L’impact de l’informatique sur l’environnement est-il sous-estimé ?

Les technologies numériques font tellement partie de notre quotidien qu’elles passeraient presque inaperçues, tant nous sommes occupés à échanger des données, consulter Internet ou trouver des infos grâce aux dernières applications sur smartphone. Des gestes quotidiens qui cachent des besoins importants en énergie et matériaux et pèsent sur la planète. Mais quel est exactement l’impact de l’informatique sur l’environnement ?

Rédigé par Guide TopTen, le 22 Apr 2017, à 10 h 10 min

Les usages numériques qui se multiplient à la maison et au bureau requièrent un nombre croissant d’équipements électroniques. Pas seulement les appareils que nous avons entre nos mains pour lire des contenus numériques (les téléphones, ordinateurs, tablettes, etc.) mais aussi toute la machinerie derrière pour faire fonctionner les réseaux, les services du Web et le cloud où nous stockons de plus en plus de données.

Et à cela vont s’ajouter de plus en plus d’objets connectés en tout genre qui resteront pilotables et interrogeables à distance 24h/24 (installations domotiques, thermostats intelligents, caméras de surveillance, appareils de soins, etc.). De quoi rajouter une couche d’appareillages !

Quel est l’impact de l’informatique sur la consommation énergétique et l’environnement ?

Le besoin en électricité de tous ces équipements peut être estimé à environ 50 TWh/an en France métropolitaine (la moitié dans les logements, l’autre moitié dans les entreprises et le tertiaire). Cela représente déjà 10 % de notre consommation totale d’électricité, l’équivalent de la production de 8 réacteurs nucléaires(6).

Alléger l’empreinte de nos appareils

Des progrès technologiques ont été réalisés pour limiter la voracité énergétique des appareils électroniques que nous utilisons chaque jour. Quelques chiffres en témoignent :

  • Une tablette numérique consomme environ 3 fois moins d’énergie qu’un ordinateur portable, qui lui-même en consomme 3 à 4 fois moins qu’un PC de bureau.
  • La consommation moyenne des écrans vendus en France a diminué de 60 % entre 2008 et 2013, et ce malgré l’accroissement de la taille(2).
  • La puissance en veille des appareils électroniques est désormais très encadrée par des réglementations et a considérablement diminué sur les appareils neufs.

Malgré ces bonnes nouvelles, nous avons tendance à multiplier et accumuler ces appareils et à trouver sans cesse de nouveaux usages. En plus de la consommation directe d’électricité, il faut tenir compte de l’énergie « grise » et des matières premières qu’il a fallu dépenser pour les fabriquer, ainsi que tous les impacts environnementaux qui sont générés en amont et en aval (quand nous mettons ces appareils au rebut).

Si vous devez vous équiper en écran, moniteur ou imprimante, n’hésitez pas à consulter Guide Topten, le site qui informe en toute indépendance sur les modèles les plus économes en énergie du marché français.

Les estimations sont assez variables sur ces impacts indirects, mais ils ont une part significative dans la pollution engendrée par le numérique. Par exemple, pour un smartphone, l’énergie grise de fabrication peut représenter quatre à cinq fois plus que l’énergie consommée pendant les deux ans de fonctionnement de l’appareil !

La face cachée d’internet : les serveurs informatiques

L’un des postes qui croissent le plus vite est celui des serveurs qui gèrent les flux de données numériques tout au long des réseaux et en stockent des quantités astronomiques. Ils sont opérés par les entreprises du Web (comme Google, Facebook, etc.) et les organisations qui utilisent des services numériques (banques, administrations, etc.).

datacenterOn estime leur nombre à plus de 2 millions en France. Ils sont souvent voraces en énergie et branchés 24h/24. Et ils dégagent tellement de chaleur qu’il faut les climatiser, ce qui double la facture énergétique ! En comptant tout, on arrive à environ 10 TWh/an de consommation électrique pour faire fonctionner tous ces serveurs et dispositifs de stockages de données.

