La révolution du partage et des MOOCs bouleverse les cours d’HEC et de Polytechnique

Rédigé par Eva Souto, le 19 Nov 2013, à 12 h 57 min

Les grandes écoles renouent avec le partage des connaissances sur Internet HEC

Mais la volonté de partage de la science est forte et s’empare des grandes écoles. C’est ainsi qu’HEC Paris tente l’expérience depuis un an en publiant les cours de l’école en ligne.

Et l’opération rencontre un franc succès. Les cours diffusés se trouvent dans la liste des plus regardés sur iTunes. L’ENS va quant à elle lancer ses cours en ligne au printemps prochain. Elle proposera trois parcours en philosophie, en mathématiques et en physique (pour s’inscrire : https://www.coursera.org/ens). Mais cette pratique est loin d’être une nouveauté. En effet, l’école Polytechnique l’expérimente déjà depuis une décennie. L’école met en ligne la quasi-totalité de ses polycopiés de cours, ses transparents de cours ou encore ses feuilles d’exercices depuis une dizaine d’années.

Des cours filmés ont également été partagés sur internet. Mais les écoles font souvent face à des difficultés lorsqu’il est question de diffuser le savoir. L’Université de Stanford en Californie a été le moteur du programme Coursera avec déjà près de 3 millions d’utilisateurs, 450 cours différents, disponibles sur 4 continents, et avec 60 universités partenaires dont Polytechnique depuis Septembre de cette année (http://www.youtube.com/watch?v=U6FvJ6jMGHU)

Encore quelques petites difficultés techniques et pratiques

Cette éducation collaborative est encore aujourd’hui dépendante des conditions techniques. Souvent les contenus postés n’ont pas pu être maintenus en ligne pour des raisons techniques. En effet, par exemple pour les vidéos, l’infrastructure nécessaire à fournir des flux vidéos s’avère supérieure à celle nécessaire pour fournir des documents textuels et il n’est pas toujours évident de la maintenir.

De plus, le cours magistral de 2h filmé n’est pas toujours le format privilégié pour diffuser la connaissance. L’attention derrière un ordinateur s’érode plus facilement et plus rapidement que lors d’un vrai cours.

Les pays émergents …. à fond vers l’éducation ouverte

Créé fin 2009 en Inde, Piazza est un projet entièrement financé par les fonds d’investissements et qui n’a pas à ce jour de revenus !

mooc-piazzaSa fondatrice, Poojah Sankar, a grandi en Inde avant de faire ses études dans la Silicon Valley et de lancer sa start up à Palo Alto. Le concept de Piazza est de prolonger les cours universitaires online sur le principe du crowdsourcing.

Pas moins de 155 000 étudiants ont déjà suivi le premier cours d’edX (Harvard/Berkeley/MIT) en 2012 ! Un partenariat EdX-Google a été signé au mois d’août dans le but de lancer une nouvelle plateforme baptisée Mooc.org. Ce nouveau Mooc devrait voir le jour en 2014 avec pour objectif de devenir le « Youtube des Moocs ».

internet-low-costCette évolution risque fort de s’accélérer brutalement avec la démocratisation continue des outils d’accès à internet :

Il existe déjà une tablette internet à 40$ et elle va être rapidement diffusée dans les pays les plus peuplés du monde (Inde, Chine, Afrique, …).

Mozilla, de son coté, lance un smartphone Mozilla (ZTE) en Amérique du Sud, en Pologne et Espagne pour 70$. La version à moins de 50$ est dans les tuyaux.

Ajoutée au triomphe du « cloud«  pour stocker peu cher des contenus qui seront accessibles de partout, cette banalisation de l’internet mobile et puissant va rendre irréversible l’accès à tous des cours des grandes écoles et universités du monde entier.

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Eva est passionnée d’écriture. Elle est sensible aux sujets de société, et en particulier, à ceux qui touchent au développement durable, au commerce...

3 commentaires Donnez votre avis
  1. Il faudrait arrêter de mettre des âneries en titre : il ne s’agit pas de l’école en général, tous vos exemples le montrent, mais de certaines disciplines universitaires, bref la pointe de la pyramide scolaire. Les créateurs de MOOC le reconnaissent eux-mêmes, cela ne marche qu’auprès d’étudiants qui ont 1) une grande maîtrise de la lecture 2) une pratique réelle de l’outil informatique, et non pas comme l’immense majorité de nos contemporains (dont beaucoup de journalistes) une croyance magique dans ses vertus universelles 3)une véritable possibilité de réinvestir cela dans une pratique d’échanges avec… un prof pas virtuel du tout.
    Donc des mérites incontestables, à condition de ne pas croire comme autrefois que les antibiotiques soignent tout ou que les problèmes du monde vont être résolus par l’énergie atomique ou que la faim dans le monde serait vaincue par une nourriture en pilules (je n’invente rien, tout cela a été répété des millions de fois dans les années 50 !)
    Et le problème terrible est qu’on a constaté partout que l’usage fréquent de l’informatique au service de la connaissance n’est vraiment efficace qu’auprès de bons lecteurs cultivés : bref, hélas, tant qu’on accorde plus d’importance aux gadgets qu’aux apprentissages de base, on est en train de creuser de plus en plus le fossé entre les plus savants et les innombrables analphabètes et illettrés de notre monde.
    C’est l’inventeur de la carte à puce lui-même qui disait dans les années 80 que le plan « informatique pour tous » était un colossal et stupide gaspillage, et qu’avec cet argent on aurait pu acheter des milliers de pianos pour les écoles, l’enseignement artistique précoce enrichissant plus la créativité que le maniement maladroit de machines très rapidement obsolètes. Aucun politique, de droite, de gauche ou écolo, n’a voulu réfléchir à cela, ne serait-ce qu’un instant. Je connais un créateur de Mooc de l’ENS qui pense à peu près la même chose… et sait qu’il risque fort de n’être pas entendu.

  2. JE SUIS CONTRE LES DROITS D’AUTEUR POUR LA CONNAISSANCE.
    Quand on a pas les moyens de se payer une école ou grande école, c’est bien la seule possibilité de pouvoir progresser.L’internet a cours gratuits… c’est formidable!
    Parmi de petites gens, il y en a qui pourront faire des merveilles avec cette gratuité.Il faut aller en avant, pour l’avenir. De multiples exemples nous prouvent que nous sommes à un grand changement dans le monde. C’est à favoriser!

  3. Merci pour ces infos claires et accessibles.
    Bravo pour avoir choisi de transmettre cette information.
    B

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