La révolution du partage et des MOOCs bouleverse les cours d’HEC et de Polytechnique

Rédigé par Eva Souto, le 19 Nov 2013, à 12 h 57 min

La révolution du partage et de la conso collaborative ne concerne pas que les machines à laver, les voitures ou les livres ! Loin de là. Tout doucement, cette mentalité basée sur l’ouverture et la coopération gagne bien des secteurs dont, pas le moindre, l’éducation. Avec l’irruption des MOOCs, ces cours en libre accès dans le monde entier, les meilleures écoles du monde se mettent au diapason du partage et font leur révolution

Des cours librement accessibles sur internet

Les grandes écoles comme Stanford, HEC, Polytechnique reviendraient-elles aux sources premières de l’outil internet, en proposant leurs cours en libre accès ?

Internet : un outil collaboratif inventé par des universitaires

Il suffit de remonter un peu en arrière pour constater qu’il s’agit bel et bien d’un retour aux sources. En effet, l’histoire d’internet est étroitement liée avec une volonté croissante de développer les premiers réseaux de télécommunication.

L’idée : un réseau informatique, qui permettrait aux utilisateurs de différents ordinateurs de communiquer et de partager des informations. Car si la naissance d’Internet est souvent attribuée, de façon mythique aux armées américaines, l’outil internet a d’abord été développé par des universitaires, pour des universitaires.

Licklider

Joseph Licklider

fleche-suiteEn effet, c’est au début des années 1960, que Joseph Licklider, psycho-physiologiste commence à travailler avec des informaticiens au MIT à la création d’un réseau.

Il présente une thèse très innovante, pour l’époque : selon lui,« l’informatique sera finalement la partie prenante de la formulation des problèmes, du travail de recherche et de la conduite des expériences. Elle interviendra dans l’écriture des textes et dans la recherche des références. En définitive, l’informatique assurera une communication plus facile entre les hommes ».
InternetC’est donc tout naturellement que ce dernier se voit confier en 1965, la direction du département information par la nouvelle agence de recherche du Ministère de la défense, pendant la guerre froide.

Ainsi, le réseau Arpanet fait son apparition en 1969. Contrairement à la volonté première des universitaires, ce dernier n’est pas utilisé comme un objet de mutualisation des ressources mais comme un objet communicant. Dès 1973, se développe même un dispositif de courrier électronique et le contenu des messageries correspond à 75 % du trafic du réseau. La visée première du réseau s’envole : l’outil collaboratif rêvé devient obsolète et se transforme en outil de communication.

Selon Médiamétrie, la France comptait 40,24 millions d’internautes en janvier 2012. Parmi les principaux services Internet utilisés en Europe, on note que 75 % des utilisateurs consultent principalement les annuaires et les encyclopédies et 67 % l’actualité et les informations. Ces chiffres sont symptomatiques de la visée première d’internet, à savoir le partage de l’information et de la connaissance.

mooc-internet-educationMOOC : le partage de cours en ligne, ce n’est pas si nouveau. Le bon vieux CNED français pratique d’ailleurs l’enseignement à distance depuis des années mais de manière fermée et payante.

Internet est devenu un espace de communication, qui malgré son évolution commerciale n’a jamais complètement oublié d’être un outil de collaboration et de partage des connaissances. La volonté de partager la connaissance retrouve avec ces nouveaux outils un intérêt tel que certains sites internet en ont fait leur gagne-pain.

En effet, des sites comme reussitefac.com, bahunet.com, partagetescours.fr ou encore netprof.fr ont fleuri sur la toile. Ils proposent aux étudiants de partager leurs cours et leurs notes et aux professeurs, de publier leurs feuilles de cours ou des vidéos de leur enseignement. Ce qui est nouveau, c’est l’échelle et la sophistication des pratiques qui se développent à toute vitesse sur le plan mondial.

La révolution des MOOCs rebat les cartes de l’éducation

Avec l’apparition des Moocs, les universités et cours en ligne, l’enjeu est simple et massif. Il s’agit de changer l’enseignement (flip class) et – tout simplement ! – de changer le monde en donnant accès gratuitement au savoir de n’importe où sur la planète..

Vous avez dit MOOC ?

bonhomme-croissanceLe sigle MOOC apparaît en 2008 pour désigner un cours suivi en ligne sur internet de n’importe où dans le monde : MOOC signifie « Massive Open Online Course ». Un Mooc est à l’éducation ce qu’un jeu massivement parallèle est à l’univers des jeux vidéos.

Le principe d’un MOOC est proche de la formation par correspondance ou de l’e-learning, mais la révolution et le buzz vient du concept d’ouverture : aucune barrière de compétence ou de frais d’inscription ne sont demandés aux participants.

