantées en dehors du voisinage immédiat ou plusieurs années après l’application de l’insecticide. Et cela, même lorsqu’ils sont utilisés en enrobage des semences et non pas pulvérisation. En enrobage de semence, la plante absorbe 20 % tout au plus de la matière active, et plus de 80 % se répand dans l’environnement.

D’après le calcul des associations, si les néonicotinoïdes sont réautorisés, il faudra s’attendre à ce que les agriculteurs en mettent beaucoup. En 2016, selon l’Anses, 98 % des surfaces de betteraves étaient traitées avec des néonicotinoïdes en enrobage de semences. Si on considère que la dose appliquée en traitement est de 60g/hectare et qu’on multiplie par la surface concernée, on obtient un total de 27 tonnes de néonicotinoïdes par an. Cela, alors que 4 nanogrammes de ces pesticides suffisent pour tuer 50 % d’une population d’abeilles exposées.

Illustration bannière : Neonicotinoides gouvernement – © Photografiero
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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