La plupart des serveurs d’entreprise sont regroupés dans les fameux data centers, ces centres de traitement de données géants dont on entend souvent parler. On en comptait environ 150 en France début 2016, et ils continuent de pousser comme des champignons(3). L’opérateur OVH a par exemple construit à Gravelines le plus grand centre de données d’Europe sur 20.000 m2 pour accueillir plusieurs centaines de milliers de serveurs !

Voici une vidéo pour plonger dans les entrailles des datas centers de Google

Les data centers de Google font partie des plus titanesques ! Le journal The Guardian s’était amusé à faire un petit calcul pour se rendre compte de l’ampleur de la consommation de tels mastodontes. Ainsi, il s’avère que le celui de Dalles dans l’Oregon consomme autant d’électricité qu’une ville comme Newcastle !

Sur le Planetoscope, on peut voir en temps réel une estimation de la consommation des data centers dans le monde… Impressionnant !

Fort heureusement, là aussi des solutions technologiques plus vertes se développent pour réduire l’appétit vorace en énergie des data centers : meilleur aménagement de l’espace, serveurs mieux utilisés et plus efficaces en énergie, refroidissement à l’air extérieur, alimentation par panneaux solaires, etc.

Des économies massives sont possibles, ce que confirme une étude publiée en 2016(4) sur les centres de données français (basée sur une enquête auprès de 87 d’entre eux).

Alors, le numérique : « vert » ou pas « vert » ?

D’un côté, les prévisions de développement soutenu des usages numériques donnent le tournis : on nous promet une multiplication par 15 du trafic de données par individu au niveau mondial, une explosion des quantités de données stockées et traitées, des milliards d’objets connectés d’ici 10 ans, etc.

Mais d’un autre côté, les perspectives d’économies d’énergie possibles semblent également gigantesques. Un consortium de professionnels du numérique qui a planché sur le sujet annonce par exemple qu’il serait possible de réduire de 98 % la consommation d’électricité des réseaux numériques en 10 ans(5).

Quelle tendance va l’emporter ? Il serait risqué de ne parier que sur les progrès technologiques, qui pourraient ne pas suffire à contenir les impacts grandissants du secteur. Il en va donc aussi de notre comportement : modérer notre boulimie de gadgets, utiliser les technologies numériques à bon escient, faire des achats responsables, penser à recycler. Bref, « être branchés » mais conscients et responsables.

Illustration bannière : L’informatique a un impact considérable sur la consommation énergétique et l’environnement- © Stock image
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16 commentaires Donnez votre avis
  1. je suis ici pour un travaille en techno jpp je vous jure j’ai r compris

  2. ok

  3. nul n’ignore que cette préoccupation nous conserne

  4. Ils devraient placer ces data center au canada ou dans les pays qui sont connus pour leurs grands froids, et effectivement utiliser leur energie pour chauffer d’autres bâtiments.

  5. Bel article mais ce que l’on ne dit pas c’est que si ces data-centers qui consomment 2à 3% de l’énergie mondiale n’existaient pas, je serais curieux de connaitre la consommation en papier et leur transport du stockage à l’utilisation de ces mêmes données.

    Ils consomment beaucoup certes mais comparés à ce qu’ils font, cela ne m’étonne pas et ne me choque pas. D’autant plus que les fabricants travaillent sur des composants pro de moins en moins gourmands sans altérer la puissance de celui-ci.

    De plus vous parlez d’une problématique  » il faut dès aujourd’hui les rendre modulables », c’est déjà fait avec les cloud ! On appel cela le HotPlug qui consiste à connecter ou déconnecter des appareils ou composants « à chaud » selon les besoins à un instant T.

    Je pense que le monde informatique faire partie de ceux qui font quand même attention au monde qui l’entour.

  6. Il est certain qu’en été on ne chauffe pas les bâtiments, mais on peu produire de ECS (eau chaude sanitaire) car tous les centres de serveurs ne sont pas à la campagne. Pour ce qui est des vaches entre- autre les ruminants qui eux produisent naturellement plus de méthane, bien que les autres en produisent aussi, ainsi que les humains à moindre valeur, il est certain que l’on ne va pas leur mettre un tuyau dans le derrière, malgré tous les lisiers et fumier qu’elles produisent peu être méthanisé et de plus il valorisé car toutes les mauvaises graines se trouvant dans ces déchets sont neutralisés par la fermentation, les fermes en récupérant le méthane pourraient être autonome en énergie et en revendre pour amortir les installations et même créer des emplois, tout ça bon pour la planète et l’emploi, c’est ce qui se fait déjà dans certain département, il suffit de consulter la presse. Pour infos mes parents agriculteurs avaient déjà depuis 1952 fait ce type d’installation qui a fonctionné jusqu’à 1996, date du décès de mon père, nous avons vendu la ferme à un écolo qui n’a même pas été fichu de continuer et il a même démonter l’installation .

