Le lobby du sucre s’offre une étude scientifique

Pourquoi le sucre est, dans nos esprits au moins, moins mauvais pour la santé que le gras ? La réponse se trouve dans l’époque trouble des années 60, où les scientifiques, contre quelques milliers de dollars, acceptaient d’adapter les résultats de leurs recherches.

Rédigé par Sybille de la Rocque, le 15 Sep 2016, à 11 h 30 min

Pourquoi pense-t-on que le sucre est moins mauvais que le gras ?

Si, aujourd’hui, le sucre est reconnu pour être à l’origine de nombreuses maladies, il est, dans les consciences populaires, toujours moins nocif que le gras. Une idée reçue qui circule et qui se transmet depuis 50 ans, pour le plus grand bénéfice d’un acteur très influent : le lobby du sucre. Dans une récente étude publiée dans la revue JAMA, un chercheur s’est intéressé aux raisons qui ont permis à cette idée de circuler depuis si longtemps.

Pour comprendre la chronologie des faits, ce chercheur a fouillé dans les archives d’Harvard et lu des milliers de documents, pour remonter au début des années 60, à une époque où les scientifiques s’écharpent sur un sujet : le sucre est-il plus ou moins mauvais que le gras sur la santé ? Le débat paraît interminable et pour mettre fin à la querelle, le lobby du sucre, qui n’est autre que la Fondation pour la recherche sur le sucre (SRF), a décidé de s’offrir une étude de grande ampleur sur le sujet, en incitant, contre rémunération, des scientifiques à faire gagner le sucre.

L’Association du sucre reconnaît son manque de transparence

Lors de sa sortie, l’étude fait beaucoup de bruit et est relayée par de nombreux médias. Ses conclusions sont bien entendu prises au sérieux et l’un des auteurs entre même au ministère de l’Agriculture américain, où il est en charge de la nutrition. En se basant sur cette méta-étude pour laquelle il a été payé 6.500 dollars, soit 50.000 dollars actuellement, il participera notamment à la mise en place des « directives diététiques » des États-Unis.

Aujourd’hui, le lobby du sucre a changé de nom et c’est l’Association du sucre qui a réagi à cette dernière étude, estimant que son auteur avait « recadré les occurrences historiques » pour qu’elles s’alignent avec « la tendance actuelle anti-sucre », mais qu’en effet, le lobby aurait pu faire preuve « d’une plus grande transparence dans l’ensemble de ses activités de recherche ».

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1 commentaire Donnez votre avis
  1. Les » pseudo-science » doivent être jugés pour crimes contre la santé.la santé humaine,animale et surtout planétaires, est entre les mains des pséché qui rendent des services aux politiques malades comme eux.

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