A Marseille, premier procès pour un navire de croisière polluant

Pour la première fois, le tribunal correctionnel de Marseille va juger une infraction aux normes antipollution. Le procès du capitaine du navire de croisière Azura aura bientôt lieu dans la capitale phocéenne.

Rédigé par MEWJ79, le 14 Jul 2018, à 9 h 24 min

C’est une première judiciaire en Méditerranée : un capitaine de navire de croisière est jugé depuis lundi 9 juillet devant le tribunal correctionnel de Marseille pour avoir enfreint les normes anti-pollution.

Le capitaine d’un navire de croisière accusé de pollution atmosphérique

Un procès très attendu a débuté ce lundi 9 juillet 2018, devant le tribunal correctionnel de Marseille. En effet, à la barre, le capitaine d’un bateau de croisière, accusé de ne pas avoir respecté les normes en matière de pollution atmosphérique, alors qu’il se trouvait dans le port de la cité phocéenne.

Pour rappel, en mars dernier, l’Azura accoste dans le port de Marseille. Il est immense : long de 300 mètres, il peut accueillir jusqu’à 3.000 passagers. Et s’il n’a connu aucun problème depuis huit ans qu’il navigue, le bateau de la compagnie P & O Ferries va être contrôlé par des agents du centre de sécurité des navires. Ces derniers vont particulièrement s’intéresser à son carburant.

Une teneur en soufre trop élevée

Ainsi, du fioul est prélevé à bord puis analysé par un laboratoire. Les résultats tombent alors sans appel : la teneur en soufre du carburant utilisé par l’Azura est de 1,68 %, soit au-dessus du seuil réglementaire. En effet, depuis fin 2015, la loi oblige les bateaux à utiliser des carburants ne dépassant pas une teneur en soufre de 1.50 %.

navire pollution marseille

L’Harmony of the Seas, le plus gros paquebot de croisière au monde, dans le port de Marseille ©GERARD BOTTINO / Shutterstock.com

Or, la source d’inquiétude, chez les habitants de la ville, vient de ce soufre contenu dans les carburants et connu pour son impact néfaste sur la santé (maladies respiratoires, bronchites, irritations de la gorge). En 2017 déjà, l’association Cap au Nord avait alerté la ministre de l’Écologie dans une lettre ouverte. Les habitants des 15e et 16e arrondissements de Marseille se disaient victimes de nuisances de pollution de l’air émise par les navires. Il faut dire que ces bateaux sont particulièrement polluants : un seul navire de croisière émettrait autant qu’un million de voitures réunies !

Le procès repoussé au 8 octobre 2018 concernera aussi le groupe Carnival

Et à Marseille, l’avenir s’assombrit : le nombre de bateaux de croisière est en pleine expansion. Premier port de croisière français avec 1,55 million de voyageurs en 2017, il a pour ambition de devenir en 2018 le 4e en Méditerranée, devant Venise. Et ce n’est qu’un début puisque la ville de Jean-Claude Gaudin espère accueillir 2 millions de croisiéristes d’ici 2020.

L’homme, dont la nationalité n’est pas connue, risque en théorie un an de prison et 200.000 euros d’amende. Son procès a été repoussé au 8 octobre 2018. Et il ne concernera pas le seul capitaine de 58 ans, qui n’était pas présent à l’audience, mais également le groupe Carnival, maison-mère de P&O Cruises.

Illustration bannière : Un navire de croisière dans le port de Marseille – © Boris Stroujko

 

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Journaliste, je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.

1 commentaire Donnez votre avis
  1. Oui mais nos politiques s’en foutent, ils préfèrent taxer le vilain automobiliste qui pollue avec sa voiture pour aller travailler; les loisirs avant tout!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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