L’Italie bannit complètement Uber

Deux ans après l’interdiction du service de taxi non professionnel UberPop, voici que les magistrats italiens interdisent l’ensemble des offres d’Uber.

Rédigé par Anton Kunin, le 11 Apr 2017, à 9 h 42 min

La justice italienne vient de donner raison aux syndicats de taxis qui estiment déloyale la concurrence de l’application Uber.

Après une interdiction partielle en 2015, Uber est désormais sommé de se retirer complètement

La marche d’Uber à travers le monde n’est pas sans créer de remous. Après une interdiction totale de l’application dans les États américains du Nevada et de l’Oregon, dans deux États indiens, en Thaïlande ainsi que dans la ville japonaise de Fukuoka, voici qu’une interdiction vient d’être mise en place sur l’ensemble du territoire italien. Deux ans après l’interdiction partielle d’Uber (le fameux UberPop, constitué de chauffeurs non professionnels), les magistrats italiens ont donc choisi d’interdire également UberX, le service de taxi avec des chauffeurs professionnels ainsi que ses déclinaisons XL, Select, Van, Black, Lux et Suv.

Sollicitée par les syndicats de taxis traditionnels, la justice italienne a estimé qu’Uber représentait une concurrence déloyale, en s’appuyant sur une loi de 1992 régissant la fourniture de services de taxi. Une loi adoptée à une époque où les smartphones avec géolocalisation n’existaient pas, et le fait de commander son taxi rien qu’en réalisant quelques gestes tactiles sur son téléphone était impensable. Uber a maintenant 10 jours pour se retirer, faute de quoi la société devra payer 10.000 euros d’amende pour chaque journée au-delà de cette date où ses services seront disponibles.

La législation a du mal à prendre en compte le phénomène Uber

Uber a certes déjà fait réfléchir le législateur italien par le passé. En 2015, des propositions avaient été faites pour amender la loi de 1992 en y inscrivant une différenciation entre les chauffeurs (professionnels ou non) transportant des personnes vers leur destination souhaitée dans un but commercial d’une part, et les chauffeurs non professionnels se déplaçant dans un but personnel prenant des passagers qui feront un bout de chemin ou l’ensemble du trajet avec eux, contre une rémunération ne dépassant pas le strict partage des frais. Il était également proposé que le respect d’un plafond de revenus annuels et une contrainte de 15 heures par semaine d’activités maximum leur soient imposés.

Uber suscite le mécontentement des taxis traditionnels car son offre est moins chère et plus technologique : plus besoin de passer des appels, les chauffeurs se trouvant à proximité du client sont immédiatement alertés via une notification sur leur smartphone dès qu’une course est réservée par celui-ci. Ils appuient ensuite sur un bouton pour signifier qu’ils acceptent de prendre en charge ce passager, et partent à sa rencontre. Ce mode opératoire permet de faire d’énormes économies sur le centre d’appels et de dispatcher les voitures plus rapidement.

Illustration bannière © Prathan Chorruangsak – Shutterstock

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1 commentaire Donnez votre avis
  1. L’Italie à raison, contrairement à la France ou l’on veux le beurre, l’argent du beurre et en prime coucher avec la crémière.

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