Comment fonctionne un MOOC en 4 lettres

education-mooc-ouvert– Massif, un nombre illimité de participants peut y participer

– Open, les cours sont accessibles à tous les internautes de manière libre et gratuite Les certifications peuvent être payantes, mais obligatoirement optionnelles.

– Online, l’ensemble (cours, activités, devoirs) du parcours est disponible sur internet. Des modules optionnels (examens en présentiel, par exemple) peuvent être proposés sans pour autant être indispensables dans le suivi de l’intégralité du cours.

– Course, le cours doit répondre à des objectifs pédagogiques avec un ou plusieurs parcours, des productions ou des devoirs à faire pour les participants et non simplement des ressources diffusées en ligne.

point-exclamatiionEn 2001 le MIT aux États-Unis est un des tout premiers établissements a ouvrir ses cours en ligne avec les MIT OpenCourseWare, qui offrent un accès libre à des cours filmés.

Depuis plus de 10 ans la fameuse Khan Academy, une association à but non lucratif, est devenue la plus grande école du monde avec 10 millions d’étudiants grâce à quelques 4 500 vidéos de cours en ligne accessible depuis le monde entier. La Khan Academy vient de nouer un partenariat avec Bibliothèque Sans Frontières en France en Septembre 2013 (http://www.youtube.com/watch?v=gM95HHI4gLk)

L’e-learning, ou l’apprentissage en ligne, rencontre un franc succès : par exemple en Arizona, où l’université virtuelle de Phoenix compte plus d’étudiants que sa version physique. L’université d’Etat s’est ainsi vue attribuer près de 3 fois plus de diplômes en ligne qu’elle n’a décerné de diplômes traditionnels.

Alors, l’université en ligne va-t-elle remplacer le modèle traditionnel français, en suivant peu à peu le modèle américain et devenir l’avenir de l’éducation ?

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Eva est passionnée d’écriture. Elle est sensible aux sujets de société, et en particulier, à ceux qui touchent au développement durable, au commerce...

3 commentaires Donnez votre avis
  1. Il faudrait arrêter de mettre des âneries en titre : il ne s’agit pas de l’école en général, tous vos exemples le montrent, mais de certaines disciplines universitaires, bref la pointe de la pyramide scolaire. Les créateurs de MOOC le reconnaissent eux-mêmes, cela ne marche qu’auprès d’étudiants qui ont 1) une grande maîtrise de la lecture 2) une pratique réelle de l’outil informatique, et non pas comme l’immense majorité de nos contemporains (dont beaucoup de journalistes) une croyance magique dans ses vertus universelles 3)une véritable possibilité de réinvestir cela dans une pratique d’échanges avec… un prof pas virtuel du tout.
    Donc des mérites incontestables, à condition de ne pas croire comme autrefois que les antibiotiques soignent tout ou que les problèmes du monde vont être résolus par l’énergie atomique ou que la faim dans le monde serait vaincue par une nourriture en pilules (je n’invente rien, tout cela a été répété des millions de fois dans les années 50 !)
    Et le problème terrible est qu’on a constaté partout que l’usage fréquent de l’informatique au service de la connaissance n’est vraiment efficace qu’auprès de bons lecteurs cultivés : bref, hélas, tant qu’on accorde plus d’importance aux gadgets qu’aux apprentissages de base, on est en train de creuser de plus en plus le fossé entre les plus savants et les innombrables analphabètes et illettrés de notre monde.
    C’est l’inventeur de la carte à puce lui-même qui disait dans les années 80 que le plan « informatique pour tous » était un colossal et stupide gaspillage, et qu’avec cet argent on aurait pu acheter des milliers de pianos pour les écoles, l’enseignement artistique précoce enrichissant plus la créativité que le maniement maladroit de machines très rapidement obsolètes. Aucun politique, de droite, de gauche ou écolo, n’a voulu réfléchir à cela, ne serait-ce qu’un instant. Je connais un créateur de Mooc de l’ENS qui pense à peu près la même chose… et sait qu’il risque fort de n’être pas entendu.

  2. JE SUIS CONTRE LES DROITS D’AUTEUR POUR LA CONNAISSANCE.
    Quand on a pas les moyens de se payer une école ou grande école, c’est bien la seule possibilité de pouvoir progresser.L’internet a cours gratuits… c’est formidable!
    Parmi de petites gens, il y en a qui pourront faire des merveilles avec cette gratuité.Il faut aller en avant, pour l’avenir. De multiples exemples nous prouvent que nous sommes à un grand changement dans le monde. C’est à favoriser!

  3. Merci pour ces infos claires et accessibles.
    Bravo pour avoir choisi de transmettre cette information.
    B

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