Chikungunya : pourquoi la France devient une zone à risque
Le chikungunya progresse en France métropolitaine à mesure que le moustique tigre colonise le territoire. Face à cette menace sanitaire grandissante, les professionnels alertent sur l’urgence d’un traitement anti-moustiques plus préventif, dans un contexte marqué aussi par la prolifération d’autres nuisibles comme le frelon asiatique.

Alors que 81 départements sur 96 étaient déjà colonisés par cet insecte début 2025, les autorités sanitaires et les professionnels de la lutte contre les nuisibles insistent désormais sur l’importance d’une stratégie de traitement anti-moustiques renforcée.
Une progression inquiétante des nuisibles en France métropolitaine
Le chikungunya, maladie caractérisée notamment par de fortes douleurs articulaires et de la fièvre, n’est plus un risque lointain. Il s’installe progressivement dans l’Hexagone. En 2025, un cas autochtone a été identifié dans le Var, preuve d’une transmission locale, tandis qu’une trentaine de cas similaires ont été recensés depuis 2010. Cette évolution s’inscrit dans un phénomène plus large : plus de 800 cas autochtones de maladies transmises par les moustiques ont été enregistrés en 2025 en France, un niveau inédit. La circulation virale est désormais qualifiée de « sans précédent » pour le pays.
Dans le même temps, le moustique tigre, vecteur principal du chikungunya, poursuit son expansion rapide. Introduit en France en 2004, il est aujourd’hui implanté dans la grande majorité du territoire. Santé publique France évoque ainsi une présence dans 81 départements, tandis que l’Anses en recensait déjà 78 en 2024. Cette progression constante traduit une dynamique difficile à enrayer.
Chikungunya : l’urgence d’une réponse préventive
Face à cette menace, les professionnels du secteur tirent la sonnette d’alarme. Les interventions contre les nuisibles — moustiques en tête — sont en forte hausse en France. Cette tendance illustre une pression accrue sur les services de désinsectisation. Cependant, les spécialistes plaident pour un changement de paradigme. Plutôt que d’intervenir uniquement après l’apparition de cas, ils recommandent une approche préventive. L’objectif est de limiter la prolifération des moustiques avant qu’ils ne deviennent vecteurs de maladies.
Les autorités publiques appliquent déjà des protocoles stricts. D’après le ministère de la Transition écologique, des opérations de démoustication sont déclenchées rapidement autour des cas humains afin d’éviter toute transmission locale. Ces interventions ciblées peuvent être mises en oeuvre en quelques jours, parfois dans un délai de trois jours après la détection d’un cas suspect.
Néanmoins, cette stratégie réactive ne suffit plus. L’extension géographique du moustique tigre impose une vigilance constante. Les zones urbaines, où l’eau stagnante favorise la reproduction des larves, deviennent des foyers privilégiés. Les traitements anti-moustiques doivent donc s’inscrire dans une logique de prévention à long terme.

Moustique tigre
Moustique tigre en France : les gestes indispensables pour s’en protéger
Moustique tigre et frelon asiatique : la montée des espèces invasives
La progression du moustique tigre s’inscrit dans un phénomène plus global : celui de la multiplication des espèces invasives en France. Parmi elles, le frelon asiatique constitue une autre source d’inquiétude majeure. Ces espèces prolifèrent sous l’effet combiné de la mondialisation et du changement climatique. Le moustique tigre, notamment, est considéré comme l’un des insectes les plus invasifs au monde. Sa capacité d’adaptation lui permet de coloniser rapidement de nouveaux territoires.
Le frelon asiatique, quant à lui, perturbe les écosystèmes et menace les populations d’abeilles. Bien que son impact sanitaire direct soit différent de celui du moustique tigre, sa présence renforce la pression globale exercée par les nuisibles.
Ce double phénomène traduit une transformation profonde de l’environnement. Les hivers plus doux et les épisodes pluvieux favorisent la survie et la reproduction de ces espèces. Résultat : la saison d’activité des moustiques s’allonge désormais du printemps jusqu’à l’automne, voire jusqu’en novembre.

Frelon asiatique
Un risque sanitaire durable
Le changement climatique joue un rôle déterminant dans cette évolution. La saison des moustiques s’intensifie et s’allonge en Europe, créant des conditions propices à la transmission de virus comme le chikungunya. Les autorités sanitaires estiment désormais que la probabilité d’épidémies en France est « assez élevée ».
Dans ce contexte, la gestion des nuisibles devient un enjeu de santé publique majeur. Le chikungunya, autrefois cantonné aux zones tropicales, s’installe progressivement dans le paysage sanitaire français. Cette évolution impose une adaptation rapide des politiques publiques et des comportements individuels.
La prévention repose notamment sur des gestes simples mais essentiels : élimination des eaux stagnantes, installation de dispositifs de protection et recours à des traitements adaptés. À défaut, la progression du moustique tigre pourrait continuer à favoriser l’émergence de nouveaux foyers de transmission.
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Dommage,la photo légendée « frelon asiatique » montre un magnifique frelon européen bien de chez nous ! L’asiatique est noir avec un peu de jaune sur l’abdomen. L’européen est rouge et jaune. Comme sur la photo. Un peu de rigueur est souhaitable…