A Grenoble, une filiale de Lactalis se voit condamnée pour ses rejets polluants dans l’Isère

La fromagerie « L’Étoile du Vercors » a été condamnée pour avoir déversé, depuis sa création en 1942, ses eaux usées non traitées directement dans l’Isère. Les déchets rejetés seraient issus de la fabrication de produits laitiers et du nettoyage des machines.

Rédigé par MEWJ79, le 9 Apr 2019, à 10 h 34 min

Une fromagerie appartenant au groupe Lactalis, « L’Étoile du Vercors », qui se situe en Isère, a été condamnée par le tribunal correctionnel de Grenoble, le lundi 8 avril 2019,  à 50.000 euros d’amende pour ses rejets d’effluents dans une rivière.

Une fromagerie, filiale de Lactalis, condamnée pour rejet de polluants

Le tribunal correctionnel de Grenoble a condamné « L’Étoile du Vercors », entreprise de 147 salariés, à 100.000 euros d’amende, dont 50.000 avec sursis, pour « jet ou abandon de déchets dans les eaux superficielles »(1).

L’entreprise était accusée de rejetter des eaux usées depuis 75 ans dans l’Isère © Streetview/Capture d’écran

Et ce n’est pas tout, puisque la fromagerie rachetée par Lactalis en 2011, a également été condamnée à verser 5.000 euros d’amende pour « exploitation d’une installation classée sans respecter les mesures prescrites par arrêté pour la protection de l’environnement ».

L’histoire n’est pas nouvelle puisque l’entreprise a été créée en 1942, à Saint-Just-de-Claix. Voilà donc plus de soixante-quinze ans qu’elle rejette ses eaux usées dans l’Isère, la rivière qu’elle surplombe. Et ce « sentiment d’impunité » du groupe agroalimentaire avait été évoqué et regretté, lors de l’audience pénale, le 12 novembre 2018. Le parquet avait alors requis une amende maximale, soit 500.000 euros, ainsi que l’arrêt des opérations de rejet des eaux usées.

Lire aussi : Au coeur des volcans d’Auvergne, une laiterie pollue-t-elle une rivière ?

La victoire de quatre associations et du maire de la ville

Avec trois autres associations de protection de la nature, la Frapna (Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature) avait lancé, en 2017, des poursuites contre l’entreprise qui fabrique, affine et commercialise des fromages (Saint-Marcellin, Saint-Félicien, fromages de chèvre) et sa direction. Si le directeur de la fromagerie et son prédécesseur ont été relaxés par le tribunal correctionnel, l’entreprise a été condamnée à verser 55.000 euros aux associations qui s’étaient constituées parties civiles.

L’entreprise l’Etoile du Vercors fabrique entre autres du Saint-Marcellin. ©pictureparners

Cette victoire est aussi celle de Joël O’Baton, le maire de Saint-Just-de-Claix, qui avait fait construire au début des années 2000 une station d’épuration, pour un coût de 22 millions d’euros. Mais « L’Étoile du Vercors » a toujours refusé de s’y raccorder. Depuis 2014, l’entreprise parlait de faire construire sa propre station d’épuration. Début avril 2019, l’élu avait fini par céder et finalement autorisé le groupe à débuter les travaux, expliquant que la « pression des services de l’État » avait été trop forte.

Illustration bannière : Vue de Grenoble avec l’Isère en premier plan – © Iakov Filimonov
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Journaliste, je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.

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