  7. Mais pourquoi n’utilise-t-on pas cette énergie pour chauffer l’eau des piscines, batiments etc… ??

    • Certaines initiatives de ce type existent : installer des serveurs chez soi, de la forme d’un radiateur classique. L’énergie dissipée est ainsi utilisée pour chauffer les bâtiments. Mais cette solution n’est bien sûr valable que dans les régions du nord, où la température en été reste raisonnable.
      Et cela, gratuitement. Une partie même de l’électricité dépensée est remboursée.

    • perso je suis pour les chauffements des piscines

  8. bonjour
    je mets mon ordinateur en veille aussi souvent que je peux en rabattant l’écran
    je n’envoie pas de mail à des centaines de personnes,
    je ne réponds jamais aux chaînes, parfois aux pétitions si elles me semblent vraiment sérieuses
    Quand j’envoie à une liste tous les membres de la liste sont en copie cachée
    je m’exprime de préf sur des forums
    je fais mes recherches d’abord dans la barre d’adresses du navigateur pour éviter de solliciter un moteur, l’adresse se trouve souvent dans l’historique que je ne supprime que rarement sauf les sites indésirables
    je préfère des moteurs de recherche qui ne mémorisent pas, tels Ixquick ou DuckDuckGo et non Google qui mémorise toutes mes recherches,
    dans les préférences de mon navigateur Firefox j’ai coché « dire aux sites de ne pas me pister »
    j’ai un bon antispam sur ma messagerie Thunderbird

    voilà et merci pour l’article

    • Utilise ecosia en moteur de recherche ! Ca ira avec ton mode de vie cybernetique 🙂 !

    • -Quand j’envoie à une liste tous les membres de la liste sont en copie cachée
      -> ça ne change rien c’est l’envoie,la réception et le stockage de mail qui consomme;

      -je fais mes recherches d’abord dans la barre d’adresses du navigateur pour éviter de solliciter un moteur, l’adresse se trouve souvent dans l’historique que je ne supprime que rarement sauf les sites indésirables
      -> Tu génères toujours une requête au sein des serveurs DNS, pour éviter ça il faut connaitre l’adresse ip du site et la taper dans ta barre d’adresse, mais avec l’hébergement actuel c’est presque impossible

      j’ai un bon antispam sur ma messagerie Thunderbird
      -> thunderbird; outlook… c’est pire que tout: en gros tu DOUBLES ta consommation d’énergie à cause de tes mails. En fait ce que fait thunderbird c’est récupérer TOUT tes mails sur ta messagerie (gmail, yahoo…) alors que quand tu vas sur gmail tu ne récupéreras que les mails que tu lis.

  9. Pour des raisons de protection et de coût, les data-centers sont en général installés à la campagne. L’énergie est parfois récupérée pour chauffer les bureaux mais cela représente peu. Et puis, c’est l’été qu’il faut le plus refroidir …. Pour ce qui est du méthane, une bonne partie provient des vaches. Je pense qu’elles ne seraient pas d’accord …

  10. Il est possible de récupérer l’énergie et s’en servir pour chauffer des bâtiments, c’est le principe de la pompe à chaleur, certaine entreprise le font, il faudrait le rendre obligatoire, de même que la récupération systématique du méthane dans les déchets que nous produisons y compris l’agriculture, qui elle en produit à foison. Il faut savoir que le méthane est plus polluant que le CO2.

  11. J’ai pas assez de connaissance en transformation d’énergie mais ne serait il pas possible de faire profit de la chaleur dégagé par les servers pour par exemple chauffer d’autres bâtiments?

Moi aussi je donne mon avis