Fourmi de feu dans le Var : pourquoi cette espèce inquiète ?
Discrète, presque invisible à l’oeil nu, mais capable de bouleverser des écosystèmes entiers, la fourmi de feu refait parler d’elle dans le sud de la France.

Avec la découverte de nouveaux foyers dans le Var, l’inquiétude monte chez les autorités comme chez les habitants, confrontés à une espèce invasive à la fois agressive et difficile à éradiquer.
Ce qu’il faut retenir
- La fourmi de feu progresse dans le Var avec plusieurs foyers confirmés en 2026.
- Sa piqûre provoque douleurs, cloques et parfois des réactions allergiques sévères.
- Elle menace fortement la biodiversité en éliminant les espèces locales.
- Son éradication est complexe et peut coûter jusqu’à 200.000 € par foyer.
- La vigilance des particuliers est essentielle pour limiter sa propagation.
Une fourmi de feu invasive et ultra-adaptable
Détectée pour la première fois en France métropolitaine en 2022, la fourmi de feu, également appelée fourmi électrique et connue sous son nom scientifique de Wasmannia auropunctata, est originaire d’Amérique du Sud. Elle s’est depuis installée dans le Var, où plusieurs foyers ont été identifiés, notamment à Toulon et à La Croix-Valmer. Cependant, la situation s’est aggravée. Début avril 2026, un troisième foyer a été confirmé, signalant une progression inquiétante de cette espèce invasive.Ce qui rend la fourmi électrique particulièrement redoutable, c’est sa capacité d’adaptation. Elle colonise aussi bien les milieux naturels que les jardins, les cultures ou les zones urbaines. Selon l’Office français de la biodiversité, elle peut même se reproduire par clonage en milieu anthropisé, accélérant sa propagation. Une seule reine peut pondre jusqu’à 70 oeufs par jour, et certaines colonies atteignent des densités extrêmes, jusqu’à 4.000 individus par mètre carré.Autre particularité : ces fourmis forment des réseaux de colonies interconnectées. Résultat, éliminer un nid ne suffit pas toujours à stopper l’invasion.
Pourquoi la fourmi de feu est-elle dangereuse pour l’homme ?
Malgré sa taille minuscule – environ 1,5 millimètre – la fourmi de feu est loin d’être inoffensive. Sa piqûre, souvent décrite comme brûlante, peut provoquer des douleurs intenses, des cloques, voire des réactions allergiques sévères. L’exposition à son vénin occasionne des irritations, des cloques et de fortes douleurs.Mais le principal danger reste écologique. Classée parmi les 100 pires espèces invasives au monde, la fourmi électrique est capable de décimer les insectes locaux, de perturber les chaînes alimentaires et de menacer la biodiversité. Dans certaines régions du monde, elle a même contribué à la disparition d’espèces entières.

Fourmi de feu : une lutte complexe et coûteuse
Face à cette invasion, la question du traitement est centrale. Pourtant, les solutions restent limitées et souvent coûteuses. Contrairement aux idées reçues, les insecticides classiques sont généralement inefficaces contre lr Wasmannia auropunctata. En cause : la structure des colonies et leur capacité à se fragmenter. Une mauvaise intervention peut même aggraver la situation en dispersant les individus.Les autorités expérimentent donc des méthodes plus ciblées, inspirées de programmes menés en Australie ou en Nouvelle-Calédonie. Il s’agit notamment d’utiliser des appâts spécifiques permettant d’atteindre les reines. Mais ces opérations ont un coût élevé : celui de l’éradication d’un seul foyer peut atteindre environ 200.000 euros. Un investissement conséquent, qui illustre la difficulté à contenir cette espèce.Par ailleurs, la prévention reste un levier essentiel. La propagation de la fourmi de feu est souvent liée au transport de végétaux ou de déchets verts contaminés. C’est pourquoi les autorités recommandent de limiter les déplacements de plantes et de signaler toute suspicion.
Que faire en cas de présence de fourmi électrique ?
Face à la progression de la fourmi de feu, les autorités appellent à la vigilance citoyenne. Plusieurs gestes simples peuvent faire la différence. D’abord, il est crucial de ne pas manipuler les nids ni tenter de traitement amateur. Une intervention mal maîtrisée peut favoriser la dispersion des colonies. Ensuite, toute observation suspecte doit être signalée aux services compétents. En France, des dispositifs existent pour identifier et suivre la propagation de cette espèce invasive.Enfin, les particuliers sont invités à surveiller leurs jardins, notamment lors de l’achat ou de l’échange de plantes. Les fourmis peuvent se cacher dans les mottes de terre, facilitant leur dissémination.Dans le Var, où plusieurs foyers sont désormais actifs en avril 2026, les autorités redoutent une installation durable de l’espèce. Une perspective préoccupante, alors que la lutte contre les espèces exotiques envahissantes constitue déjà un défi majeur pour la biodiversité.
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