Fin d’année : coup de frein sur les vacances lointaines
À l’approche des fêtes de fin d’année, le tourisme fait face au ralentissement des intentions de départ, en particulier vers les destinations lointaines.

Selon les dernières données publiées par le syndicat des Entreprises du Voyage (EdV) à la fin du mois d’octobre, la demande globale enregistre une baisse moyenne de 4,9 % en nombre de dossiers de réservation pour la période de Noël. Une morosité qui s’inscrit dans le prolongement d’une saison estivale déjà très mitigée.
Le long-courrier ne représente plus que 11 %
Il faut sans doute plus y voir à l’heure actuelle une question de pouvoir d’achat plutôt qu’une décision écorespectueuse : Les trajets long-courriers subissent le désamour le plus brutal, enregistrant une chute sévère de 21 % des réservations par rapport à l’année précédente. Presque l’ensemble des destinations traditionnellement plébiscitées en hiver sont dans le rouge : les États-Unis chutent de 22 %, la République Dominicaine de 20 % et la Martinique s’effondre de 31 %. Seul le Mexique parvient à tirer son épingle du jeu avec une légère progression de 2 %. Le long-courrier ne représente plus aujourd’hui que 11 % du volume total des réservations, traduisant le report ou le renoncement des voyageurs face aux départs grand angle.
À l’inverse, les vacanciers privilégient la proximité géographique ou les alternatives budgétaires plus accessibles. La France demeure en tête des choix, malgré une baisse de 5 %. L’Espagne recule nettement (-14 %), tandis que d’autres pays tirent profit de cet arbitrage. La Tunisie progresse légèrement (+2 %), l’Allemagne enregistre une hausse spectaculaire de 157 %, tandis que le moyen-courrier européen parvient globalement à se maintenir (+0,6 %). Ces arbitrages reflètent également des choix de séjour différents : les ventes d’hébergements seuls s’effondrent de 18,6 %, alors que les réservations de circuits organisés parviennent à progresser de 1 %.
L’espoir d’un sursaut de dernière minute
Cette baisse d’activité à l’approche de Noël confirme une tendance observée tout au long de l’année. Entre juin et octobre, le nombre global de dossiers avait déjà diminué de 5,8 %, provoquant une baisse du volume d’affaires de 4,7 %. Le maintien d’un panier moyen quasiment stable n’a pas suffi à compenser la perte de clients, elle-même alimentée par un contexte mondial des plus complexes. Le retour de l’inflation et les tensions géopolitiques mondiales continuent d’éroder le pouvoir d’achat dédié aux loisirs.
La conjoncture sociale nationale accentue encore ce climat de prudence. Les mouvements sociaux et les événements survenus au cours de la seconde moitié du mois d’octobre ont directement pesé sur le moral et la confiance des Français comme des entreprises. Alors que l’activité reste en suspension, les professionnels du secteur fondent désormais leurs espoirs sur un sursaut des réservations de dernière minute . « Gageons que l’envie de se retrouver en famille, de partager des moments privilégiés et de changer d’air incitera les Français à réserver des voyages pour les vacances de Noël et les mois à venir », réagit Valérie Boned, présidente des Entreprises du Voyage.
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