Le Brexit menace les projets électriques français

Les exportations françaises d’électricité vers le Royaume-Uni sont menacées, Paris ayant des doutes sur leur profitabilité dans le contexte du Brexit.

Rédigé par Anton Kunin, le 4 Jan 2017, à 11 h 10 min

C’est un projet très attendu par le Royaume-Uni : pour faire face à des pics de consommation, le pays compte importer de l’électricité française. Mais avec le Brexit et les restrictions commerciales qui pourraient en découler, EDF doute de la profitabilité de ce projet.

Une puissance non négligeable

Deux interconnexions par câbles sous-marins sont actuellement en chantier sous la Manche. Elles sont capables de transporter 1.000 et 1.400 mégawatts d’électricité respectivement. En d’autres mots, une puissance équivalente à celle de deux centrales nucléaires, ou la consommation de 2,5 millions de foyers. Le coût total du projet devrait s’élever à 1,1 milliard d’euros, dont 13 millions ont été financés par l’Union européenne.

Le deuxième projet d’interconnexion, connu sous le nom d’IFA2, aurait dû être approuvé et recevoir un financement avant la fin décembre 2016. Mais le distributeur d’électricité britannique, la National Grid, a repoussé la décision finale à plus tard. Les 600 millions d’euros de financement espérés n’ont toujours pas été distribués. Côté français, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a annoncé lancer ce mois-ci des consultations sur les aspects légaux du Brexit.

cable sous marin

Pose de cable très haute tension sous-marins © Arthiti Kholoet Shutterstock

Pas de décision avant fin décembre

IFA2 aurait dû entrer en service en 2022. Mais compte tenu des consultations qui se prolongent, même si le projet est approuvé, il risque probablement de rater cette échéance. Pour l’instant, la question est de savoir si le Royaume-Uni continuera à faire partie du marché commun européen de l’énergie. Et si oui, quels seront les termes commerciaux de sa participation.

Une liaison électrique entre le Royaume-Uni et la France existe depuis 1961. Sa puissance actuelle est de 160 mégawatts. Mais les résultats de cette première interconnexion se sont révélés décevants car les câbles, posés sur les fonds marins, étaient régulièrement accrochés par les chaluts. C’est alors qu’une nouvelle interconnexion a été construite entre 1974 et 1986, d’une puissance de 2.000 mégawatts cette fois-ci. Le projet d’interconnexion actuel est donc le troisième en date entre les deux pays.

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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. “Pour faire face à des pics de consommation, le pays compte importer de l’électricité française.”
    Pendant ce temps, vu nos nombreux réacteurs nucléaires à l’arrêt, on va importer d’Allemagne ou d’Espagne?

    Plutôt comique!

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