Les éleveurs rendent les chevaux difformes pour satisfaire des critères de ‘beauté’

Depuis que l’homme domestique des animaux, il réalise des croisements pour les rendre plus performants. Mais de nouveaux critères esthétiques sont à l’origine de chevaux difformes.

Rédigé par Pauline Petit, le 19 Oct 2017, à 10 h 45 min

Les manipulations viseraient à faire ressortir certaines caractéristiques spécifiques des pur-sang arabes : crâne bombé, grands yeux… Des chevaux qui semblent sortir tout droit d’un dessin animé, et de plus en plus prisés des propriétaires.

Une pratique dangereuse pour les chevaux, se sont insurgé plusieurs vétérinaires dans la revue Veterinary Record(2).

Des chevaux rendus difformes pour satisfaire les propriétaires

Les pur-sang arabes sont bien connus des éleveurs, et recherchés pour leur vitesse à la course. Depuis quelques années cependant, ce sont leurs caractéristiques esthétiques, la proéminence du crâne notamment, qui sont recherchées par les propriétaires de chevaux.

El Rey Magnum est un poulain de neuf mois qui a fait la célébrité des Orrion Farms et de son éleveur, et qui a alerté les vétérinaires. Il est surnommé « The King » et est coté à plusieurs millions de dollars. Ce poulain a la tête complètement déformée : « je croyais au départ qu’il s’agissait un montage Photoshop« , assure l’expert équin Tim Greet sur Veterinary Record. « Cela semble pourtant sérieux, ce qui est tout simplement horrifiant ! »

Des déformations dangereuses pour les chevaux

De telles manipulations esthétiques sont courantes chez les chiens : les bouledogues sont par exemple des animaux complètement déformés, qui souffrent de problèmes respiratoires fréquents.

Un problème d’autant plus dangereux chez les chevaux. Tim Greet souligne : « cette difformité est encore plus problématique chez les chevaux, qui ne peuvent respirer que par les naseaux. » Or accentuer la proéminence du crâne crée des problèmes au niveau des voies respiratoires. Plus on accentue cette proéminence, plus on crée des chevaux incapables de courir ou même de se déplacer. Une pratique intenable à terme.

Illustration bannière : capture vidéo Youtube
Références :
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J'ai travaillé dans différents organismes, tous liés de près ou de loin aux questions qui me passionnent : la consommation durable et l'alimentation. J'ai...

3 commentaires Donnez votre avis
  1. Bonjour
    Je pense depuis longtemps que chez les animaux la pathologie survient le plus souvent de conditions de vie qui ne correspondent pas à leur physiologie normale : des chiens sont atteints de maladies rénales car on ne leur permet d’uriner que 1 ou 2 fois par jour alors qu’il faudrait 5 à 8 fois, des vaches soumises à des régimes alimentaires intensifs déséquilibrés sont « vieilles » après 4 lactations etc. La sélection d’animaux hypertypés (races bovines viandeuses type Blanc Bleu Belge, porcs et volailles atteints de problèmes locomoteurs à cause de leur poids etc.) fabrique des sujets aux possibilités de vie limitées. Les techniques de génie génétique type Crispr, accessibles à des officines non contrôlées, risquent d’accélérer cette tendance. Que ce soit par les conditions de vie ou par la génétique, le business modifie l’animal et le rend fragile. Les « agresseurs », parasites, virus et bactéries ne font que profiter d’opportunités en grande partie évitables.
    Avec ce pauvre cheval ou ces chiens insuffisants respiratoires, on va encore plus loin puisqu’on invoque une soi-disant esthétique.
    Pour arrêter cette course à la démence, c’est à chacun de nous, citoyen et consommateur, d’agir à notre niveau pour boycotter ces pratiques et influer sur les décideurs économiques et politiques.

    • Quand je dis le business, je parle des « réalités économiques » auxquelles seraient insensibles par ignorance ceux qui tentent de changer un peu le cours des choses, qui pensent que chaque pays devrait être autosuffisant en nourriture et n’importer que quelques produits représentant par exemple moins de 20% de ses besoins, que aimer les animaux est différent de les façonner à notre caprice, qu’en bref le vivant ne doit pas être une matière industrielle ou spéculative.

  2. Son obsession de jouer les apprentis sorciers et de maîtriser les autres être vivants semblent ne devoir s’achever qu’avec la disparition de l’espèce humaine. Ces manipulations sont pratiquées depuis la nuit des temps : les races de chiens en sont un exemple. Et aujourd’hui on manipule génétiquement jusqu’aux poules de chair au point qu’elles sont difformes et ne peuvent plus se déplacer : elles meurent faute de pouvoir se rendre à leur abreuvoir ou à leur mangeoire. Tout ça est bien mal parti !

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