Grenoble remplace ses panneaux publicitaires par des arbres

Rédigé par Eva Souto, le 16 Dec 2014, à 11 h 43 min
Grenoble remplace ses panneaux publicitaires par des arbres
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Grenoble : un engagement, « pas de pub, des arbres »

A la place des panneaux démontés, la métropole Rhône-Alpine de 160 000 habitants s’engage à planter une cinquantaine de jeunes arbres avant le printemps.

Durant la campagne des élections municipales, le maire écologiste EELV Eric Piolle avait en effet appelé à soutenir son opération « Pas de pub, des arbres ».

Depuis, la ville a également lancé l’opération « jardinons nos rues » afin que les habitants puissent profiter de la flore au quotidien, y compris en bas de chez eux, et cela sans forcément sortir de la ville.

Les Grenoblois ont ainsi la possibilité de créer leurs jardins de rue par le biais de plantations sur la voie publique aux pieds des bâtiments pour végétaliser les façades, sur les trottoirs et autour des arbres.

La ville les y encourage notamment en aménageant des fosses de pleine terre, des jardinières ainsi qu’en subventionnant une partie des travaux pour les plantes grimpantes.

Grenoble : que va devenir l’affichage libre, culturel et municipal ?

A partir de janvier prochain, la municipalité devrait rencontrer les acteurs locaux (associations, acteurs culturels) pour envisager avec ces derniers les meilleurs lieux d’implantation du futur dispositif qui sera consacré à l’affichage libre, culturel et municipal.

Ces nouveaux affichages seront de dimension plus petite, « non plus à la seule attention des automobilistes, mais aussi à celle des piétons », comme le souligne Lucille Lheureux, adjointe en charge des espaces publics de Grenoble.

Pour cette dernière, « les premiers panneaux sont arrivés à Grenoble en 1976 ! C’est un modèle obsolète et en bout de course qui ne correspond plus aux attentes des habitants, qui souhaitent se réapproprier l’espace public ».

Autre avantage souligné par Lucille Lheureux : la pression publicitaire des « grands groupes », qui sont les seuls à pouvoir prétendre à ses coûteuses campagnes d’affichage, disparaîtra au profit des commerces de proximité, qui auront ainsi plus de visibilité.

Fin des panneaux publicitaires à Grenoble : la nouvelle ne fait pas que des heureux !

Selon Albert Asseraf, directeur Stratégie, Etudes et marketing, avec la fin du contrat avec JCDecaux « la ville se prive de 6 millions de redevance sur 10 ans », soit 600 000 euros par an. « Et elle prive aussi ses habitants d’un service d’information, puisque la moitié des panneaux servait à de l’affichage de la municipalité ».

Cependant, ces chiffres sont contestés par la mairie de Grenoble. Lucille Lheureux l’affirme « en raison de l’effondrement des recettes publicitaires traditionnelles, avec la concurrence notamment d’internet, la redevance à laquelle on pouvait s’attendre, en cas de nouveau contrat, n’était que 150.000 euros et non plus de 600.000 euros comme c’était le cas entre 2004 et 2014 ».

Se priver de panneaux d’affichage : une idée vraiment judicieuse ?

A ce jour, il n’y a eu qu’un seul précédent de retrait de panneaux publicitaires : c’était à Sao Paulo, au Brésil, en 2007.

Suite au vote de la loi « ville propre », cette dernière avait décidé d’interdire la publicité omniprésente et intempestive sur ses murs*. Avant de faire machine arrière !

Et ironie de l’histoire, la capitale économique de Brésil a depuis réintroduit l’affichage en signant en 2012 un contrat avec JCDecaux pour la mise en place de 1000 horloges qui doivent donner heure, température, qualité de l’air et informations municipales aux citadins !

Et vous, qu’en pensez-vous ? Supprimer les panneaux publicitaires est-il une bonne ou une mauvaise idée ?

*

* A noter que sur le plan macroéconomique, il semble qu’il n’y ait pas d’impact visible sur le niveau de la consommation des habitants, d’autant que les annonceurs se sont reportés sur d’autres moyens publicitaires (presse écrite, audiovisuelle etc.). En revanche, quelques 20 000 travailleurs ont été touchés de près ou de loin par l’arrêt de l’activité d’affichage publicitaire dans l’espace public.

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Eva est passionnée d’écriture. Elle est sensible aux sujets de société, et en particulier, à ceux qui touchent au développement durable, au commerce...

3 commentaires Donnez votre avis
  1. Allelouya .
    Marre d etre submerger de merdes inutiles !
    Excellente initiative qui je l’espère perdurera là bas et ailleurs <
    Évidemment ,tous manquons de verdure ,c'est indéniable ,alors que le consumérisme nous pompe l'air et l'énergie !! Si encore c'était de l'affichage simplement culturel et local : à l'ancienne bordel !! ParceQue la nature c'est notre nature et donc notre vie et plus elle est verte ,mieux on se porte 😉 .

  2. 150.000 c’est le chiffre avancé par la mairie, JC Decaux parle de 600.000 euros qui font étrangement résonance au 600.000 euros de baisse du budget de la culture.
    Enfin, si c’est évidemment une bonne idée, ça aurait été bien de supprimer la pub, sans que ça ne soit, comme toujours, sur le dos la culture, surtout quand on est EELV et Front de Gauche…

    • La culture, la culture, vous me faites marrer ! Quand on veut se cultiver, on reçoit les offres du théâtre, des musées, des expositions en général par internet, pas par votre d’affichage public. Abonnez-Vous à votre musée, à votre opéra et faites pas chier les 80% des pauvres ignards qui ne s’ intéressent pas à la culture.
      Sur le dos de la culture, … par Decaux, je rêve !

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