Datacenters : ces géants numériques qui font exploser la consommation d’électricité en France

Il y a de plus en plus de datacenters en France, qui consomment de plus en plus, et ça pourrait être un problème…

Rédigé par , le 3 Feb 2026, à 11 h 12 min
Datacenters : ces géants numériques qui font exploser la consommation d’électricité en France
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Où passe la consommation d’électricité en France ? De plus en plus dans l’énergie aspirée par les datacenters. Leur multiplication rapide, portée par l’essor du numérique et de l’intelligence artificielle, soulève de sérieuses questions environnementales.

En bref

  • 352 datacenters en activité en France début 2026
  • 2,2 % de l’électricité nationale déjà consommée
  • Des tensions à venir sur l’énergie, l’eau et le foncier

Datacenters : comprendre leur rôle et leur utilité

Un datacenter est un site physique qui regroupe des serveurs informatiques chargés de stocker, traiter et faire circuler des données numériques. Concrètement, chaque recherche sur Internet, e-mail, vidéo en streaming, paiement en ligne ou requête d’intelligence artificielle transite par un datacenter.

Ces infrastructures assurent le fonctionnement continu des services numériques du quotidien, qu’ils soient publics ou privés. Elles garantissent la disponibilité des données, leur sécurité et leur rapidité d’accès, 24 heures sur 24. En contrepartie, leur fonctionnement repose sur une consommation élevée d’électricité et d’eau, notamment pour alimenter les serveurs et les systèmes de refroidissement, ce qui en fait aujourd’hui un enjeu environnemental majeur.

Plus de 350 datacenters en France

Chaque année, ils sont plus nombreux. Quoi ? Les datacenters, qui se développent de façon quasi exponentielle du fait de la demande en énergie, notamment du fait de l’essor de l’intelligence artificielle. Des dizaines voient le jour, pour le plus grand bonheur de certaines communes, mais bien souvent sans que l’impact environnemental de leur implantation soit pris en compte en détail.

Un simple chiffre suffit à montrer l’évolution : en 2022, on en comptait 250 dans l’Hexagone. Début janvier 2026, on en recense déjà 352 en activité en France, selon les chiffres de l’Ademe. Une progression somme toute logique, quand on sait que, selon la Cnuced (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement), c’est la France qui est le pays ayant reçu le plus d’investissements directs étrangers pour la construction de data centers en 2025.

Prioriser les usages numériques

Conséquence directe de cette croissance exponentielle : les datacenters représentent déjà à eux seuls 2,2 % de la consommation électrique annuelle de la France, toujours selon les chiffres de l’Ademe (Agence de la transition écologique). Cela représente déjà l’équivalent de la consommation d’électricité par neuf à dix agglomérations de plus de 100.000 habitants en France pendant un an… Les scénarios modélisés par l’Ademe imaginent déjà des tensions sur « les ressources énergétiques, hydriques et foncières »

Là réside le paradoxe : pour l’instant, « une grande partie des datacenters situés à l’étranger fonctionnent avec des mix électriques en moyenne beaucoup plus émetteurs de CO2 », souligne l’Ademe. Et ce alors qu’en France, l’électricité est faiblement carbonée. Si l’on doit s’inquiéter d’un côté de l’explosion du nombre de datacenters, et notamment de leur forte consommation en eau, en même temps, leur développement en France peut se révéler moins impactant sur la planète. Tout dépendra, sans doute, de la croissance de l’usage de l’IA dans les années à venir. Faudra-t-il en venir à un encadrement des implantations et à la priorisation des usages numériques « en fonction de leur utilité sociale, environnementale ou sanitaire » ?

Focus eau : la consommation hydrique des datacenters

Au-delà de leur forte demande en électricité, les datacenters exercent une pression croissante sur les ressources en eau. Cette eau est principalement utilisée pour refroidir les serveurs, qui dégagent une chaleur importante lorsqu’ils fonctionnent en continu. Selon les technologies employées, certains sites consomment plusieurs centaines de milliers, voire plusieurs millions de mètres cubes d’eau par an.

Cette consommation devient particulièrement problématique en période de sécheresse ou dans les territoires déjà soumis à un stress hydrique. En France, l’implantation de nouveaux datacenters soulève ainsi des interrogations sur le partage de la ressource entre usages industriels, agricoles et domestiques. L’Ademe alerte d’ailleurs sur les tensions potentielles à venir et souligne la nécessité d’anticiper ces impacts dans les décisions d’aménagement du territoire.

Face à ces enjeux, certaines infrastructures expérimentent des solutions alternatives, comme le refroidissement par air, l’utilisation d’eaux non potables ou la valorisation de la chaleur fatale. Des pistes encore marginales, mais appelées à devenir centrales si le numérique veut réduire son empreinte environnementale.

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