Économie collaborative : avec My Pop Corner, les commerçants partagent leurs boutiques

Rédigé par Amélie, le 7 May 2015, à 17 h 07 min

Petite nouvelle à HuB Innovation à Villeneuve d’Ascq, la start-up lilloise My Pop Corner permet à des marques et boutiques de louer des espaces commerciaux dans des endroits originaux. Sa conviction ? L’économie collaborative pour les commerçants a un avenir. Rencontre avec Nicolas Lengaigne, l’un des trois fondateurs de l’entreprise.

Interview de Nicolas Lengaigne, fondateur de My Pop Corner

My Pop Corner, c’est quoi ?

my-pop-corner-appli-02My Pop Corner est une start-up qui permet à des boutiques de louer tout ou une partie de leur espace à des marques désireuses de vendre leurs produits dans des endroits originaux. Le principe est de réserver en ligne sur notre site Internet. Marques et boutiques sont alors mises en relation en fonction de la compatibilité de leurs besoins. Les commerçants qui prêtent leur espace sont ensuite rémunérés par les marques via un loyer ou une commission sur les ventes.

Pourquoi avoir lancé cette start-up ?

my-pop-corner-equipeNous sommes partis d’un constat : de nombreuses marques se sont lancées dans l’e-commerce en pensant qu’Internet faciliterait leur développement. Mais elles se rendent compte que la concurrence est rude. Nous leur offrons donc une alternative pour aller ponctuellement dans le commerce physique et aller à la rencontre de leur clientèle. Dans le même temps, on permet à des personnes qui possèdent des locaux commerciaux de les rentabiliser et d’en tirer des revenus.

Vous ne travaillez qu’avec des marques présentes sur Internet ?

On travaille beaucoup avec des e-commerçants, mais pas que. Cela va des start-up régionales à des marques nationales et internationales (comme Groupon, Oxbow, La Redoute ou Damart) qui ont besoin de faire de l’évènementiel. On est aussi sur des emplacements très variés, les boutiques pouvant tout aussi bien être basées à Lille ou à Paris. Nous avons actuellement plus de 800 espaces commerciaux sur tout le territoire.

Il faut sortir du cliché de l’écolo hippie associé à l’économie collaborative.
Nicolas Lengaigne, fondateur, My Pop Corner, Lille

Vous collaborez avec des marques branchées. N’est-on pas loin des idées de simplicité et de convivialité souvent associées à l’économie collaborative ?

Tout le monde peut s’inscrire sur notre site. On a parfois des marques importantes qui réservent des espaces à 3000 euros la journée. On est certes loin de BlaBlaCar. En même temps, on répond aux besoins tout en rentabilisant les espaces et les coûts. Il faut sortir du cliché de l’écolo hippie associé à l’économie collaborative. Pour nous, c’est le même plaisir de mettre en relation une grosse marque avec un espace à Paris que de permettre à une petite enseigne de louer une table dans une boutique minuscule.

my-pop-corner-appli-03Cela permet à des marques assez jeunes de se lancer dans le commerce physique sans prendre de gros risques : il n’y pas de loyer à payer chaque mois pour un local par exemple. C’est là-dessus que notre start-up s’inscrit dans une démarche d’économie collaborative. Ce partage d’espaces est de l’intérêt de tous.

Avez-vous un exemple ?

L’exemple type est le magasin de vêtements qui accueille une créatrice de bijoux. L’arrivée de ce stand dynamise la boutique, renouvèle sa clientèle et, dans le même temps, la créatrice qui expose bénéficie de l’influence du magasin. C’est un échange de bons procédés. Tout le monde y trouve son compte et on optimise à fond la place dans l’espace commercial.

L’économie collaborative est à la mode. Croyez-vous vraiment en ses vertus ou bien était-ce un choix stratégique de vous lancer dans ce créneau ?

On y croit vraiment ! L’économie collaborative concerne surtout le B2C (Business to Customers), à savoir les particuliers. Nous pensons qu’il est aussi essentiel de développer l’économie collaborative dans le B2B (Business to Business), c’est-à-dire pour les commerçants. Il y a un réel manque à ce niveau-là en France, et nous sommes convaincus des bienfaits de l’économie collaborative dans ce secteur. Aujourd’hui, il faut consommer différemment, et ce, à tous les niveaux.

my-pop-corner-appli-01Les personnes qui s’adressent à vous sont-elles justement conscientes d’être partie prenante d’une démarche d’économie collaborative ?

Je ne pense pas. Mais ce n’est pas grave, car selon nous la fin principale de l’économie collaborative est que les personnes en fassent l’usage sans s’en rendre compte. Au fond, que cela devienne une manière naturelle de consommer. C’est aussi ça, l’économie de partage : créer de nouvelles opportunités.

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Originaire de Brest en Bretagne, elle aime sa rade, son port et ce qu’il en reste. La musique et les bouquins aussi. Installée à Lille pour étudier le...

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