Impôts : ce qui va changer pour le paiement par chèque dès 2027

Le paiement par chèque va disparaître des centres des finances publiques. Une bascule totale vers le numérique qui interroge : simple modernisation ou risque d’exclusion ?

Rédigé par , le 16 Feb 2026, à 10 h 20 min
Impôts : ce qui va changer pour le paiement par chèque dès 2027
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Le chèque vit ses derniers mois dans les centres des finances publiques. À partir de l’été 2027, le paiement des impôts par chèque disparaîtra pour les particuliers en France. Derrière cette décision, l’État assume une accélération de la dématérialisation et une transformation profonde des finances publiques. Qui est concerné, pourquoi ce choix et à quelle date précise le chèque sera-t-il définitivement écarté ?

Le paiement par chèque supprimé progressivement en France

Le calendrier est désormais fixé : le paiement de l’impôt par chèque sera impossible pour les particuliers à compter de l’été 2027. Cette décision s’inscrit dans la loi de finances pour 2026, qui amorce la fin de ce mode de paiement dans les finances publiques. Dès mars 2026, les professionnels et les entreprises ne pourront plus utiliser le chèque pour régler leur impôt, précise CNews. Le chèque disparaît d’abord pour les acteurs économiques, puis pour les particuliers, dans un mouvement graduel assumé par l’administration.

Concrètement, le paiement par chèque concernait encore plusieurs types d’impôt : impôt sur le revenu, taxe foncière, amendes ou factures publiques. Toutefois, son poids s’est effondré. D’après des données de la Direction générale des finances publiques, la part du chèque dans les paiements en France est tombée à environ 2 % aujourd’hui, contre près de 37 % au début des années 2000. Le chèque n’est donc plus qu’un reliquat dans les finances publiques. Et si en 2024, environ 39 millions de chèques ont encore été encaissés par le Trésor public ce nombre apparaît marginal au regard des milliards de transactions électroniques effectuées chaque année pour le paiement des impôts.

Pourquoi le chèque disparaît ?

La suppression du chèque s’explique d’abord par un choix budgétaire et technique. Les centres de traitement dédiés au chèque ferment progressivement. Après Lille et Créteil en 2023, le dernier centre, situé à Rennes, doit fermer à l’été 2027, selon CNews. Dès lors, l’administration ne disposera plus d’infrastructure pour encaisser physiquement les chèques liés au paiement de l’impôt. La dématérialisation devient donc irréversible. L’État a dû arbitrer. « La question se posait de réinvestir ou non dans cet outil. En conscience, j’ai donné la priorité à d’autres investissements, et choisi d’accélérer la décrue du chèque », a déclaré Amélie Verdier, directrice générale de la DGFiP, selon TF1 Info. Le coût et le risque pèsent lourd dans la balance. Le traitement d’un chèque mobilise du personnel, des équipements et des circuits logistiques spécifiques. De surcroît, il expose davantage à la fraude et aux incidents. Le paiement électronique apparaît plus sûr et moins coûteux pour l’impôt.

Cette évolution soulève des inquiétudes. Certaines organisations syndicales des finances publiques alertent sur le risque d’exclusion des contribuables les plus fragiles, notamment les personnes âgées peu à l’aise avec le numérique. En effet, pour une partie de la population, le chèque restait un outil familier pour le paiement de l’impôt.

Focus sur la fracture numérique en France

La disparition progressive du chèque interroge au-delà de la simple modernisation administrative. Car si le paiement numérique s’est largement imposé, une partie non négligeable de la population reste en difficulté face aux démarches en ligne.

Selon les données de l’Insee, environ 13 à 15 % des Français rencontrent des difficultés significatives avec les outils numériques. Cela représente plusieurs millions de personnes. Par ailleurs, près de 17 % de la population déclare ne pas être à l’aise avec les démarches administratives en ligne. À cela s’ajoute un autre facteur : environ 10 % des Français ne disposent pas d’un accès internet à domicile.

Les personnes âgées figurent parmi les plus exposées, notamment après 75 ans. Les ménages modestes, les habitants de zones rurales où la connexion demeure instable, ainsi que certaines personnes en situation de handicap sont également concernés. Pour ces publics, le chèque constituait encore un moyen de paiement familier, maîtrisé et rassurant.

Même si le chèque ne représente plus qu’environ 2 % des paiements fiscaux, ces 2 % concentrent souvent les contribuables les plus fragiles face à la dématérialisation.

Quelles alternatives seront réellement proposées ?

L’administration fiscale met en avant plusieurs dispositifs destinés à accompagner cette transition.

Le prélèvement automatique, déjà majoritaire, devient la solution de référence. Il permet de sécuriser le paiement et de limiter les retards. Le paiement en ligne, via le site impots.gouv.fr ou l’application mobile, constitue l’autre canal privilégié. Ces solutions supposent toutefois un équipement numérique, une connexion stable et une certaine autonomie administrative.

Pour les contribuables qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas utiliser internet, le dispositif de paiement de proximité reste accessible. Certains impôts et factures publiques peuvent être réglés en espèces ou par carte bancaire chez les buralistes agréés partenaires du réseau. Par ailleurs, les structures France Services proposent un accompagnement physique afin d’aider les usagers à effectuer leurs démarches en ligne.

Reste une interrogation de fond. La suppression du chèque répond à une logique budgétaire et organisationnelle. Elle réduit les coûts de traitement et limite les risques de fraude. Mais elle impose en contrepartie une capacité numérique minimale à l’ensemble des contribuables.

La dématérialisation devient la norme. La question est désormais de savoir si l’accompagnement suivra afin que la modernisation ne se traduise pas par une mise à l’écart silencieuse des publics les plus vulnérables.

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