Additifs alimentaires controversés : le E171 traverse bien le placenta

L’additif alimentaire E171, longtemps utilisé dans les bonbons, produits chocolatés, biscuits, chewing-gums, sauces et glaces, est capable de traverser la barrière placentaire, exposant potentiellement le foetus à un risque, ont conclu des chercheurs du CNRS. On le trouve toujours dans certains produits cosmétiques et pharmaceutiques…

Rédigé par Anton Kunin, le 8 Oct 2020, à 10 h 43 min

Les additifs alimentaires ingérés par une femme enceinte peuvent faire leur chemin jusqu’au foetus, apprend-on d’une nouvelle étude.

Le placenta est bien perméable au dioxyde de titane (E171)

Les bébés, sont-ils exposés aux additifs alimentaires avant même la naissance ? Tel pourrait bien être le cas. Les recherches dans ce domaine ne font que commencer, et il reste encore beaucoup de travail aux chercheurs avant de savoir ce qu’il en est.

L’E171 reste autorisé dans de nombreux éléments du quotidien © image_hit

Néanmoins, une étude du CNRS sonne déjà l’alerte. Les chercheurs ont conclu que l’additif alimentaire E171 (le nom communément utilisé pour désigner le dioxyde de titane) est capable de traverser la barrière placentaire. Pour cela ils ont récupéré 20 placentas et les ont perfusés avec du E171 du côté maternel.
Résultat : des nanoparticules d’E171 passent bien du compartiment maternel au compartiment foetal.

En plus, l’analyse chimique et microscopique des placentas fraîchement récupérés a montré qu’ils avaient déjà une certaine teneur en dioxyde de titane. Cela veut dire que ces nanoparticules s’y sont accumulées pendant la grossesse.
Cette nouvelle donnée intéressera sûrement l’Autorité européenne de sécurité des aliments, qui a tout intérêt à émettre de nouvelles recommandations en termes d’exposition des femmes enceintes aux additifs alimentaires.

Le dioxyde de titane est très présent dans notre environnement

Il convient néanmoins de relativiser le risque, en ce qui concerne l’E171 du moins. L’utilisation de cet additif a en effet été suspendue en France depuis le 1er janvier 2020, par principe de précaution.
Il n’en reste pas moins que le dioxyde de titane est également utilisé dans les cosmétiques, les peintures et les matériaux de construction, les dentifrices, les écrans anti-UV, les crèmes et poudres cosmétiques et les produits pharmaceutiques.
Les sources d’exposition de ces nanoparticules sont donc multiples, encore faut-il savoir si le contact autre qu’alimentaire avec le dioxyde de titane peut conduire à son accumulation dans le sang et le placenta.

La présence d’E171 reste autorisée dans les produits cosmétiques et pharmaceutiques, comme les dentifrices, les crèmes et les médicaments, même les plus fréquemment utilisés © Halfpoint

Les chercheurs auront aussi intérêt à connaître le degré de risque pour les femmes enceintes concernant les autres additifs nanoparticulaires. Ces matériaux étant relativement nouveaux, des données sur leur dangerosité ou leur innocuité manquent encore. Dans la décennie à venir, on peut donc s’attendre à ce que la réglementation concernant ces additifs soit revue à la lueur des nouvelles données scientifiques qui émergeront.

Bonne nouvelle : hier 8 octobre 2020, le Parlement s’est opposé à la loi sur les produits alimentaires potentiellement nocifs pour les enfants et a rejeté la décision de la Commission européenne visant à autoriser la vente et l’utilisation du dioxyde de titane (E171)(2).

Illustration bannière : Les nanoparticules du colorant E171, présentes dans les bonbons et le dentifrice, peuvent traverser le placenta © morrowlight
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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