Episiotomie : la levée d’un tabou pour les femmes enceintes

La secrétaire d’Etat Marlène Schiappa, en révélant des chiffres erronés sur l’épisiotomie, a eu le mérite de lever le tabou sur cette pratique violente.

Rédigé par Pauline Petit, le 26 Jul 2017, à 10 h 20 min

Vous ne connaissez pas l’épisiotomie ? Vous n’avez pas eu la « chance » de passer par les affres de la grossesse et ses termes barbares. Lors de l’accouchement, l’épisiotomie est une incision partielle du périnée, censée faciliter la sortie du bébé. Cette pratique, considérée comme « dépassée » par une partie du corps médical et de la société civile, est restée longtemps taboue et traumatisante pour les futures mamans.

Les chiffres erronés de Marlène Schiappa sur l’épisiotomie ont lancé le débat

C’est la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, qui a lancé le débat lundi sur l’épisiotomie. En assurant qu’en France, le taux d’épisiotomies était de 75 %, elle s’est attiré les foudres des gynécologues qui assurent que le taux est bien moindre. Les chiffres réels montrent plutôt un taux d’épisiotomie autour de 25 à 30 %. Pour un premier accouchement, il tourne autour de 50 %.

L’OMS conseille de « mettre un terme à la pratique excessive de l’épisiotomie« 

Les recommandations de l’OMS pour cette pratique, qu’elle estime non essentielle, sont de parvenir à des taux de 20 à 25 % par pays. Même le Conseil de l’Ordre des Gynécologues, « choqué » par les propos de la Ministre, a confirmé l’absence de bénéfices de cette pratique en 2006.

Au-delà des chiffres, le débat se concentre sur le terme de « violences obstétricales » employés par la Ministre. Si les gynécologues assurent ne pas être violents envers leurs patientes, de nombreux témoignages de femmes racontent un accouchement traumatisant et une épisiotomie qui laisse des séquelles.

Si une anesthésie locale est souvent pratiquée, elle n’est pas systématique et l’opération reste douloureuse pour la femme, en plein « travail » lui-même douloureux. En outre, l’accord des femmes n’est demandé que dans 15 % des cas selon le Ciane (Collectif Interassociatif autour des naissances) et l’avis de la femme formulé avant l’accouchement n’est parfois pas respecté. Enfin, l’épisiotomie a des conséquences sur la vie sexuelle de la patiente : une cicatrice parfois longtemps douloureuse, des points de suture trop serrés…

Il est intéressant de re-discuter de cette pratique liée aux tabous de la grossesse. Ainsi, si Marlène Schiappa s’est trompée dans les chiffres, elle a eu raison de mettre le sujet sur la table pour qu’un recours aussi fréquent à l’épisiotomie soit remis en question par le corps médical.

Illustration bannière : Des ciseaux de chirurgie – © xmee
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J'ai travaillé dans différents organismes, tous liés de près ou de loin aux questions qui me passionnent : la consommation durable et l'alimentation. J'ai...

3 commentaires Donnez votre avis
  1. C’est vraiment léger ce site

  2. « C’est la Ministre de la Santé Marlène Schiappa qui a lancé le débat lundi sur l’épisiotomie » : Marlène Schiappa n’est pas une Ministre de la Santé

    • Pauline Petit

      Oups… Bien vu. Merci d’avoir relevé la bourde, nous corrigeons de ce pas !

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