Des éco-recharges bien trop coûteuses

Alors que leur bilan environnemental est excellent, les éco-recharges demeurent en général plus coûteuses que les emballages originels.

Rédigé par , le 16 Jun 2026, à 10 h 30 min
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Acheter des éco-recharges de savon, lessive ou gel douche semble être le bon réflexe pour réduire les déchets plastiques. Mais en rayon, mauvaise surprise : ces formats souples sont parfois plus chers que les flacons classiques. Entre marges de la grande distribution, coûts de fabrication et volumes trompeurs, mieux vaut regarder le prix au litre avant de se féliciter d’avoir fait une bonne affaire.

La guerre des prix en grande distribution

Première explication de cette anomalie tarifaire : les pratiques de marge de la grande distribution. Les flacons traditionnels et les bidons d’origine constituent ce que l’on appelle des « produits locomotives », c’est-à-dire des références ultra-concurrentielles sur lesquelles les supermarchés acceptent de réduire drastiquement leurs marges, voire de vendre à prix coûtant, pour attirer les clients dans leurs rayons. À l’inverse, les éco-recharges sont encore considérées comme des produits de niche. N’étant pas au coeur de la guerre des prix entre les enseignes, les distributeurs en profitent pour appliquer des marges nettement plus confortables sur ces recharges afin de compenser les pertes subies sur les flacons standards.

Paradoxalement, la fabrication d’une éco-recharge ne coûte d’ailleurs pas forcément moins cher aux industriels qu’un flacon en plastique dur. Les recharges souples nécessitent en effet des technologies de conditionnement spécifiques et l’assemblage de plusieurs couches de matériaux. De plus, lorsque ces recharges sont conçues à partir d’un seul composant afin d’être réellement recyclables, les coûts de production grimpent encore. Ces coûts industriels plus élevés pour des volumes de production globaux souvent inférieurs à ceux des flacons classiques se répercutent inévitablement sur le prix final payé par le client.

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Un impact environnemental réel

Autre explication de cette différence de tarification : la diversification volontaire des formats et des contenances. Il est très fréquent qu’une éco-recharge ne propose pas le même volume de produit que le flacon d’origine : par exemple, un gel douche classique sera vendu en format 475 ml tandis que sa recharge affichera 500 ml, ou inversement. Cette absence de standardisation rend la comparaison immédiate des prix à l’unité presque impossible en rayon. Sans un oeil attentif porté sur le prix au litre ou au kilo, l’acheteur se laisse facilement abuser par un prix facial qui semble inférieur.

Pourtant, l’intérêt écologique des éco-recharges est réel. L’utilisation d’emballages souples permet généralement d’économiser entre 70 % et 85 % de plastique par rapport à l’achat d’un flacon rigide équipé d’une pompe ou d’un bouchon doseur épais. Les analyses de cycle de vie des produits, notamment celles menées par des organismes comme Citeo, démontrent que le bilan environnemental en matière d’empreinte carbone et de réduction des déchets devient positif pour la planète dès lors que le consommateur réutilise son flacon d’origine et achète au moins deux éco-recharges consécutives.

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