Leptospirose : cette zoonose méconnue qui menace l’homme et le chien
Souvent associée aux zones tropicales, la leptospirose progresse pourtant partout dans le monde. Cette zoonose bactérienne, transmise par les animaux, touche chaque année des centaines de milliers de personnes et de chiens.

Mal diagnostiquée, parfois grave, la leptospirose reste pourtant largement ignorée du grand public comme de certains professionnels.
La leptospirose, une zoonose bactérienne transmise par l’environnement
Plusieurs agences sanitaires internationales rappellent que la leptospirose demeure une menace persistante pour la santé humaine et animale. Cette maladie infectieuse, causée par des bactéries du genre Leptospira, illustre parfaitement les liens étroits entre environnement, faune et santé publique. La leptospirose est une zoonose provoquée par des bactéries spiralées appelées Leptospira. Ces agents infectieux circulent principalement chez les animaux, en particulier les rongeurs, les chiens, les bovins et les porcs. Ainsi, l’homme n’est qu’un hôte accidentel de cette zoonose, contractée lors d’une exposition environnementale.
Cependant, la leptospirose ne se transmet pas par simple contact avec un animal. La contamination survient surtout par contact avec de l’eau douce, de la boue ou des sols souillés par l’urine d’animaux infectés. De plus, les bactéries pénètrent dans l’organisme par des plaies cutanées, des muqueuses ou parfois par la conjonctive. La capacité de survie de la leptospirose dans l’environnement explique sa persistance. Les Leptospira peuvent survivre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, dans des milieux humides, notamment après de fortes pluies ou des inondations. Ainsi, les périodes de crues augmentent nettement le risque de transmission de cette zoonose.
Une maladie difficile à diagnostiquer
Chez l’homme, la leptospirose présente des formes cliniques très variables. Après une incubation comprise entre 2 et 30 jours, le plus souvent autour de 5 à 14 jours, les premiers symptômes sont souvent peu spécifiques. Toutefois, fièvre brutale, maux de tête intenses, douleurs musculaires et frissons dominent la phase initiale. Ensuite, chez certains patients, la leptospirose évolue vers une seconde phase plus grave. Cette forme sévère, parfois appelée syndrome de Weil, associe jaunisse, insuffisance rénale, atteinte hépatique et troubles respiratoires. Environ 5 à 10 % des infections humaines évoluent vers ces formes graves.
Chez le chien, la leptospirose se révèle souvent plus brutale. Après une incubation d’environ une semaine, les signes cliniques incluent fièvre, vomissements, diarrhée, fatigue intense et perte d’appétit. De plus, une augmentation de la soif et de la miction alerte fréquemment les vétérinaires. Cependant, les formes sévères chez le chien peuvent entraîner des lésions irréversibles du foie et des reins. Certains chiens développent une insuffisance rénale aiguë, parfois fatale. Ainsi, la leptospirose constitue une urgence vétérinaire majeure, d’autant plus que le chien peut excréter la bactérie dans ses urines et devenir un vecteur de zoonose.
Leptospirose : pensez à vacciner votre chien
La gravité de la leptospirose dépend fortement de la rapidité du diagnostic et de la prise en charge. À l’échelle mondiale, plus d’un million de cas humains sont recensés chaque année, causant environ 60.000 décès. Chez l’homme, le traitement repose sur une antibiothérapie précoce. Les autorités sanitaires recommandent l’utilisation d’antibiotiques adaptés, tels que la doxycycline ou la pénicilline, administrés le plus tôt possible. Dans les formes sévères, une hospitalisation avec soins intensifs devient indispensable.

Chez le chien, le traitement de la leptospirose associe également des antibiotiques spécifiques, administrés sur plusieurs semaines, afin d’éliminer la bactérie et de limiter le portage urinaire. Toutefois, les chiens atteints nécessitent souvent des soins de soutien lourds, incluant perfusions et surveillance rénale.
Enfin, la prévention reste un enjeu central. Chez le chien, la vaccination permet de réduire significativement le risque de formes graves, même si elle ne protège pas contre tous les sérotypes de leptospirose. Chez l’homme, la prévention repose surtout sur l’hygiène, la protection lors d’activités à risque et la gestion environnementale, notamment en zones inondables.
Leptospirose : les bons réflexes pour protéger son chien
La leptospirose est l’une des zoonoses les plus dangereuses pour le chien. Elle évolue rapidement, peut entraîner des atteintes graves des reins ou du foie, et reste parfois mortelle. La prévention est donc essentielle.
La vaccination : un réflexe vital
La vaccination contre la leptospirose fait partie des vaccins fortement recommandés, en particulier pour les chiens vivant en zone rurale ou périurbaine, ceux qui se promènent près des rivières, étangs ou fossés, ainsi que les chiens de chasse, de travail ou très actifs.
Le vaccin ne couvre pas tous les sérotypes, mais il réduit fortement le risque de formes graves. Un rappel annuel est indispensable.
Éviter les eaux stagnantes
Les bactéries responsables de la leptospirose se développent dans les flaques d’eau, mares, fossés et zones boueuses, notamment après de fortes pluies ou des inondations. Il est recommandé de ne pas laisser son chien boire ou se baigner dans une eau douce stagnante, même lorsqu’elle paraît propre.
Limiter les contacts avec les rongeurs

Les rats et les souris constituent les principaux réservoirs de la maladie. Il est conseillé de sécuriser les zones de stockage de nourriture, d’éviter les lieux infestés lors des promenades et de maintenir propres les abords de la maison et du jardin.
Renforcer l’hygiène après les balades à risque
Après une sortie en zone humide, il est recommandé de rincer les pattes et le ventre du chien, de se laver soigneusement les mains et de désinfecter toute plaie, chez l’animal comme chez l’humain. La bactérie peut pénétrer par de simples microcoupures.
Reconnaître les signes d’alerte
Une consultation vétérinaire en urgence s’impose en cas de fatigue brutale, fièvre, vomissements, diarrhées, soif excessive, troubles urinaires ou jaunissement des muqueuses. Plus le traitement est précoce, meilleures sont les chances de survie.
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